








Grand Vin du Château Margaux
Reconnu depuis le XVIIᵉ siècle parmi les plus grands vins du monde, le Grand Vin du Château Margaux incarne la recherche d’excellence et l’expression la plus aboutie du domaine. Il résulte d'un travail exigeant, mené avec persévérance par des générations dévouées à révéler la finesse et la richesse de ce terroir.

Histoire et élaboration
Premier Grand Cru Classé depuis 1855, le Grand Vin du Château Margaux naît d’un savoir-faire méticuleux, où chaque geste, de la vigne au chai, a son importance, conjuguant tradition, précision et exigence dans une recherche constante d’équilibre. Son assemblage, dominé par le cabernet sauvignon, s’enrichit de merlot, de petit verdot et de cabernet franc, qui apportent chacun leur part de complexité et d’élégance.

Histoire et élaboration
Premier Grand Cru Classé depuis 1855, le Grand Vin du Château Margaux naît d’un savoir-faire méticuleux, où chaque geste, de la vigne au chai, a son importance, conjuguant tradition, précision et exigence dans une recherche constante d’équilibre. Son assemblage, dominé par le cabernet sauvignon, s’enrichit de merlot, de petit verdot et de cabernet franc, qui apportent chacun leur part de complexité et d’élégance.

Caractéristiques et élevage
Le Grand Vin se distingue par une harmonie rare entre finesse, élégance et puissance. Il allie une grande intensité aromatique à une texture d’une douceur remarquable. Ses tanins, denses et soyeux, soutiennent une bouche profonde et équilibrée, marquée par la longueur et la fraîcheur. Son élevage, d'une durée moyenne de vingt et un mois en barriques neuves de chêne français, affine sa structure et révèle pleinement son potentiel. Environ 40 % de la récolte est consacrée au Grand Vin, après une sélection particulièrement exigeante.

Caractéristiques et élevage
Le Grand Vin se distingue par une harmonie rare entre finesse, élégance et puissance. Il allie une grande intensité aromatique à une texture d’une douceur remarquable. Ses tanins, denses et soyeux, soutiennent une bouche profonde et équilibrée, marquée par la longueur et la fraîcheur. Son élevage, d'une durée moyenne de vingt et un mois en barriques neuves de chêne français, affine sa structure et révèle pleinement son potentiel. Environ 40 % de la récolte est consacrée au Grand Vin, après une sélection particulièrement exigeante.

Grâce au terroir, à la précision du travail accompli à chaque étape de la production et à l’attention portée à la sélection, chaque millésime exprime la profondeur et la personnalité du Château Margaux. Tous se distinguent par leur capacité à émouvoir : les millésimes les plus accessibles dévoilent rapidement leur charme, tandis que les années plus puissantes révèlent, avec le temps et la patience, une complexité et une intensité remarquables. Selon les années, la production avoisine les 120 000 bouteilles, reflet d’une exigence sans compromis et d’une recherche continue de perfection.

Grâce au terroir, à la précision du travail accompli à chaque étape de la production et à l’attention portée à la sélection, chaque millésime exprime la profondeur et la personnalité du Château Margaux. Tous se distinguent par leur capacité à émouvoir : les millésimes les plus accessibles dévoilent rapidement leur charme, tandis que les années plus puissantes révèlent, avec le temps et la patience, une complexité et une intensité remarquables. Selon les années, la production avoisine les 120 000 bouteilles, reflet d’une exigence sans compromis et d’une recherche continue de perfection.
A travers les millésimes
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Grand Vin du Château Margaux
2025

Les années en “5” réussissent décidément à Bordeaux et 2025 s’inscrit dans la lignée des grands millésimes que furent 1985, 1995, 2005 et 2015. La qualité est remarquable, mais les rendements, limités à 22 hl/ha, figurent parmi les plus faibles des cent dernières années, notamment en raison de la sécheresse estivale. Les volumes produits atteignent à peine plus de la moitié d’une année normale.
Au début des vendanges, les excellentes conditions climatiques laissaient espérer une proportion plus importante de Grand Vin. Il n’en a rien été : les lots issus de nos meilleures parcelles se sont révélés si magiques que d’autres vins pourtant superbes n’ont pu être retenus. La proportion de Château Margaux s’établit ainsi à 37 %.
Le millésime 2025 présente des similitudes avec 2022, avec des conditions estivales proches, mais les pluies de fin août et de début septembre ont contribué à faire évoluer le style du vin, apportant davantage de fraîcheur et d’équilibre. Notre choix de ne pas précipiter les vendanges a permis de récolter des raisins parfaitement mûrs et d’extraire des tanins denses et soyeux.
Château Margaux 2025 se révèle très parfumé et d’une grande complexité aromatique. À la fois crémeux, velouté et dense, il se déploie avec beaucoup de longueur. Son toucher de tanins et sa texture, particulièrement émouvants, lui confèrent toute son identité. Promis à une longue garde, il offrira aussi beaucoup de plaisir dès sa jeunesse.
Assemblage : 89 % de cabernet sauvignon, 6 % de merlot, 4 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot
Climat
Le millésime 2025 est marqué par une saison contrastée, avec un printemps doux et équilibré, sans excès ni déficit, suivi d’un début d’été et d’une période estivale plutôt secs, rappelant le profil de 2022. Le débourrement intervient avec une semaine d’avance, précocité que l’on retrouve également dans la floraison. Celle-ci se déroule de manière rapide et homogène, dans des conditions climatiques particulièrement favorables, sans coulure ni millerandage.
La pluviométrie reste faible au début de l’été, installant progressivement un déficit hydrique. Le mois d’août est dominé par un épisode caniculaire, entraînant une accélération des maturités, notamment sur le sauvignon blanc.
En fin d’été, près de 60 mm de précipitations tombent entre fin août et début septembre. Ces pluies, attendues, apportent un rééquilibrage hydrique et une baisse des températures, permettant une maturation plus régulière et homogène en fin de saison. Malgré quelques épisodes pluvieux ponctuels en septembre, les conditions sanitaires demeurent très bonnes.
Dans ce contexte climatique, le choix a été fait de ne pas avancer les dates de vendanges afin d’atteindre une maturité optimale, en particulier phénolique. Cette décision, assumée mais engageante, a permis d’atteindre un niveau de qualité particulièrement élevé, avec des raisins récoltés à parfaite maturité, exprimant pleinement le potentiel du fruit et du millésime.
Grand Vin du Château Margaux
2024

L’élaboration du Château Margaux 2024 a exigé une attention de chaque instant. Ce millésime, particulièrement technique, a nécessité une précision accrue jusqu’aux vendanges, où chaque décision a été essentielle pour préserver l’équilibre et la pureté aromatique qui caractérisent notre Grand Vin.
Les conditions de récolte n’ont pas été idéales, marquées par quelques épisodes de pluie venant rythmer la cueillette. Malgré le risque de botrytis, nous avons maintenu notre engagement : attendre que chaque parcelle atteigne sa maturité optimale pour préserver l’identité de notre terroir.
Les vendanges se sont déroulées en deux temps : du 23 au 29 septembre avec notre petite équipe, puis du 30 septembre au 8 octobre avec notre grande équipe de vendangeurs. Le Grand Vin du Château Margaux 2024 représente 46 % de la récolte. Ce chiffre est en légère hausse. Il s’explique par le fait que nos meilleures parcelles de cabernet sauvignon, moins sensibles au mildiou, ont fait les meilleurs rendements sur la propriété.
L’assemblage, fidèle à l’identité de Château Margaux, est dominé par 93 % de cabernet sauvignon, qui lui confère structure et profondeur. Il est complété par 5 % de merlot, 1 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot, qui enrichissent sa complexité aromatique et affinent son équilibre.
Ce millésime se distingue par une belle finesse, une fraîcheur éclatante et des tanins d’une grande élégance. Son expression aromatique, à la fois délicate et raffinée, témoigne de toute la précision et la pureté que nous recherchons dans nos vins. Le Grand Vin du Château Margaux 2024 illustre une fois de plus l’extraordinaire capacité de nos terroirs à révéler, même dans les années les plus exigeantes, toute leur grandeur et leur élégance intemporelle. (Avril 2025)
Climat
L’histoire du millésime 2024 commence par une pluviométrie exceptionnelle. Dès l’automne, les précipitations s’accumulent avec une intensité inhabituelle et se prolongent sur de nombreux mois. Entre le 18 octobre et le 28 mars, plus de 1000 mm de précipitations sont tombées sur notre vignoble, un record dépassant de 300 mm le dernier millésime le plus pluvieux. Avec des températures hivernales douces, supérieures de trois degrés aux moyennes historiques en mars, la vigne trouve dans cette abondance d’eau et de chaleur des conditions idéales pour démarrer son cycle avec une avance marquée. Le débourrement survient ainsi entre le 22 et le 25 mars, soit 7 à 10 jours plus tôt que ces dernières années. Mais l’humidité ne se dissipe pas, dictant son rythme tout au long de la saison. Bien que certains grands millésimes du passé, comme l’an 2000, aient connu des précipitations similaires, c’est la fréquence des jours de pluie qui distingue 2024. Accéder aux parcelles devient un défi permanent, et la pression du mildiou, omniprésente, impose à nos équipes une vigilance de chaque instant. Dans ce contexte exigeant, la floraison prend un léger retard et s’étale du 31 mai au 7 juin.
La véraison, survenue entre le 9 et le 23 août, rappelle des millésimes comme 2014 et 2016, confirmant un cycle marqué par l’influence du climat humide. Face à ces conditions, le vignoble a réagi avec contraste. Les parcelles situées sur les sols les plus frais et profonds ont souffert du mildiou, impactant en particulier les volumes destinés à notre troisième vin, le Margaux du Château Margaux. À l’inverse, nos terroirs de graves, plus drainants et précoces, ont su préserver leur potentiel et offrir les plus beaux raisins du millésime.
Bien que le climat ait mis la vigne à l’épreuve, il n’a pas compromis l’exigence et la précision avec lesquelles nos équipes travaillent chaque millésime de Château Margaux. Avec un rendement moyen de 30 hL/ha, le tri effectué par nos vendangeurs dans nos parcelles a été plus rigoureux que jamais, mettant en valeur les terroirs les plus résilients et offrant un équilibre optimal entre concentration et finesse.
Grand Vin du Château Margaux
2023

Les vendanges furent plus minutieuses et donc plus longues qu’habituellement, mais ce travail était nécessaire pour aller chercher la pureté aromatique qui caractérise les vins de Château Margaux. Les vendanges de rouge commencèrent le 11 septembre pour les premières parcelles de merlot. Les grandes parcelles de cabernet sauvignon furent vendangées le 22 septembre. Le ramassage des raisins s'est achevé le 5 octobre.
Le Château Margaux 2023 est un vin fin, précis et complexe. Il représente 41 % du volume total de la récolte. Sans pouvoir rivaliser avec l’exceptionnelle densité de son prédécesseur, il reste dans la même lignée aromatique et présente des tanins tout aussi soyeux.
Il dépasse même, à certains égards, nos espérances après les pluies de septembre. Ce millésime nous montre une nouvelle fois à quel point les grands terroirs sont capables de s’adapter et de donner toute leur qualité au vin.
L’assemblage du Château Margaux est toujours largement dominé par les cabernets sauvignons, avec 89 %. 5 % de merlot, 4 % de cabernet franc et 2 % de petit verdot composent le reste de l’assemblage. (Avril 2024)
Climat
L’hiver 2023 fut relativement doux, malgré une dizaine de jours avec de vraies températures hiver¬nales la première quinzaine de février. De plus, les premiers mois de 2023 ne furent pas particulière¬ment arrosés : 196 mm de précipitations tombèrent à Margaux, permettant seulement de remplir les nappes phréatiques les plus superficielles après un millésime 2022 extrêmement chaud et sec. Dans ces conditions, la vigne débourra entre le 3 et le 10 avril.
Le printemps ne connut aucun épisode de gel, tant redouté par nos vignerons. Sur la période végétative de la vigne, la pluie ne fut pas abondante, mais elle fut fréquente. Seule une quinzaine de jours au mois de juin fut vraiment bien arrosée avec 72 mm. Toutefois, ces conditions rendirent relativement difficile le maintien d’un bon état sanitaire dans le vignoble. L’humidité relative atmosphérique importante créa des conditions très favorables au développement du mildiou. Nos équipes de la culture réussirent à assurer un feuillage sain pour garantir la qualité de la maturation des raisins et une jolie récolte. La vigne fleurit entre le 31 mai et le 5 juin dans de bonnes conditions, ne laissant pas supposer de coulure ou de millerandage.
Le millésime 2023 se différencia vraiment du pré¬cédent par ses températures. 2022 nous avait fait connaître des canicules très précoces. 2023 nous réserva un seul véritable épisode de canicule, entre le 17 et le 24 août, période pendant laquelle les pellicules s’affinent et deviennent plus sensibles à l’action combinée d’une forte chaleur et des rayons du soleil. Les baies les plus exposées au soleil subirent le phénomène d’échaudage, nous imposant ainsi un tri important pendant les vendanges.
Grand Vin du Château Margaux
2022

Le Grand Vin de Château Margaux 2022 est sans doute aussi extraordinaire que furent les conditions climatiques. Extraordinaire d’abord par sa concentration : du fait de la sécheresse estivale, les baies de cabernet sauvignon étaient près de 35 % plus petites qu’une année classique. Un soin tout particulier a dû être pris pendant les vinifications et les écoulages, où seuls les tannins les plus soyeux ont été extraits. Une autre conséquence bien moins heureuse de la petitesse des baies fut les rendements, malheureusement les plus bas depuis 2013.
Extraordinaire aussi par sa fraîcheur aromatique : nous aurions pu imaginer déguster des vins avec des notes solaires. Nous aurions pu imaginer des vins manquant d’acidité. Il n’en fut rien. In fine, le nez reste un délicat mélange de notes fruitées et florales. La longueur du vin est toujours portée par une acidité remarquable, équilibrant joliment les degrés d’alcool, plus élevés que d’habitude.
L’assemblage reste lui plus classique par sa dominante de cabernet sauvignon : 92%. Ils permettent aussi à ce vin de ne pas présenter des degrés trop élevés, 14,5% vol. pour de telles conditions climatiques. 6% de merlot et 2 % de cabernet franc complètent l’assemblage de ce vin. Le Château Margaux représente 40% de la récolte. (Avril 2023)
Climat
La description des conditions climatiques commence de la même façon quasiment tous les ans depuis une petite dizaine d’années : 2022 a encore été l’année la plus chaude jamais enregistrée… à cela s’est ajouté un autre phénomène climatique : une grande sécheresse. Ces deux composantes ont façonné la récolte pour en faire un millésime extraordinaire !
Outre quelques gelées à la mi-janvier, l’hiver 2022 fut doux avec une pluviométrie relativement faible : seulement 150 mm de pluie. Sur le plan national, le printemps 2022 se classe au 3e rang des années les plus chaudes (13,2 °C) depuis 1900, et derrière 2011 et 2020. À Margaux, il en fut de même avec des épisodes de canicule record pour un mois de juin, durant lequel les 40°C furent dépassés. Au long du printemps, par chance, la pluie tomba de façon classique pour la région bordelaise avec 182 mm à Margaux. L’été arriva avec ses extrêmes : 3 vagues de chaleur longues et intenses ; le thermomètre indiqua là-encore plusieurs fois des températures supérieures à 40°C et qui dépassèrent également les 35°C pendant plus de 14 jours en juillet et en août. De surcroit, plus de 6 longues semaines se sont déroulées sans la moindre goutte de pluie. Les quelques 20 mm qu’il tomba fin août furent les bienvenus, mais ils favorisèrent plutôt le rafraîchissement de l’air qu’une réelle hydratation des couches superficielles du sol.
Dans ces conditions, la vigne débourra de façon relativement étalée selon les cépages et la diversité de nos terroirs : entre le 28 mars et le 13 avril. La floraison se déroula dans des conditions suffisamment bonnes pour n’observer aucune coulure ni millerandage sur nos parcelles. Elle eut lieu la semaine du 24 mai, annonçant déjà un millésime précoce.
Les conditions estivales ne firent que renforcer la précocité du millésime. Les vendanges de blanc eurent lieu extrêmement tôt, le 18 août.
Pour les vendanges de rouge, les températures de septembre furent normales et les conditions de vendange optimales… Elles s’étalèrent du 8 au 27 septembre. Les premières pluies d’automne commencèrent le dernier jour des vendanges…
Grand Vin du Château Margaux
2021

Il nous semble que le millésime 2021 ne peut prétendre rivaliser avec l’exceptionnelle trilogie des millésimes 2018, 2019 et 2020. Durant les vinifications, nous n’avons pas souhaité extraire artificiellement des tannins dont le risque eut été qu’ils ne soient pas suffisamment délicats. Nous avons privilégié des extractions douces et, contre toute attente après cette saison végétative difficile, la concentration de ces vins fut au rendez-vous.
En effet, les premières dégustations des sélections parcellaires, juste après les fermentations alcooliques, furent étonnantes en raison de la densité des vins. Les indices de polyphénols étaient proches, voire égaux, à ceux atteints lors de millésimes considérés comme « chauds ».
Les merlots intègrent à hauteur de 8 % l’assemblage du Grand Vin. Les cabernets sauvignons constituent toujours le cœur du Château Margaux et comptent pour 87 % dans le Grand Vin. Les cabernets francs sont généralement délicieux et leur structure élégante se marie parfaitement à l’assemblage (3 %). Enfin, 2 % de petit verdot vient compléter l’assemblage. Le Château Margaux 2021 représente 36 % de la récolte. (Février 2025)
Climat
L’hiver 2021 fut relativement doux, bien qu’abondamment arrosé par plus de 230 mm de pluie sur les deux premiers mois de l’année. Un mois de mars plus sec, accompagné par des températures assez douces, permirent à la vigne de débourrer entre le 23 et le 30 mars. Les gelées printanières furent nombreuses et sévères. Nos systèmes d’aspersion antigel installés sur le vignoble de blanc avaient rarement été si éprouvés. Les températures furent même si froides que nous perdîmes une partie de la récolte de blanc sur près d’un hectare. En revanche, nos terroirs de rouge, moins gélifs, ne virent que quelques rares pieds touchés par ces gels matinaux.
Les mois de mai et juin quant à eux furent assez pluvieux. Il nous a fallu lutter contre les maladies cryptogamiques avec beaucoup de vigilance mais, au prix d’efforts importants, notre équipe de vignerons réussit à maintenir un feuillage et des grappes dans un état très sain. La floraison se déroula entre le 1er et le 6 juin dans des conditions moyennes. Néanmoins, la nouaison fut excellente, malgré certaines rares et vieilles parcelles montrant quelques signes de coulure.
Par la suite, le mois de juillet pluvieux contrasta avec un mois d’août et une première quinzaine de septembre très secs. Seulement, les 45 mm de pluie tombés juste après que nous ayons fini de ramasser les raisins blancs, nous firent craindre des vendanges de rouge plutôt pénibles.
Comme pour le millésime 2017, le choix suivant s’offrit à nous : soit ramasser rapidement des raisins pas assez mûrs de crainte d’en avoir certains gâtés par le Botrytis, ou bien vendanger des raisins plus mûrs et plus concentrés grâce à un soleil revenu à la fin du mois de septembre. Nous prîmes encore la même décision : privilégier la qualité des raisins. Les parcelles de merlot les plus précoces furent vendangées le 24 septembre tandis que le ramassage des grands cabernets ne commença que le 4 octobre. Les vendanges se terminèrent le 13 octobre. Certes, la saison avait été éprouvante mais la qualité du travail fourni nous permit de réaliser un millésime élégant et dense.
Grand Vin du Château Margaux
2020

Le Grand Vin de Château Margaux 2020 s’inscrit dans la lignée des 2018 et 2019. Il est rare que trois années consécutives soient aussi homogènes et qualitatives à Bordeaux. Il semble aujourd’hui presque insolent de considérer comme exceptionnels autant de millésimes produits ces six dernières années. L’avenir nous apportera plus de discernement.
L’assemblage définitif est très semblable à ceux des derniers millésimes : il est composé de 89 % de cabernet sauvignon, 8 % de merlot, 2 % de petit verdot et 1 % de cabernet franc. Le Grand Vin représente 36 % de la récolte. Il se caractérise par un équilibre entre la densité et la finesse de ses tannins.
Beaucoup de paramètres ont contribué à faire un excellent vin : floraison homogène, conditions estivales favorisant de petites baies et donc des vins concentrés, vendanges dans d’excellentes conditions etc. Seuls les rendements ne furent pas ceux attendus. La fertilité par cep fut plus faible que les années précédentes : 1,6 grappe par rameau au lieu de 2 grappes en 2019. Le rendement moyen de la propriété est donc de 36 hl/ha. Le Château Margaux 2020 est un vin bâti pour l'éternité qu'il convient d'attendre patiemment. (Février 2025)
Climat
Dans la lignée des millésimes précédents, 2020 à Bordeaux est une année marquée par des températures moyennes parmi les plus élevées jamais enregistrées, consécutives à des vagues de chaleur successives, et par un été exceptionnellement sec, dû à une absence de précipitations en début d’été.
Après une fin d’année 2019 abondante en pluie à Margaux, le premier trimestre 2020 fut peu pluvieux (80 mm de moins en cumuls). Mais l’hiver 2020 fut surtout marqué par sa douceur. Les moyennes des températures étaient 3°C au-dessus des moyennes trentenaires. Les températures dépassèrent parfois les 20°C au mois de février et seules 4 gelées d’une faible intensité vinrent troubler cette douceur hivernale. La vigne débourra alors extrêmement tôt : du 22 au 26 mars selon les cépages, soit environ 10 jours plus tôt que les moyennes. Ce furent les prémices d’un millésime très précoce...
Le printemps fut également très doux. Les températures du mois d’avril furent parmi les plus chaudes depuis 1962. La floraison eut lieu entre le 21 et le 26 mai sous d’excellentes conditions. Aucun symptôme de coulure ni de millerandage ne fut observé. Le printemps fut particulièrement pluvieux entrainant une forte pression parasitaire que nous réussîmes cependant à maîtriser (très peu de symptômes sur feuille et aucun sur grappe).
L’été fut marqué par des vagues de canicules longues et intenses entre le 23 juin et le 12 août ainsi que par une forte sécheresse (il ne tomba pas une goutte de pluie entre le 19 juin au 10 août). La véraison eut lieu entre les 23 et 26 juillet, à l’exception des petits verdots dont la véraison, toujours plus tardive, eut lieu le 1er août. Seule la deuxième décade du mois d’août permit de limiter un stress hydrique devenant trop fort. Il tomba près de 80 mm la journée du 13 août. Durant ces quelques jours d’orage, l’eau tomba trop fort en un temps trop court pour pénétrer dans les sols. Ces orages permirent toutefois d’abaisser la température et de limiter l’insolation, contribuant ainsi à garder un potentiel acide dans les baies.
Le mois de septembre fut également idéal pour les raisins : un soleil radieux en journée, des nuits fraîches et seulement 14 mm de pluie en septembre. Seules quelques après-midi trop chaudes mi-septembre imposèrent d’arrêter les vendanges après le déjeuner pour les vendangeurs et le raisin. Nous commençâmes à vendanger nos merlots précoces le 10 septembre. La grande équipe arriva le 21 septembre et commença dès son arrivée à vendanger nos grands cabernets. Les vendanges prirent fin le 30 septembre.
Grand Vin du Château Margaux
2019

Château Margaux 2019 fait partie des plus grands millésimes de notre histoire et s’ajoute à la liste des grands vins que nous avons eu la chance de produire dans cette décennie : 2015, 2016, 2018 et 2019 à présent...
Les cabernets sauvignons constituent toujours le cœur de Château Margaux puisqu’ils représentent 90 % de l’assemblage. Les merlots comptent pour 7 % de l’assemblage. Outre nos parcelles emblématiques, nous avons ajouté cette année les merlots de la parcelle du Haut du Jardin qui apportent leur rondeur et leur charme à l’ensemble. Le cabernet franc (2 %) et le petit verdot (1 %) complètent cet assemblage qui représente 37 % de la récolte. Il faudrait idéalement l'attendre encore de nombreuses années mais qu'il est déjà difficile de lui résister !
Le Grand Vin de Château Margaux 2019 sera le premier à bénéficier pleinement des nouvelles installations dans le chai de seconde année dont la construction avait été initiée par André Mentzelopoulos à la fin des années 70. Suite à de nombreuses interventions depuis des années, un important travail de rafraîchissement s’imposait et nous sommes ravis de le terminer au moment même où son petit-fils, Alexis Leven-Mentzelopoulos, rejoint l’équipe de Château Margaux. Avec sa sœur Alexandra Petit-Mentzelopoulos, ils incarnent désormais l’avenir du domaine... (Février 2025)
Climat
A l’échelle mondiale, l’année 2019 fut la plus chaude jamais enregistrée. En France, la température moyenne atteignit 13,7°C, soit 1,1°C à 1,2°C au-dessus de la normale.
A Margaux, l’hiver 2019 fut doux (de 1 à 2 degrés au-dessus des moyennes trentenaires), peu pluvieux (30 mm de moins que les moyennes trentenaires) et ponctué de très rares gelées (seulement 3 jours). Dans ces conditions, la vigne débourra entre le 29 mars et le 4 avril.
Le printemps fut clément, avec des températures très proches des normales de saison, et marqué par des précipitations abondantes fin avril puis entre le 5 et le 18 juin. La floraison eut lieu entre le 1er et le 9 juin et se passa relativement bien. Seules certaines vieilles parcelles de merlot présentèrent quelques signes de coulure. Ces pluies, qui nous faisaient craindre quelques sorties de mildiou, n’eurent aucune incidence sanitaire et l’état du vignoble fut finalement très bon tout au long de l’année.
L’été contrasta nettement avec ce printemps pluvieux. Des conditions anticycloniques s’établirent durablement et seuls 64 mm de pluie tombèrent entre le 21 juin et le 21 septembre. Mais l’été 2019 restera surtout dans les mémoires pour les deux épisodes de canicule intense qui se sont produites fin juin puis du 22 au 24 juillet où la température atteignit 39,9°C à Margaux !
Les vendanges de rouge commencèrent le 18 septembre, dans des conditions idéales qui nous permirent de ramasser des raisins de merlot parfaitement mûrs et concentrés. Une perturbation vint s’installer du 22 au 29 septembre. Ces conditions météorologiques n’entrainèrent aucune dégradation de l’état sanitaire et ont permis aux raisins de mûrir plus lentement dans des conditions moins agressives pour les vignes : les niveaux d’acidité furent mieux conservés et les degrés d’alcool ne sont finalement pas trop élevés. Ces raisins ramassés entre la fin de septembre et le début d’octobre purent bénéficier de la concentration acquise depuis la véraison (entre le 5 et le 10 août) sans être trop affectés par la faible dilution apportée par ces pluies.
Les vendanges s’achevèrent le 10 octobre.
Grand Vin du Château Margaux
2018

Château Margaux 2018 fait partie des tout meilleurs vins produits ces dernières années, performance d’autant plus remarquable quand les millésimes 2015 et 2016 sont encore si récents.
Il est en tout cas incroyable de concentration tant la taille des baies était petite et les rendements faibles. Ces indices exceptionnels de tannins n'apportent pourtant aucune agressivité ni exubérance, mais au contraire donnent une allonge et une longueur remarquables à ce vin.
Assez tôt pendant les vinifications, nous nous étions rendu compte de ce potentiel tannique et avons ainsi modéré nos programmes d’extraction, y compris sur nos parcelles de merlots, habituellement moins denses que nos grands cabernets sauvignons. Ces derniers constituent toujours le cœur de Château Margaux puisqu’ils représentent 90 % de l’assemblage. Ils permettent aussi à ce vin, malgré de telles conditions climatiques, de ne pas présenter un degré trop élevé : 14°. L’assemblage de ce vin, qui représente 36 % de la récolte, est complété par 4 % de merlot, 4 % de cabernet franc et 2 % de petit verdot. La puissance et la douceur de ce vin le rendent déjà très impressionnant mais mieux vaut l'attendre patiemment pour pleinement profiter de toutes ses qualités. (Février 2025)
Climat
L’année 2018 est la plus chaude que nous ayons connue depuis le début du 20ème siècle, dépassant la température moyenne annuelle de 1,4°C sur le plan national. Cette année 2018 commença à Margaux par un hiver relativement doux par rapport aux températures normales et ce malgré quelques gelées au mois de février sans conséquence pour notre vignoble. Le reste de l’année fut chaud, voire très chaud, par rapport aux températures de saison : on nota quelques records sur la dernière décade de juin et les dix premiers jours du mois d’août avec plus de 4°C au-dessus des moyennes trentenaires.
Les pluies du premier semestre ont été abondantes, avec près de 630 mm de précipitations à Margaux entre le 1er janvier et le 10 juillet, rendant les conditions culturales assez difficiles. Chaque journée de pluie minimisait l’espoir de faire un grand millésime... Mais les conditions anticycloniques estivales gagnèrent enfin nos régions jusqu’à la fin des vendanges. Les précipitations furent très faibles : 48 mm entre mi-juillet et fin septembre. Ce profil pluviométrique de l’année nous rappelait alors celui du millésime 2009.
Dans ces conditions, la vigne débourra relativement tardivement entre le 4 et le 10 avril. La floraison eut lieu entre le 25 et 28 mai et, malgré d’assez mauvaises conditions, nous n’observâmes, même sur des parcelles de merlots réputées sensibles, ni phénomène de coulure ni phénomène de millerandage. La difficulté la plus grande fût la lutte contre le mildiou qui cette année a conduit à des rendements un peu moindres que ceux que nous avions espérés après la nouaison.
Les vendanges de blanc eurent lieu la semaine du 27 août. Les vendanges de rouge s’étalèrent du 17 septembre au 13 octobre sous les meilleurs auspices. Nous avions encore cette année la possibilité de choisir le meilleur moment pour vendanger nos parcelles : aucun symptôme de Botrytis, une météo clémente, des conditions de maturité suffisamment étalées entre nos merlots les plus précoces et nos cabernets les plus tardifs nous ont permis de prendre le temps d’apporter le soin nécessaire à la vinification de toutes ces cuves. Près d’une centaine de lots différents ont été vinifiés cette année, démontrant encore notre souci de toujours mieux procéder à des sélections de plus en plus précises.
Dans ces conditions, la vigne débourra relativement tardivement entre le 4 et le 10 avril. La floraison eut lieu entre le 25 et 28 mai et, malgré d’assez mauvaises conditions, nous n’observâmes, même sur des parcelles de merlots réputées sensibles, ni phénomène de coulure ni phénomène de millerandage. La difficulté la plus grande fût la lutte contre le mildiou qui cette année a conduit à des rendements un peu moindres que ceux que nous avions espérés après la nouaison.
Les vendanges de blanc eurent lieu la semaine du 27 août. Les vendanges de rouge s’étalèrent du 17 septembre au 13 octobre sous les meilleurs auspices. Nous avions encore cette année la possibilité de choisir le meilleur moment pour vendanger nos parcelles : aucun symptôme de Botrytis, une météo clémente, des conditions de maturité suffisamment étalées entre nos merlots les plus précoces et nos cabernets les plus tardifs nous ont permis de prendre le temps d’apporter le soin nécessaire à la vinification de toutes ces cuves. Près d’une centaine de lots différents ont été vinifiés cette année, démontrant encore notre souci de toujours mieux procéder à des sélections de plus en plus précises.
Grand Vin du Château Margaux
2017

La qualité du Château Margaux 2017 se rapproche de ses illustres prédécesseurs sans pour autant prétendre rivaliser avec la générosité du 2015 ou l’élégance du 2016. Il s’inscrit toutefois dans la lignée des grands millésimes produits au domaine : profond, complexe, intense et long. Il dépasse même par certains égards nos espérances après les pluies de septembre et nous montre une nouvelle fois à quel point les grands terroirs sont capables de s’adapter et de donner toute leur qualité au vin.
Les premières dégustations durant les vinifications furent un moment d’étonnement. Les lots de merlots sont remarquables : des parfums fruités et doux, une rondeur en bouche et un volume riche leur ont permis d’entrer à hauteur de 8 % dans l’assemblage du Grand Vin. Les cabernets sauvignons constituent toujours le cœur et la trame du Château Margaux, à hauteur de 89 % de l’assemblage. À la dégustation, les tannins sont parfaitement mûrs et nous confortent dans le choix d’avoir patienté quelques jours avant de vendanger. La structure de ces vins reste ce mélange rare de puissance et de raffinement. 2 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot viennent compléter l’assemblage de ce vin. Le Château Margaux représente 37 % de la récolte. Mieux vaut l'attendre patiemment même s'il donne déjà beaucoup de plaisir. (Février 2025)
Climat
Après une année 2016 relativement sèche, les premiers mois de l’année 2017 apportèrent les précipitations nécessaires au bon équilibre des nappes phréatiques. Les températures n’avaient pas été particulièrement froides en hiver. La vigne débourra autour du 4 avril, mais nous ne nous sommes pas suffisamment méfiés des températures printanières, de sorte que les nuits de gel des 27 et 28 avril vinrent nous rappeler que nous dépendions d’abord de la nature dans nos terroirs. L’emplacement privilégié de nos parcelles nous a cependant permis de limiter les dégâts de ce gel. Seulement 10% de nos parcelles de rouge furent touchées.
Sur l’ensemble du cycle végétatif, seule la dernière semaine de juin fut très pluvieuse. La vigne avait déjà fleuri entre le 25 et le 30 mai dans les conditions les plus propices à une fécondation efficace et homogène. L’été 2017 ressembla peu ou prou à l’été 2016, chaud et très sec sur les mois de juillet et d’août. Seules quelques précipitations début septembre vinrent perturber l’opportunité rare de réaliser un triplé de grands millésimes après 2015 et 2016 ; nous venions juste de rentrer nos raisins blancs quand de fortes précipitations ont gâché nos espoirs d’une très grande année.
Un choix crucial s’offrait alors à nous : ramasser rapidement des raisins pas assez mûrs de crainte d’en avoir certains gâtés par le Botrytis, ou bien vendanger des raisins plus mûrs et plus concentrés grâce à un soleil revenu à la fin du mois de septembre. Fidèles à nos exigences de qualité, et rassurés par des prévisions météorologiques optimistes, c’est bien ce dernier choix que nous avons fait… les vendanges de rouge eurent lieu entre le 12 septembre et le 3 octobre sous des conditions climatiques exceptionnelles.
Grand Vin du Château Margaux
2016

Qu’il est difficile de succéder à un millésime aussi fantastique que 2015. Et pourtant, le Château Margaux 2016 s’inscrit bien dans la continuité des plus grands millésimes de ce début de siècle !
Le nez est particulièrement délicat, complexe et profond. En bouche, le vin est d’un volume, d’une douceur et surtout d’une longueur incroyables. Ce sont, bien sûr, nos grandes parcelles de cabernets sauvignons qui donnent toute l’élégance à ce vin. Ils représentent près de 94 % de l’assemblage. Les merlots et les cabernets francs, avec respectivement 2 % et 3 %, apportent une complexité importante au vin tant au niveau aromatique que grâce à la douceur de leur structure tannique. Les petits verdots enfin, malgré leur faible proportion (seulement 1 % de l’assemblage), apportent un volume et une densité considérables.
Malgré les conditions estivales sèches et ensoleillées de ce millésime, ce vin a gardé tout son potentiel acide, prémices d’une garde fabuleuse. Le Château Margaux 2016 est un vin d’exception, fruit de la combinaison de conditions climatiques exceptionnelles, de la connaissance de notre terroir et d’un effort de sélection important (28 % de la récolte). Il est cependant important de l'attendre patiemment vu son immense potentiel de garde. (Février 2025)
Climat
L’hiver, particulièrement arrosé et relativement doux, entraina un débourrement assez précoce durant la dernière semaine de mars. Les 400 mm de précipitations des 3 premiers mois de l’année aidèrent les nappes phréatiques à se reconstituer après une année 2015 plutôt sèche. Les pluies rapprochées du printemps donnèrent l’impression qu’elles avaient été abondantes. En réalité le cumul de ces précipitations ne fit que représenter l’équivalent de la moyenne des 30 dernières années. La vigne réussit néanmoins à trouver quelques rares et belles journées ensoleillées pour fleurir entre le 6 et 8 juin.
Le contraste avec l’importante sécheresse estivale n’en fut pas moins saisissant. Seuls quelques 8 mm tombèrent aux mois de juillet et août. Même si les très jeunes plants montrèrent quelques signes de stress hydrique marqué, nos vieilles vignes se comportèrent parfaitement, nous montrant une nouvelle fois à quel point ce végétal est doué de capacités d’adaptation incroyables au climat. Bien que sec, l’été ne fut pas exceptionnellement chaud. Seule la deuxième quinzaine d’août fut marquée par des chaleurs plus fortes que les normales. La combinaison de ces paramètres entraîna une véraison assez étalée. Le mois de septembre, avec des journées sèches et des nuits fraîches, permit aux raisins de finir leur maturité dans les conditions les plus optimales.
Les vendanges de rouge, les plus étalées dans l’histoire du domaime, se sont déroulées du 23 septembre au 18 octobre.
Tout au long de l’été, nous ressentions chaque jour un peu plus d’excitation à l’idée qu’un nouveau grand millésime se dessinait…
Grand Vin du Château Margaux
2015
2015 est une année historique, au sens propre, à Château Margaux. Nous avons à la fois célébré le bicentenaire de la construction des bâtiments du domaine en 1815, et inauguré les nouveaux locaux construits par l'architecte Norman Foster. Il est facile d’imaginer à quel point nous avons rêvé que 2015 soit un grand millésime !
Une part du résultat revient sans aucun doute aux décisions prises au moment des assemblages : seulement 35 % de la récolte totale a été retenue pour le premier vin, un record de sévérité dans un millésime de ce niveau. Comme d’habitude, c’est le cabernet sauvignon qui en constitue la trame avec 87 % de l’assemblage ; en plus de sa concentration, de sa finesse, il a cette année une vigueur et une force inhabituelles. Le merlot n’a pas démérité, au moins dans les grandes parcelles ; il entre à hauteur de 8 % dans le premier vin. Cabernet franc (3 %) et petit verdot (2 %) trouvent également leur place dans cet assemblage très élitiste, confirmant que les très grands millésimes permettent en général à tous les cépages d’exprimer leur génie propre.
Comment situer 2015 par rapport à ses prédécesseurs ? C’est une tâche ingrate, et un peu vaine, en particulier pour les plus grands millésimes. Il y a bien sûr des similitudes, des ressemblances, et aussi quelques différences là où on ne les attend pas. Mais on peut évoquer à la fois la force du 2005, la chair du 2009, la subtilité du 2010, et le charme inimitable de Château Margaux. Mieux vaut cependant l'attendre encore patiemment tant son potentiel est immense.
Comme une évidence, le dernier millésime de Paul Pontallier, Directeur Général de Château Margaux de 1989 à 2015, exprime les plus belles qualités de Château Margaux.
Pour toutes ces raisons, Château Margaux a voulu créer un habillage particulier pour son Grand Vin 2015.
Un écrin unique fut conçu, orné d’une magnifique sérigraphie dont le design, spécialement pensé pour ce millésime, est apposé sur le verre à la place des étiquettes habituelles. Le millésime semble avoir été bâti pour l’éternité. (Mars 2025)
Climat
L’hiver, sensiblement plus frais que celui des années précédentes, a conduit à un débourrement tardif mais parfaitement régulier. Les conditions climatiques du printemps ont été optimales, avec un temps ensoleillé et sec ; la floraison s’est donc déroulée de manière rapide et homogène. La chaleur et la sécheresse ont persisté durant les mois de juin et juillet jusqu’à laisser craindre que s’installe un stress hydrique, au moins dans les parcelles les plus sensibles. Heureusement les quelques pluies du mois d’août sont arrivées à point nommé pour raccourcir et homogénéiser la véraison. La sécheresse, qui s’est à nouveau imposée au mois de septembre, combinée à des journées chaudes et des nuits fraîches, a permis aux raisins d’équilibrer leur richesse en sucre par une belle acidité, de rendre leurs tanins plus soyeux et leur potentiel aromatique plus complexe.
Les vendanges de rouge se sont déroulées du 18 septembre au 6 octobre. La petite taille des baies de raisin et leur pellicule plus épaisse laissaient présager une concentration tannique très élevée. Les conditions climatiques de 2015 sont en fait caractéristiques des très grands millésimes comme 2005, 2009 et 2010.
Grand Vin du Château Margaux
2014

Quel soulagement après les moments difficiles vécus en 2013 ! Cette succession de millésimes si différents fait de Bordeaux un lieu unique où l’on peut à la fois s'appuyer sur l'expérience sans avoir la tentation de pouvoir la répéter ! En 2014 nous sommes revenus à des quantités - presque - normales. Certes supérieures à 2013, mais pas encore au niveau que nous souhaitons atteindre. Comme d'habitude lorsque les conditions ne sont pas celles d'un grand millésime, l'écart se creuse entre les meilleurs terroirs et les autres, qui n'ont pas pu, malgré le magnifique mois de septembre, complètement rattraper le retard accumulé en août. Seule notre emblématique parcelle de merlot de l'Eglise a pu rejoindre le premier vin, ce qui ne représente que 5 % de merlot dans l'assemblage. Mais ces merlots sont superbes et comptent parmi les meilleures réussites de ces dix dernières années. Tous les grands cabernets sauvignons sont à leur place, c'est-à-dire la meilleure ! Ils assurent 90 % du premier vin. 3 % de cabernet franc et 2 % de petit verdot complètent cet assemblage somme toute classique ces dernières années.
Château Margaux 2014 correspond à 36 % de la récolte, le noyau dur de la grande qualité. C'est un vin puissant, charnu, dont les tanins soyeux font presque oublier la très grande concentration et la belle acidité. Il ne fait pas partie des plus grands millésimes de ce siècle, mais peut certainement prétendre se situer juste après. Mieux vaut idéalement l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
Après un hiver très doux et pluvieux, sans aucune période de froid notable, le printemps a été "normal": un mois de mai plutôt frais et de juin assez chaud, de telle sorte que la floraison s'est déroulée aux dates habituelles et dans des conditions très favorables; elle a donc été rapide et homogène, contrairement à l'année dernière.
Le mois de juillet n'a pas apporté de grande surprise; en revanche, le mois d'août a été particulièrement frais, sans doute l'un des plus froids que nous ayons connus récemment. Ces températures basses ont dû gêner le bon déroulement de la véraison, qui a beaucoup traîné en longueur. Heureusement il n'a pas beaucoup plu, mais à aucun moment, en juillet comme en août, une véritable sécheresse ne s'est installée. Comme il arrive si souvent à Bordeaux, tout restait possible à la fin du mois d’août, aussi bien la perspective d’un très bon millésime que celle d'une année médiocre... Le temps vraiment estival de septembre a apporté la réponse que nous espérions: la chaleur et la sécheresse ont permis aux raisins de parfaitement mûrir et aux vendanges de se dérouler dans des conditions optimales. Tout le contraire de ce qui s'était passé en 2013... Les vendanges de blanc se sont déroulées du 15 au 19 septembre, celles de rouge du 29 septembre au 10 octobre.
Grand Vin du Château Margaux
2013

C’est dans les millésimes difficiles, à un titre ou à un autre, que les très grands terroirs révèlent leur incroyable suprématie. 2013 n’échappe pas à cette règle, dont on ne connaît pas tous les ressorts. La précocité en est un : nos meilleures parcelles de cabernets avaient déjà atteint un très bon niveau de maturité avant leur vendange précipitée, et il ne s’en est fallu que de quatre ou cinq jours pour qu’elle soit excellente. Les autres raisons restent, et resteront, encore obscures tant le génie des grands terroirs est difficile à percer.
Quoiqu’il en soit, toutes les grandes parcelles de cabernets, sans exception, ont produit de très beaux vins, si clairement au-dessus de tous les autres que l’assemblage du Château Margaux a été en fait facile à décider. Il représente 38 % de la récolte, un chiffre très classique. En revanche, la proportion des cépages est inhabituelle : 94 % de cabernet sauvignon, soit la plus importante part jamais atteinte ; 5 % de cabernet franc, 1 % de petit verdot et… pas du tout de merlot. Même notre meilleure parcelle, que nous avons pourtant vendangée avec un luxe de précautions, s’est avérée décevante. On pourrait donc s’attendre à un vin marqué par le cabernet ; il l’est, mais pas comme on s’y attendrait. Lorsqu’ils sont suffisamment mûrs, les cabernets de Margaux ont un équilibre et une douceur qui en d’autres lieux sont caractéristiques du merlot ; et bien sûr cette finesse et ce charme qui n’appartiennent qu’à leur terroir. Château Margaux 2013 ne prétend pas être un grand millésime ; nous savons bien qu’il est né dans des conditions difficiles. Mais nous avons l’immense privilège de l’avoir fait naître en ce début de XXIe siècle où toutes les attentions, tous les soins, tous les sacrifices sont possibles, et le vin rend justice à ces efforts. On peut commencer à le boire même si, bien évidemment, rien ne presse. (Février 2025)
Climat
Les températures particulièrement fraîches de la fin de l’hiver et du printemps ont retardé le débourrement puis la floraison d’une bonne dizaine de jours par rapport à la moyenne. Et comme il a également beaucoup plu pendant toute cette période, la floraison a été lente et la nouaison difficile, ce qui a entraîné un millerandage généralisé et une coulure importante dans les merlots. Ce dernier phénomène s’est avéré plus modéré pour les cabernets. D’emblée, nous savions que le millésime 2013 ne serait pas abondant…
Heureusement, la sècheresse estivale a permis aux raisins de combler une partie du retard : nous n’avons pas retrouvé à la véraison la même hétérogénéité qu’à la floraison. Il est également probable que leur faible quantité ait accentué ce phénomène de rattrapage. Au début du mois de septembre, l’espoir grandissait d’une récolte certes faible, mais qui semblait mûrir dans d’excellentes conditions.
Septembre a été paradoxal, relativement sec et très humide à la fois. De petites pluies fréquentes ont en effet maintenu une humidité ambiante élevée sans entraîner de cumul important de précipitations. Rien n’était donc joué jusqu’à la fin du mois lorsqu’un développement soudain de botrytis a précipité le début des vendanges ; il n’aura finalement manqué aux raisins qu’une petite semaine de maturation, suffisamment pour gâcher les espoirs d’un grand millésime, pas assez pour lui ôter toutes ses promesses.
Les vendanges de blanc se sont déroulées du 19 au 27 septembre, et celles de rouge du 30 septembre au 11 octobre.
Grand Vin du Château Margaux
2012

La sélection draconienne - un peu moins de 34 % de la récolte dans le premier vin - s'explique surtout par l'hétérogénéité du millésime 2012, liée généralement au stress hydrique subi par les jeunes vignes ou les terroirs sensibles. Quelle déception de n'avoir pu ajouter au premier vin cette fantastique parcelle de jeunes cabernets âgée de 13 ans qui avait si bien réussi en 2010 et 2011 ! Mais quel bonheur de voir nos plus grandes parcelles de vignes matures atteindre de tels sommets de concentration et d'élégance. Les cabernets sauvignons (87 % de l'assemblage) sont remarquables : puissants, denses, charnus et très racés. Les deux lots habituels de merlot (10 %) et le petit lot de cabernet franc (2 %) qui les rejoignent en général n'ont pas failli, mais n'étaient pas meilleurs qu'en 2011. Quant à notre seule vieille parcelle de petit verdot, elle a produit un vin superbe, très différent des plus jeunes.
Nos meilleurs vins de presse, qui sont l'aboutissement d'un processus très sévère de sélection, apportent cette année à l'assemblage une densité et une chair étonnantes, sans lui enlever la moindre finesse. On oublie parfois qu'ils sont le concentré des qualités et des défauts des vins de goutte, et qu'il suffit d'un travail rigoureux pour en exploiter le fantastique potentiel.
Le Château Margaux 2012 est un exemple parfait de la douceur, de la délicatesse, du charme et de l’équilibre qui sont la signature de nos vins depuis des siècles. Il ne lui manque finalement qu’un peu de profondeur et de densité pour être un grand millésime. La douceur de ses tanins lui permet aussi d’être délicieux dès aujourd’hui, même si la raison nous inciterait d’attendre encore un peu avant de le boire… (Février 2025)
Climat
2012 marque le retour à un grand classicisme climatique: à un hiver froid, surtout au mois de février, a succédé un printemps très humide, puis un été très sec avant le retour d'un temps pluvieux à partir du 20 septembre.
Les pluies abondantes jusqu'au 15 juillet ont bien entendu créé des conditions très favorables au développement du mildiou. C'est pourtant cette année que nous avons intensifié, avec le plus grand succès, notre programme de lutte biologique: non seulement plus aucun insecticide n'est utilisé sur la propriété depuis 10 ans, mais en 2012, un seul traitement chimique - contre 7 ou 8 en général - a été appliqué sur les parcelles de grand vin. Nous y sommes presque...
À partir du 15 juillet s'est établi un temps très sec, modérément chaud, mais ponctué de quelques journées de grande chaleur. De telles conditions sont typiques des grands millésimes classiques de Bordeaux; elles permettent à la fois la maturation et la concentration des raisins. Seuls les moins bons terroirs et les jeunes vignes ont souffert du passage soudain d'un printemps très humide à un été très sec.
Le temps a de nouveau changé dès le premier jour de l'automne: les pluies modérées qui sont tombées régulièrement à partir du 20 septembre sont arrivées trop tard pour perturber sérieusement la maturité et l'état sanitaire des raisins, mais elles ont probablement empêché, à quelques jours près, que 2012 soit le grand millésime qu'il aurait dû être.
Les vendanges de blanc se sont déroulées du 10 au 14 septembre, et celles de rouge du 25 septembre au 16 octobre, juste avant que les conditions ne se dégradent vraiment...
Grand Vin du Château Margaux
2011

Quelles que soient les conditions du millésime, le « noyau dur » de la qualité, c'est-à-dire l'ensemble des parcelles qui constituent le cœur de l'assemblage du premier vin de Château Margaux, est remarquablement stable depuis plus de trois cent cinquante ans... Ces très grands terroirs résistent mieux que les autres à la pluie, à la sécheresse, aux maladies, et parfois même à l'inconstance des hommes. 2011 n'échappe pas à cette règle : nous retrouvons dans le premier vin 38 % de la récolte, soit la même proportion que l'année précédente. Bien sûr, le cabernet sauvignon domine toujours aussi largement avec 86 % de l’assemblage. Il possède cette année une force et une vigueur peu communes, heureusement équilibrées par beaucoup de douceur. Puis viennent le merlot (10 %), le petit verdot (2 %) et le cabernet franc (2 %). Château Margaux 2011 est le vin le plus concentré que nous ayons jamais produit. Et pourtant on ressent à peine ses tanins... On peut commencer à le boire, à condition de le décanter à l'avance, mais l'idéal serait de l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
L'année viticole a commencé sous un climat quasi estival avec les mois d'avril et de mai beaucoup plus chauds et secs que la normale. Le démarrage et la croissance de la vigne ont donc été très rapides, et la floraison particulièrement précoce. Par la suite, les mois de juin, de juillet et d’août ont été plutôt frais, mais pas assez humides, surtout à Margaux, pour vraiment modifier l'état de sécheresse du vignoble, caractéristique du millésime. Les 26 et 27 juin s'est produit un épisode caniculaire d'une ampleur jamais vue: de nombreuses grappes prêtes à vérer, compte tenu de la précocité du millésime, ont subi un échaudage entraînant des dégâts parfois importants, notamment dans les parcelles de cabernet sauvignon peu vigoureuses. L'état de stress hydrique du vignoble après trois mois de sécheresse a probablement amplifié ce phénomène dont les conséquences restent, en général, minimes. Les vendanges, qui ont commencé dès le 25 août pour les blancs, et le 5 septembre pour les rouges, ont bénéficié d'un temps en général chaud et sec, ce qui a permis d'effectuer sans hâte les différentes opérations de tri rendues nécessaires par les problèmes d'échaudage. Notre seule déception est la quantité: avec un rendement de 29hl/ha, le millésime 2011 est la plus petite récolte depuis vingt ans!
Grand Vin du Château Margaux
2010

C’est à peine croyable, mais pourtant confirmé : 2010 est au moins un aussi grand millésime de Château Margaux que 2009 ! Comme toujours, ce sont les cabernets sauvignons qui ont le mieux tiré parti de cette année très sèche et plutôt fraîche ; avec 90 % de l’assemblage, ils « font » le vin et lui donnent cette exceptionnelle finesse aromatique, cette puissance contenue et cette subtile fraîcheur. Il ne reste que peu de place pour les merlots (7 %), cabernet franc (1,5 %) et petit verdot (1,5 %). Le génie de ces parcelles de cabernet est fascinant…
Le Château Margaux 2010 est un géant qui n'est pas monstrueux. C'est un vin magique, à la fois classique et hors normes. Classique par sa pureté, sa finesse, sa finale douce et rafraîchissante ; hors normes par son étonnante complexité de parfums et son exceptionnelle puissance. C’est un vin « moderne » au sens où il représente une forme d’aboutissement de la technologie et des efforts de sélection d’aujourd’hui, mais également intemporel, car sa stature et son charme traverseront le temps et les modes éphémères. Mieux vaut cependant l'attendre patiemment avant de le boire... (Février 2025)
Climat
L'hiver plutôt froid et sec a entraîné un débourrement assez tardif, puis les conditions irrégulières du printemps ont conduit à une floraison souvent hétérogène, avec parfois un peu de coulure dans les vieux merlots. Comme toujours, les grands terroirs ont donné l'impression d'imposer leur propre rythme, et de se jouer des aléas climatiques: la floraison y a été rapide, homogène, et parfaitement réussie... Mais il est vrai que les cabernets sauvignons, dont ce sont les terres de prédilection, sont naturellement peu sensibles à la coulure.
A partir de la fin du mois de juin jusqu'à la fin des vendanges, nous avons connu à nouveau le type de sécheresse dont seuls les très grands millésimes de Bordeaux ont le secret: pas assez d'eau pour provoquer un excès de croissance de la vigne, mais juste ce qu'il faut pour favoriser la maturation et stimuler la concentration des raisins. Il nous semblait peu à peu que se répétaient à l'identique les conditions de 2009, ou 2005 ...
Mais les millésimes ne se ressemblent jamais tout à fait. L'été 2010 a été aussi sec, mais plus frais que 2009: pas de températures caniculaires, et des nuits toujours fraîches. Cette fraîcheur relative a tempéré les conséquences de la sécheresse, et probablement permis à quelques jeunes vignes de grands terroirs d'atteindre un nouveau seuil de qualité. Elle a également favorisé l'expression aromatique de tous les cépages, en particulier celle du sauvignon blanc et des cabernets. Elle leur a aussi permis de conserver un très beau niveau d'acidité, idéal pour contrebalancer les degrés alcooliques élevés. (Début des vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2009

2009 est peut-être le plus grand Château Margaux jeune que nous ayons goûté depuis 30 ans.
La nature n'est pas la seule responsable : à peine 36 % de la récolte (31 % à la mise en bouteilles) sont rentrés dans le premier vin. Une sélection impitoyable pour un si grand millésime. Mais en 2009 elle s'est vraiment surpassée en permettant aux raisins des plus grands terroirs d'atteindre un niveau exceptionnel de concentration, de finesse, d'équilibre et de fraîcheur. Les cabernets (87 % de l'assemblage) n'ont d'équivalent qu'en 2005, mais ils sont plus tendres ; les deux seuls lots de merlot retenus (9 %) n'ont quant à eux pas d'équivalent. Le cabernet franc (2 %) et le petit verdot (2 %), sont, eux aussi, à leur meilleur niveau. Le Château Margaux 2009 est un vin hors norme, à la fois par sa puissance tannique et son ampleur, qui font penser à 2005, et sa douceur, qui rappelle 1990. Et comme son degré alcoolique dépasse à peine 13, sa finale reste fraîche, savoureuse, et d'une longueur mémorable. Quand le boire ? Voilà une question à laquelle il est bien difficile de répondre tant il est déjà charmeur et irrésistible mais que son potentiel est immense. (Février 2025)
Climat
Après un hiver froid et sec, le mois d'avril a été froid et pluvieux, de sorte que le débourrement a été relativement tardif, et la croissance des bourgeons plutôt lente. Mais à partir du 1er mai les températures se sont nettement élevées et stabilisées au-dessus de la moyenne, sans pour autant devenir excessives. La floraison a donc été rapide et complète, promesse d'une maturité très homogène. Dans le même temps commençait à s'installer une sècheresse dont nous ne soupçonnions alors ni l'ampleur, ni la durée. Très peu de millésimes – à part 2005 – ont en fait connu un tel phénomène : depuis le 10 juillet, il n'a pratiquement pas plu jusqu'à la fin des vendanges, le 14 octobre ! De telles conditions sont particulièrement favorables aux plus grands terroirs, qui sont capables d'assurer une alimentation en eau régulière de la vigne, ainsi qu'au cabernet sauvignon, moins sensible à la sècheresse que le merlot. En revanche les vignes, dans certains sols légers moins bien pourvus en argile, ont parfois eu du mal à amener leurs raisins à parfaite maturité. Si la sécheresse estivale s'est accompagnée de températures parfois très elevées dans la journée, les nuits sont restées fraîches. Cette amplitude diurne importante a favorisé l'accumulation des tanins et des anthocyanes dans les pellicules des raisins rouges, et préservé la fraicheur des arômes, en particulier ceux des sauvignons blancs. Tous les éléments se mettaient progressivement en place pour faire de 2009 un très grand millésime. (Début des vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2008

Aucun millésime entre 2004 et 2008, à l'exception notable de 2005, bien sûr, n'a connu un glorieux mois d'août ; et pourtant les raisins ont chaque fois su bien mûrir, au moins dans les grands terroirs, grâce aux très belles conditions du mois de septembre. Mais aussi à tellement d'autres facteurs dont nous méconnaissons l'influence ! En 2008, il est probable que la sécheresse de juillet ait modéré les conséquences des pluies – régulières mais faibles – du mois d'août. Le beau temps à partir de mi-septembre les aurait ensuite fortement limitées. Il n'y a pas de miracle, tout juste de l'ignorance…
Comme toujours c'est la rigueur de la sélection qui révèle l'esprit parfois caché du millésime. 2008 n'échappe pas à cette règle : le premier vin ne représente que 36 % de la récolte (cette proportion ne dépassera d'ailleurs pas 31 % au moment de la mise en bouteilles, une fois perdus pour lui les vins de lies que produisent les soutirages au long de l'élevage en barriques). Chaque cépage trouve harmonieusement sa place : nos meilleurs merlots, qui comptent pour 10 % de l'assemblage, apportent une puissance, un gras et une chair qu'ils n'avaient ni en 2007, ni en 2006. Les cabernets sauvignons, avec 87 %, en sont comme d'habitude le cœur : ce sont eux qui le font vivre, et qui nous font vibrer… N'oublions pas 1,5 % de cabernet franc et 1,5 % de petit verdot ; leur présence modeste n'est sûrement pas à la mesure de leur influence réelle.
Ce millésime 2008 est un très beau Château Margaux, doté d'un nez d'une grande finesse et d'une grande pureté, aussi profond et charmeur que 2004. C'est sa puissance en bouche qui surprend. On ne l'attendait pas si dense, si long, si riche. Quels beaux tanins ! Ils donnent au Château Margaux 2008 une texture très serrée ainsi qu'une grande longueur et finalement un caractère plus classique que nous l'avions pensé. À attendre idéalement encore quelques années. (Février 2025)
Climat
Après un hiver assez sec, le printemps a été humide et frais ; très frais même au début du mois d'avril : il a fallu déclencher – avec succès ! – notre système d'aspersion antigel le 7 avril à Virefougasse, notre parcelle de sauvignon blanc. Le mois de mai a été particulièrement humide, ce qui a créé des conditions très favorables au développement du mildiou à une période de grande sensibilité de la vigne ; pour la deuxième année de suite il a donc fallu être très vigilant dans la protection phytosanitaire. Nous avons néanmoins poursuivi nos efforts en vue de trouver une solution alternative aux traitements chimiques ; c'était une occasion à ne pas manquer ... La floraison est intervenue au tout début du mois de juin, exactement à la date normale. Elle a été en partie perturbée par de fortes pluies qui sont sans doute responsables de la coulure et du millerandage observés dans certaines parcelles de merlot. Comme il y avait de toute façon une « sortie » plus faible- c'est-à-dire moins de grappes - que l'année dernière on pouvait d'ores et déjà s'attendre à une récolte moins importante. Tout l'été a ensuite été frais avec des températures inférieures d'environ deux degrés à la moyenne pour les mois de juillet, août et septembre. Mais juillet a été très sec (à peine 10 mm de pluie) alors qu'il a plu régulièrement en août et jusqu'au 15 septembre. La fraîcheur et l'humidité ont bien sûr ralenti la véraison et la maturation, et miné petit à petit notre optimisme ... Et puis – encore un miracle diront certains – le temps a complètement changé à partir de mi-septembre : il a commencé à faire beau et sec, et ce beau temps ne nous a pratiquement pas lâché jusqu'à la fin des vendanges un mois plus tard ! (Début des vendanges le 3 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
2007

A trop parler de miracle, on oublie que la nature est juste capricieuse, surtout à Bordeaux… Mais c’est justement la succession de millésimes si différents et si imprévisibles qui donne à Bordeaux un peu de son charme, une part de son intérêt, et surtout à nos vins un génie à nul autre pareil. Qui aurait cru à la fin du mois d’août qu’ils pourraient atteindre un tel niveau de qualité ? Ah, ce fameux été indien dont nous rêvons toujours, qui nous fait parfois défaut mais qui soulève, quand il daigne apparaître, notre cœur d’un fol enthousiasme ! 2007 est un de ces millésimes où se sont succédé l’inquiétude – l’angoisse parfois –, l’espoir, l’enthousiasme, le doute et la sérénité. Mais notre réaction la plus constante a finalement été la sévérité, en particulier à l’assemblage avec seulement 32 % de la récolte qui a rejoint le premier vin (la sélection la plus rigoureuse jamais pratiquée à cette époque). Toutes nos grandes parcelles sont pourtant là, quelques-unes à leur meilleur niveau : les cabernets, bien sûr, si nobles, si racés, fins et denses à la fois. Avec 87 % de l’assemblage, ils dominent comme d’habitude la personnalité du Château Margaux 2007. Les merlots (11 %) y trouvent cette fois-ci mieux leur place, grâce à leur texture pleine, tendre et riche, en compagnie du cabernet franc (2 %) que les conditions du millésime ont apparemment bien servi. Finalement, seuls quelques cabernets tardifs et nos petits verdots n'ont pas rejoint l'assemblage, leur maturité ayant été trop difficile. Déjà si charmeur, il est difficile de lui résister même si la sagesse demanderait de l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
L'hiver particulièrement doux et sec a entraîné un débourrement précoce de la vigne, en avance d'au moins quinze jours par rapport à une année moyenne comme 2006. Puis le printemps a été, comme d'habitude, contrasté : mars doux et humide ; avril très chaud et très sec ; mai doux et très pluvieux ; juin à peu près normal, juste un peu plus humide que la moyenne. La floraison a donc été étalée, mais sans coulure significative. Tant de petits et de grands millésimes ont en fait commencé de la sorte...
À partir de fin juin s'est établi durablement un temps frais et relativement peu ensoleillé, caractérisé par des pluies fréquentes qui ont donné une impression générale « d'été pourri ». Ces conditions ont été très favorables au mildiou, heureusement bien mieux maîtrisé aujourd'hui qu'autrefois, ainsi qu'à la croissance des vignes qui n'ont cessé de pousser jusqu'à la fin du mois d'août. Nous commencions alors à nous inquiéter un peu, tout en sachant par expérience qu'un retournement de situation, quelques semaines avant les vendanges, n'est pas inhabituel...
L'heureuse surprise d'un fantastique mois de septembre, chaud et très sec n'aurait donc pas dû nous prendre au dépourvu : tant de bons et très bons millésimes, comme 2002 et 2004 tout récemment, ont connu un tel scénario ! Ce grand beau temps s'est même longuement poursuivi en octobre et a permis de vendanger très tard des parcelles enfin arrivées à maturité à l'issue d'un cycle végétatif d'une longueur record. (Vendanges le 27 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2006

Depuis quelques années, les grands et les très grands millésimes se succèdent, apportant certainement la preuve que – au moins jusqu’ici – les conditions climatiques sont devenues particulièrement favorables à la maturation des raisins de cabernet. Mais il ne faut pas oublier que ce succès est aussi le résultat d’une sélection de plus en plus rigoureuse : en 2006, à peine 36 % de la récolte est rentrée dans le premier vin, ce qui ne fera plus qu’un petit tiers au moment de la mise en bouteilles, après l’inexorable perte des vins de lie à chaque soutirage pendant son élevage en barrique.
Un seul petit lot de merlot, au demeurant remarquable, a finalement rejoint l’assemblage, mais il n’en représente que 4 %. C’est la première fois que nous en avons aussi peu. Le petit verdot (4 %) et le cabernet franc (2 %) tiennent leur rang ; ils apportent l’un et l’autre un supplément de complexité difficile à définir, mais sans doute indispensable à la personnalité des vins de Château Margaux.
Les cabernets sauvignons occupent donc presque toute la place : 90 % ! Ils donnent au 2006 une finesse aromatique hors du commun, une richesse tannique qui ne le cède qu’au 2005, et une texture particulièrement dense et serrée. La finale est très longue, vive et fraîche, un peu ferme mais déjà si savoureuse.
2006 est donc un grand millésime de Château Margaux. Bien sûr il n’est pas 2005, ni 2000 ; ceux-là sont exceptionnels… Mais il possède à la fois la grâce et la pureté de 1996, la fraîcheur si classique de 2004 et la puissance envoûtante de 1986 ou 1995. Un tel équilibre exprime avec éclat la noblesse du terroir de Château Margaux mais demande aussi un peu de patience. Nous recommandons de l'attendre encore quelques années même s'il procure déjà énormément de plaisir. (Février 2025)
Climat
Après un hiver plutôt froid, particulièrement au mois de février, mais heureusement plus humide qu'en 2005, le printemps a été tellement sec que nous avons presque commencé à craindre le manque d'eau. Mais ce serait oublier à quel point la vigne est adaptée à la sécheresse, et surtout que les grands terroirs savent si bien amortir de tels excès. Par contre la gelée du 11 avril a pris en défaut notre système de protection antigel de Virefougasse, la parcelle qui produit le Pavillon blanc, et sérieusement réduit son rendement potentiel...
La floraison s'est déroulée dans d'excellentes conditions, et laissait présager une vendange rouge de quantité moyenne à une date très proche des deux années précédentes.
L'été a ensuite été chaud, même caniculaire pendant la deuxième quinzaine de juillet, puis un peu plus frais en aout. Il a surtout été plutôt sec : il a moins plu en juillet/août que pendant la même période en 2003 ! Le mois de septembre a présenté les contrastes habituels : très chaud et sec pendant les dix premiers jours, puis doux et humide jusqu'au début des vendanges, suffisamment sec ensuite pour vendanger sans hâte. Ce scénario ressemble étrangement à celui de l'année 1996, qui a connu les mêmes pluies estivales, la même période très favorable à la fin du mois d'août, et exactement la même pluviométrie du premier septembre à la fin des vendanges... (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2005

2005 est un vrai pur et grand millésime de Château Margaux !
Il en a d'abord toute la noblesse : ce nez inimitable de finesse, de grâce et de profondeur qui n'appartient qu'à son terroir, et à quelques millésimes de rêve. Il en a aussi la force : sa concentration est exceptionnelle, supérieure à 2000 et même 2003 ! Elle s'exprime à première vue par une couleur d'une intensité inédite, et au palais par une densité et une longueur extraordinaires. Et pourtant ce n'est pas la puissance qui a le dernier mot, mais la volupté et l'harmonie. Les cabernets sauvignons (85 % de l'assemblage) sont bien sûr les grands responsables de cet équilibre, car ils sont arrivés à parfaite maturité sans que leur degré alcoolique dépasse 13. L'unique merlot qui les a rejoints (8 % de l'assemblage) est le seul à n'avoir pas atteint 14 degrés.
Bâti pour l'éternité, il s'est considérablement ouvert ces cinq dernières années même si, dans l'idéal, nous recommandons de l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
L'hiver plus frais que la moyenne a retardé le débourrement d'une semaine par rapport aux dates habituelles. Puis le printemps chaud et ensoleillé a favorisé une croissance régulière et permis une floraison rapide dès les premiers jours de juin, exactement aux mêmes dates que l'année dernière. Grâce aux excellentes conditions climatiques, la nouaison a été parfaitement réussie, mais la quantité de récolte paraissait d'ores et déjà inférieure à 2004, car il y avait nettement moins de grappes par pied.
Tout l'été a été beau, et surtout particulièrement sec : à peine 100 millimètres de pluie sont tombés entre le 1er mai et le début des vendanges ! Nous n'avions jamais vu chose pareille... Heureusement, il a fait chaud sans excès. On imagine à peine quelles auraient été les conséquences d'une telle sécheresse en 2003 ! Mais les grands terroirs - c'est en partie pour cette raison qu'ils sont des grands terroirs - ont une extraordinaire capacité à amortir les excès de la nature. Ils semblent réagir avec le même sens de la mesure et de l'équilibre qui caractérise les vins qu'ils produisent. (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2004

2004 est né dans des conditions proches de 1996 : même été incertain, même arrière-saison privilégiée, mêmes vendanges pluvieuses… Mais la pluie de la dernière heure ne modifie pas le corps du vin, ni n’affaiblit ses muscles. Elle enlève juste un peu de gras, ce qui affine d’ailleurs la silhouette. Château Margaux 2004 est donc un grand classique. Son nez est d’une grande finesse et surtout d’une très grande pureté. Dans cette combinaison subtile d’arômes floraux, fruités et épicés, tout est là mais rien ne domine. En bouche, la trame tannique est tendue, serrée, fine et tendre ; il se dégage de ce vin une impression d’équilibre, de précision, de pureté et de fraîcheur si caractéristiques des grands millésimes. Il en a en plus cette grâce aérienne qui n’appartient qu’aux plus grands Margaux. On peut dès à présent commencer à le boire, même si un très bel avenir lui est promis. (Octobre 2025)
Climat
Après un débourrement assez tardif, le printemps a été frais et plutôt sec. Puis les températures sont remontées vers la fin du mois de mai, tandis que commençait à s'installer une sécheresse précoce et durable. En conséquence, la floraison a été rapide et la nouaison parfaitement réussie, confirmant ainsi nos prévisions d'une récolte généreuse. L'été a été « normal », au sens où ne s'est manifesté aucun excès notable de chaleur, de fraîcheur, de pluie ou de sécheresse. A la fin du mois d'août, tout restait possible, y compris la perspective d'un grand millésime. Le mois de septembre, chaud et sec, a donc été décisif, comme il arrive si souvent à Bordeaux ; il a permis une maturation régulière et complète de tous les cépages. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
2003

Nous aurions pu nous attendre, en raison des conditions climatiques extrêmes de l'été, à un nez plutôt chaleureux, marqué par des arômes de fruits très mûrs, noirs, voire rôtis ; mais ce sont les fruits rouges, la fraîcheur, la pureté, qui sautent littéralement du verre. On retrouve même, comme en 1996 et 2000, une double note florale et légèrement épicée qui s'insère avec bonheur dans ce cocktail très complexe, où le bois neuf s'est d'ailleurs déjà totalement intégré, comme « digéré » par la matière du vin.
Et quelle matière ! Nous savions bien sûr que tous les vins étaient extrêmement concentrés. Il faut dire qu'à la chaleur de l'été s'est ajouté un très faible rendement. Pour autant, l'assemblage du 2003, renforcé par un excellent vin de presse, possède une densité qui n'a presque pas d'équivalent parmi les millésimes récents. Cette densité donne au vin non seulement puissance et force mais aussi profondeur et longueur, et surtout une texture tannique si serrée qu'elle en devient soyeuse.
On a beaucoup parlé, cette année, de l'acidité et de ses mystères. Il est vrai que rarement les raisins ont été vendangés avec une acidité aussi basse qu'en 2003 et pourtant nous nous retrouvons aujourd'hui avec une acidité totale exactement dans la moyenne des vingt derniers millésimes. Ce millésime aux conditions que l'on a crues extrêmes nous aura finalement offert un très grand classique ! Bien que voué à un superbe avenir, on peut commencer à en ouvrir les premières bouteilles, à condition de bien les décanter. (Février 2025)
Climat
2003 est un millésime très précoce marqué surtout par une exceptionnelle chaleur estivale. De telles conditions – que l'on a parfois qualifiées d'extrêmes – ont suscité beaucoup d'interrogations et parfois d'inquiétude, mais les plus grands terroirs ont remarquablement su tirer leur épingle du jeu en assurant au raisin une maturité parfaitement équilibrée.
Les vendanges ont commencé le 10 septembre, comme en 1989, qui était l'année la plus précoce depuis 1893.
Grand Vin du Château Margaux
2002

Le rendement des vignes de merlots a été fortement affecté, surtout dans les vieilles vignes, par les phénomènes de coulure et surtout de millerandage. On aurait pu penser qu’une production relativement faible leur permettrait de mûrir dans de meilleures conditions, mais le beau temps est arrivé trop tard pour les merlots dont la maturité était déjà jouée. Leur qualité a été globalement décevante.
Par contre, les cabernets et les petits verdots ont pleinement bénéficié de cet été indien qui caractérise tant de très bons, voire de grands millésimes à Bordeaux. Leur qualité était dans l’ensemble remarquable.
Logiquement, notre assemblage final comporte très peu de merlots, l'une des proportions les plus faibles de notre histoire. C’est donc un vin essentiellement de cabernet sauvignon, fin et pur, riche, serré et tendre. Peut-être lui manque-t-il une dimension de complexité et de profondeur pour être considéré comme un grand millésime ? Un très beau mois de septembre peut certainement rattraper l’essentiel mais ne peut pas totalement remplacer la maturité acquise lors d’un glorieux mois d’août. Aujourd’hui, le Château Margaux 2002 a acquis davantage de finesse, sans rien perdre de sa structure tannique serrée qui augure d’un excellent vieillissement. Nous recommandons de l'attendre idéalement encore quelques années même s'il procure déjà beaucoup de plaisir. (Octobre 2025)
Climat
Les conditions climatiques, assez défavorables au moment de la floraison, ont entraîné un millerandage très important dans les vieilles parcelles de merlots.
L'été a été frais et relativement humide, surtout le mois d'août. Mais à partir du mois de septembre, s'est heureusement installé jusqu'à la fin des vendanges un temps sec, chaud et ensoleillé. (Vendanges le 30 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2001

Le retard inhabituel des vendanges par rapport à la date prévue au moment de la floraison ne s’explique pas de manière simple. Peut-être les conditions climatiques ont-elles été particulièrement favorables à la croissance de la vigne et au détriment de la maturation des raisins. Grâce à un mois de septembre globalement clément, ils ont néanmoins pu atteindre en général un très bon niveau de maturité. Dans quelques parcelles cependant, des cabernets sauvignons n’ont pas pu mûrir parfaitement bien. Par contre, tous les petits verdots, pourtant plus tardifs, étaient remarquablement mûrs et encore meilleurs qu’en 2000.
Le Château Margaux 2001 confirme clairement son statut de très beau millésime. Il nous rappelle en fait le 1999, à la fois par sa grande finesse aromatique et sa texture tannique si tendre et harmonieuse. Peut-on trouver à redire du vif plaisir que l'on éprouve déjà à boire ces 2 vins ? Nous sommes convaincus que cette harmonie précoce, héritage d'une parfaite maturité du raisin, nous réserve de longues années de bonheur. On pourra donc boire 2001 assez tôt si l'on apprécie la fraîcheur et la pureté du fruit – et pourquoi s'en priver ? – ou dans 15 ou 20 ans, si l'on préfère attendre que se soit développée la finesse du bouquet du vieillissement. Seul l'équilibre ne changera pas. (Octobre 2025)
Climat
Après un hiver très pluvieux, la floraison a été rapide et homogène. Durant tout l'été, une alternance inhabituelle de périodes chaudes et fraîches, sèches et humides, a favorisé la croissance et ralenti la maturation des raisins. Nous avons vendangé avec huit jours de retard mais sous le beau temps. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
2000

Rarement, peut-être jamais (sauf en 2010), les vins, notamment de cabernets, ont-ils été aussi concentrés. Nous dépassions même dans certains cas les niveaux déjà historiques de 1986 et de 1995, avec une élégance et une douceur en bouche qui nous rappelaient aussi 1990 et 1996. En fait, il nous semblait que 2000 établissait une nouvelle référence de qualité jamais atteinte auparavant, au moins dans le style. Ces premières impressions n'ont fait que se confirmer depuis. Le vin a acquis une texture un peu plus serrée tout en gardant cette finale si douce, et surtout si longue, qu'elle semble ne jamais se terminer… La mise en bouteilles a eu lieu en novembre 2002, après plus de 2 ans d'élevage en barriques neuves. Un si long élevage est inhabituel mais pas vraiment rare : il accompagne la plupart des plus grands millésimes. Mettant à rude épreuve notre patience, mieux vaut encore attendre quelques années avant de l'ouvrir, à moins de le décanter plusieurs heures à l'avance. Un vin construit pour l'éternité. (Février 2025)
Climat
Les mois d'avril et mai, chauds et pluvieux, favorisent le développement précoce du mildiou, qui sera stoppé par les conditions très sèches de l'été. L'absence totale de pluie en août et début septembre a été très bénéfique à la maturation et à la concentration des raisins. Quelques pluies faibles au début des vendanges n'ont pas pu gâcher ce millésime de rêve. (Vendanges le 25 septembre).
Grand Vin du Château Margaux
1999

Le même scénario qu’en 1998 s’est pratiquement reproduit en 1999 : une période exceptionnelle de beau temps au mois d’août et début septembre amène les raisins à une maturité proche de la perfection ; puis de fortes pluies à la fin du mois de septembre (ce qui empêche les raisins d’atteindre, à quelques jours près, la maturité des grands millésimes, comme en 1998, ou provoque une légère dilution, comme c’est le cas en 1999). Dans les deux cas, les vins sont « presque » de grands millésimes ; on mesure bien l’importance cruciale d’une période de beau temps durant le mois d’août, tandis que des pluies, même fortes, au moment des vendanges ne sont pas rédhibitoires.
Le Château Margaux 1999 est caractérisé par sa très grande finesse, son intensité et sa complexité aromatiques. Le nez est à la fois d’une grande pureté et d’un grand classicisme. L’impression en bouche est d’abord de délicatesse, de souplesse puis de douceur, de gras et de densité avant de finir sur une très grande longueur qui témoigne de la réelle puissance du vin. Un Château Margaux extrêmement charmeur auquel il est très difficile de résister aujourd'hui mais qui n'a pas fini de nous surprendre. Une grande réussite. (Février 2025)
Climat
Après une floraison précoce, l'été a été chaud et ensoleillé, avec des passages pluvieux isolés: des conditions très favorables à la maturation des raisins, mais aussi au mildiou. Du 20 août au 10 septembre, le temps très sec a conduit la maturation et la concentration des raisins à un niveau exceptionnel; puis de fortes pluies sont arrivées jusqu'à fin septembre. (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1998

Nous sommes passés très proches d’un grand millésime, à quelques pluies près au tout début des vendanges… Dès le départ, les vins aussi bien de merlot que de cabernet étaient d’une concentration étonnante, qui rappelait les millésimes 1995 et 1986. Ils ont pu paraître dans un premier temps un peu fermes et austères, mais ont acquis beaucoup de rondeur et d’harmonie au cours de l’élevage en barriques.
Aujourd’hui, le Château Margaux 1998 présente des arômes d’une grande fraîcheur où dominent les fruits, notamment les fruits rouges, et persistent encore des notes vanillées et torréfiées qui se fondent petit à petit dans le vin. L’impression en bouche est d’une grande puissance avec des tanins frais, fermes mais gras, qui donnent à ce vin une dimension très classique.
1998 est incontestablement un vin de grande garde qu'il convient idéalement d'attendre encore quelques années. (Octobre 2025)
Climat
Les dates de débourrement, de floraison et de véraison correspondent exactement aux moyennes. Le fait marquant du millésime est la chaleur exceptionnelle et la sécheresse du mois d'août qui ont permis l'acquisition précoce d'un excellent niveau de concentration. Les pluies importantes de fin septembre sont survenues trop tard pour entraîner une dilution significative. (Vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1997

Les conditions globalement défavorables du mois d’août n’ont pas permis aux raisins d’atteindre la concentration des grands millésimes. Mais le temps exceptionnel du mois de septembre et des vendanges les a conduits à un excellent niveau de maturité.
Le Château Margaux 1997 se distingue par sa grande élégance et sa finesse aromatique, dignes des grands millésimes ; également par son harmonie et son équilibre en bouche, où les tanins sont bien fondus et presque déjà suaves. Il ne lui manque finalement qu’un peu plus de densité et de profondeur pour être un vrai grand millésime.
On peut le boire dès aujourd’hui, tellement il donne déjà de plaisir, mais rien ne presse, bien au contraire. Une vraie réussite dans ce millésime souvent jugé compliqué. (Octobre 2025)
Climat
Après un début d'année particulièrement sec et chaud et une floraison précoce mais très étalée, juillet a été sec et chaud, août pluvieux et très chaud, donc difficile sur le plan phytosanitaire. Heureusement, à partir du début du mois de septembre, s'est installé un temps très sec et chaud qui a duré jusqu'à la fin des vendanges. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1996

Cette année compliquée aura été très riche d’enseignements, car elle sort du schéma classique – sûrement trop simple – des grands millésimes. On peut entre autres se demander si les fortes pluies qui sont intervenues à la fin du mois de septembre n’ont pas été, contrairement à ce que l’on craignait, plutôt favorables à la maturation des cabernets sauvignons, comme cela avait d’ailleurs sûrement été le cas en 1995.
Quoi qu’il en soit, ce millésime aura finalement offert un vin dont le classicisme et la pureté feront date. Très rarement, en effet, les cabernets sauvignons ont-ils atteint une telle perfection de style et un tel équilibre. Encore plus rarement peut-être, un vin jeune, à peine assemblé, a-t-il été aussi impressionnant et émouvant à la fois, par la pureté de son fruit, la densité de sa texture et l’harmonie de ses formes… Un Margaux de rêve auquel il est très difficile de résister mais dont le potentiel de garde est immense. (Février 2025)
Climat
Après une floraison très rapide, l'été a été irrégulier, avec une alternance de périodes chaudes et fraîches et des précipitations orageuses, moins importantes dans le Médoc que sur la rive droite. A partir du 1er septembre s'est installé pendant trois semaines un temps frais et très sec ; puis il a plu et le beau temps est revenu pour vendanger les cabernets. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1995

1995 est un vrai grand millésime dont le vin porte toutes les marques : puissance, profondeur, richesse, complexité, subtilité et harmonie. Aujourd’hui le nez n’est pas vraiment fermé mais encore plein de retenue : tous les arômes sont bien là, mais un peu dans l’ombre. En bouche, c’est évidemment la puissance qui domine ; la trame tannique est dense, serrée et ferme (mais sans être dure pour autant). Il faudrait idéalement attendre encore quelques années avant de commencer à boire ce vin superbe dont l’équilibre est le garant d’une évolution harmonieuse. (Octobre 2025)
Climat
Après un hiver très clément, le débourrement et la floraison ont été précoces et homogènes. Tout l'été a été celui d'un très grand millésime: chaud et très sec. Les pluies assez importantes intervenues au milieu du mois de septembre ont sûrement été en partie bénéfiques à la maturation des raisins; puis le temps a été superbe pendant les vendanges. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1994

Peut-être en 1994 les cabernets sauvignons ont-ils manqué, malgré tout, de quelques jours de soleil supplémentaires. Ils ont donné des vins très concentrés, tanniques, avec une finale un peu dure.
Château Margaux 1994 est un vin dense et puissant, longtemps un peu austère. La structure tannique est serrée, mais plus fondue qu'on pouvait le supposer au moment de l'assemblage.
Aujourd'hui, le bouquet se développe bien, le charme commence doucement à se subsituer à la puissance et nous pouvons commencer à le boire. (Février 2025)
Climat
Un été particulièrement chaud et sec et des vendanges très précoces ont permis d'atteindre un remarquable niveau de concentration et de richesse. Les fortes pluies qui ont marqué les vendanges sont intervenues trop tard pour vraiment gêner la maturation des raisins. (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1993

Les mauvaises conditions des vendanges n'ont réussi qu'à atténuer une qualité qui s'annonçait superbe. D'une manière générale, c'est en effet « août qui fait le moût » ; c'est en tout cas à ce moment là que se détermine le potentiel de qualité.
Ce vin possède la finesse, la subtilité et le charme des très bons millésimes, ainsi que l'équilibre des proportions, mais il n'en a pas la densité, ni la profondeur. Il est très agréable à boire aujourd'hui mais rien de presse. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, les conditions climatiques ont été très favorables à la floraison, qui a été particulièrement rapide et homogène. Le mois de juillet a été sec mais frais ; le mois d'août très chaud et sec. Au 10 septembre, le potentiel qualitatif était remarquable. Malheureusement les vendanges ont été très pluvieuses. (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1992

Un très gros travail à la vigne a été nécessaire pour pallier les conditions climatiques assez défavorables. D'abord pour la protection du vignoble, puis pour éclaircir la récolte qui s'annonçait importante, et enfin dans la sélection au moment des vendanges qui a été particulièrement soignée.
On trouve beaucoup de distinction et de finesse dans ce vin aux proportions relativement modestes mais très harmonieuses. On aurait pu craindre dans ce millésime un niveau insuffisant de maturité des tanins, mais leur souplesse et leur rondeur attestent une fois encore le génie du terroir.
Château Margaux 1992 présente aujourd'hui beaucoup de charme et de finesse au nez. En bouche, il est tendre, fin et se termine sur une note très douce. Ce n'est peut-être pas un vin qui impressionne, mais il donne beaucoup de plaisir…
On peut commencer à le boire, sans se presser. (Février 2025)
Climat
Après un hiver très sec, le temps a été humide pendant la floraison, qui fut longue et hétérogène. L'été a été chaud mais le mois d'août fut particulièrement pluvieux, ce qui a rendu la protection phytosanitaire du vignoble plus difficile que d'habitude. Le beau temps ne s'est jamais vraiment établi par la suite. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1991

Le gel du 21 avril a frappé le vignoble de manière très hétérogène. Les merlots, situés en majorité sur les terres argilo-calcaires en partie basse de la propriété, ont été gelés à 100 %. Heureusement nos grands cabernets sauvignons sur les croupes de graves qui « regardent la rivière » ont été intégralement épargnés.
Presque jusqu'au moment des vendanges nous avons espéré que ces conditions finalement proches des millésimes 1945 et 1961 conduisent également à un très grand millésime, mais la pluie a modéré au dernier moment nos espoirs. C'est néanmoins une très belle réussite et un excellent vin. Lors des rares occasions où nous avons ouvert quelques bouteilles de cette toute petite récolte, nous avons été surpris tant par la concentration que par la douceur de ce vin. (Février 2025)
Climat
Le froid qui a suivi une gelée de printemps historique, le 21 avril, a retardé la croissance jusqu'à la fin du mois de mai. L'été chaud et sec a permis un rattrapage étonnant de la végétation, amenant cette faible récolte à une maturité excellente. Malheureusement de fortes pluies juste avant les vendanges ont limité une qualité qui s'annonçait remarquable. (Vendanges le 30 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1990

Les vendanges ont duré presque un mois car les cabernets ont mûri nettement plus tard que les merlots. Nous nous sommes même arrêtés 10 jours à la fin du mois de septembre pour permettre aux cabernets d'achever leur maturation. La chance nous a souri car il a fait un temps exceptionnel. 1990 est le troisième d'une série de très grands millésimes, avec 1988 et 1989. Au classicisme de 1988 succédaient l'opulence et la générosité de 1989. 1990 nous a tout de suite émus par son charme et sa très grande finesse. Il est surprenant de constater que deux millésimes aux conditions apparemment similaires, comme 1989 et 1990, aient donné des vins aussi différents ! Ainsi, quelques jours de forte chaleur, une pluie inopportune ou une sécheresse prolongée peuvent avoir une grande influence ! D'emblée les vins du millésime 1990, merlots, cabernets et petits verdots étaient exceptionnellement séduisants, riches et tendres avec un grain serré mais doux. Tous les éléments aromatiques et gustatifs apparaissent déjà merveilleusement fondus dans ce vin dont la parfaite harmonie dissimule une puissance comparable au 1989. On peut le boire maintenant, comme on pouvait d'ailleurs le boire peu de temps après sa mise en bouteille, comme on pourra selon toute vraisemblance le boire dans vingt ans, trente ans ou même plus… pour notre plus grand plaisir. (Février 2025)
Climat
Après un hiver clément, la floraison a été précoce mais assez longue et hétérogène. Comme en 1989, l'été a été tellement chaud et sec qu'à la fin du mois d'août les jeunes vignes souffraient vraiment de sécheresse. Les deux épisodes pluvieux de septembre ont été très bénéfiques à la maturation finale des raisins, qui ont été vendangés sous un très beau temps. (Vendanges le 17 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1989

Les vendanges ont été en 1989 les plus précoces depuis 1893, où elles avaient commencé le 17 août à Château Margaux. Merlots, cabernets, et petits verdots ont atteint un exceptionnel niveau de maturité qui rappelait le légendaire 1982 ; la richesse en sucre était même plus importante en 1989.
L’évolution du vin en bouteille a confirmé les grands espoirs qu’il avait immédiatement fait naître. Richesse, complexité et opulence pourraient être les mots clés pour décrire ce vin exceptionnel. On a l’impression qu’il est bon à boire depuis sa naissance ; c’est en fait la grande maturité des raisins qui a donné aux tanins cette suavité que le vin acquiert normalement après de longues années en bouteille. Une très grande bouteille, que l'on peut commencer à ouvrir sans se presser. (Février 2025)
Climat
1989 restera dans toutes les mémoires comme une année exceptionnellement précoce et facile sur le plan viticole. La floraison puis la véraison et la maturation se sont déroulées dans des conditions exemplaires, particulièrement chaudes et sèches. Enfin les vendanges n'ont pas connu un seul jour de pluie ; jusqu'au bout donc, 1989 a été une année de rêve. (Vendanges le 11 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1988

La robe très profonde, le nez riche et intense, ainsi que la magnifique structure en bouche rappellent le 1986. Ce sont les mêmes tanins puissants et bien mûrs, avec un peu moins de concentration, mais aussi moins d’austérité. D’ailleurs, contrairement à 1986, 1988 commence à bien s’ouvrir ; on peut donc le boire, sans urgence toutefois. (Février 2025)
Climat
Après un hiver très doux et un printemps humide, juin et début juillet ont été particulièrement pluvieux. Puis s'est installé à partir de mi-juillet jusqu'à la fin du mois de septembre, un temps chaud et très sec. Malgré quelques faibles pluies au début des vendanges, la récolte a été effectuée dans d'excellentes conditions. (Vendanges le 3 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1987

C'est dans des conditions plus difficiles que se révèlent les plus grands terroirs. Château Margaux 1987 est caractérisé par beaucoup de finesse et de complexité aromatique ; il manque certainement le gras et l'opulence d'un grand millésime mais on y trouve la distinction et la race d'un grand vin.
Il a maintenant atteint son apogée et il convient de le boire, sans précipitation toutefois. (Février 2025)
Climat
Le temps a été irrégulier tout au long de l'année; chaleur et sécheresse ne se sont jamais vraiment installées, sauf pendant une période de dix jours au mois de septembre, où il a fait une chaleur exceptionnelle. Les vendanges ont été relativement tardives et difficiles avec des pluies fréquentes. Heureusement il faisait froid et la pourriture n'a pas pu se développer. (Vendanges le 5 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1986

Un autre millésime exceptionnel à la suite de 1985. Mais autant 1985 était charmeur, autant 1986 était austère ; rarement un millésime (jusqu’au 2000, 2005 et 2010) a été d’emblée aussi puissant et concentré. Il faut remonter au légendaire 1961 pour retrouver avant lui une telle richesse et un tel équilibre.
1986 est un millésime étonnant, dont l’évolution très lente fait presque penser aux vins d’une génération précédente ; la structure tannique est très serrée, très dense, et ne s’adoucit qu’avec peine au fil du temps. Le bouquet commence aujourd’hui à s’ouvrir ; mais nous sentons bien qu’il ne montre encore qu’une petite partie de son énorme potentiel. En bouche il est ample et riche, encore un peu ferme et tannique. Faut-il déjà le boire ? Un grand millésime, mais qui semble appartenir à une autre époque plus ancienne. (Février 2025)
Climat
Le très beau temps de l'été a été à peine interrompu vers le 20 septembre par un bref passage pluvieux, qui a pu s'avérer plus bénéfique que nous le pensions. Immédiatement après, le beau temps revenait et ne nous a pas quitté pendant toutes les vendanges, conduisant les raisins à une superbe maturité. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1985

1985 est un millésime exceptionnel tant par la qualité que par la quantité ; il a toujours été très bon à boire, presque dès la fin de la fermentation. Le nez est toujours étonnamment fruité, fin et élégant, maintenant plus évolué et très complexe. En bouche, on est d’abord frappé par la délicatesse et le charme des tanins particulièrement ronds et soyeux, mais la longueur et la persistance témoignent aussi d’une grande concentration.
Aujourd’hui, 1985 est un de nos millésimes les plus agréables et il nous semble à son apogée, même s'il est probable qu'il nous surprenne encore dans les prochaines décennies. (Février 2025)
Climat
Après un début d'année assez frais et tardif, ce millésime a été marqué par des conditions de maturation et de récolte très favorables, notamment les mois de septembre et d'octobre exceptionnellement chauds et secs. Les feuilles de la vigne ont refusé de tomber jusque tard dans le mois de novembre... Cet « été indien » reste dans toutes les mémoires. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1984

Le pourcentage très faible de merlots dans l'assemblage et la maturité chèrement acquise des cabernets sauvignons, ont dès le départ donné à ce millésime une certaine austérité et une fermeté finale caractéristique. Heureusement, l'évolution en bouteilles a permis d'assouplir les tanins ; aujourd'hui l'impression en bouche est plus tendre et le nez remarquable. Une grande réussite pour le millésime et un vin aujourd'hui à son apogée. (Février 2025)
Climat
Le temps froid et pluvieux pendant la floraison a provoqué une coulure historique des merlots et des cabernets francs. L'été a été plutôt chaud et ensoleillé, mais de fortes pluies en septembre ont gêné la maturation des raisins. Heureusement, les vendanges se sont déroulées sous le soleil, ce qui a permis de récolter des raisins suffisamment mûrs dans ce millésime difficile. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1983

La réussite spectaculaire de l’appellation Margaux dans ce millésime reste en partie une énigme, ce qui illustre bien à quel point notre connaissance des facteurs de succès est encore limitée… Il semble que les pluies orageuses du mois d’août aient été moins abondantes dans la région de Margaux que dans les autres régions de Bordeaux.
Château Margaux 1983 est un très grand vin, que certains dégustateurs trouvent meilleur que le millésime 1982. Nous avons suivi depuis leur naissance cette paire de millésimes avec curiosité et gourmandise sans porter de jugement définitif sur leur qualité respective. Au fil du temps, l’un se goûtait meilleur que l’autre et puis l’inverse…
Aujourd’hui, le 1983 est certainement un des Margaux les plus classiques des quarante dernières années ; le bouquet s’est bien développé, il est devenu riche, complexe et mûr. L’impression en bouche reste de grande puissance, équilibrée par une remarquable fraîcheur. On commence cependant à déceler un peu de variabilité sur les bouteilles tandis que les magnums sont tous remarquables. (Février 2025)
Climat
Après un printemps très pluvieux, juin a été chaud et sec, créant ainsi d'excellentes conditions pour la floraison. L'été a été chaud et humide, presque tropical, donc difficile sur le plan phytosanitaire. A partir du 10 septembre, s'est installé jusqu'à la fin des vendanges un très beau temps ensoleillé qui a permis aux raisins d'atteindre un excellent niveau de maturité. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1982

Ce vin s'est considérablement ouvert ces 10 dernières années et, lorsque nous avons la chance de le comparer au 1983, il semble doucement commencer à prendre le dessus, même si tout est aussi une question de bouteille, et de goût... C'est un vin puissant, charnu et complexe. Le bouquet est exceptionnellement riche, complexe et dense. L’impression en bouche est caractérisée à la fois par beaucoup de puissance, de rondeur et de souplesse. Un tel équilibre est rare.
Sublime aujourd'hui, il est difficile d'y résister même si rien ne presse à le boire… (Février 2025)
Climat
D'un bout à l'autre de l'année, les conditions ont été très favorables à la vigne et à la maturation des raisins. Après une floraison précoce, l'été a été particulièrement chaud, surtout en juillet et dans la première quinzaine de septembre. Les raisins ont atteint une maturité exceptionnelle, caractérisée entre autre par une concentration en sucre record. (Vendanges le 20 septembre).
Grand Vin du Château Margaux
1981

Un très bon millésime, qui s'avère aujourd'hui peut-être supérieur aux 1978 et 1979. Le nez est caractérisé par beaucoup de finesse, de distinction, d'élégance et de classicisme. L'équilibre en bouche est impeccable, la finale est tendre, douce et longue. A boire maintenant, avant de prendre le risque que les tannins ne s'assèchent. (Février 2024)
Climat
Les quatre années précédentes avaient été marquées par des vendanges tardives; 1981 est un retour à une date classique. La floraison a été rapide et homogène, le mois d'août très chaud et sec; après quelques pluies en septembre, les conditions climatiques ont été très bonnes pendant toutes les vendanges qui ont commencé le 1er octobre.
Grand Vin du Château Margaux
1980

La réussite de Château Margaux a été unanimement saluée dans ce millésime. Nous avons eu la chance de vendanger très tard, après la pluie, et d’avoir d’excellentes conditions de vendanges. Toutefois, le 1980 n’est pas un grand millésime : le vin a toujours été souple, aromatique, fin et bien équilibré, mais manquait de puissance. Il a longtemps évolué au-delà de nos espérances mais commence désormais à se dessécher un peu. Il faut le boire rapidement. (Février 2024)
Climat
Le printemps désastreux, froid et pluvieux, a beaucoup retardé la floraison qui n'a eu lieu que fin juin. L'été a été irrégulier, mais heureusement soleil et chaleur étaient au rendez-vous en septembre. Après un début d'octobre pluvieux, s'est installé un temps sec et froid qui a permis de récolter très tardivement des raisins suffisamment mûrs et parfaitement sains. (Vendanges le 17 octobre).
Grand Vin du Château Margaux
1979

Beau millésime dont le style a souvent été comparé au 1978 ; il nous semblait que quand l'un s'ouvrait, l'autre se refermait et vice versa… Mais les tanins ont toujours été plus tendres et plus fondus que le 1978.
Il est aussi probablement de moins grande garde et nous conseillons de le boire désormais sans trop attendre. (Février 2025)
Climat
Les conditions climatiques ont été proches de celles du millésime 1978 : printemps humide, été chaud en juillet et frais en août ; très belle arrière-saison. Encore une fois, les raisins ont pu atteindre in extremis un très bon niveau de maturité. (Vendanges le 4 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1978

Un vin concentré et riche ; le bouquet est mûr, complexe, avec une petite note de menthe. La puissante structure tannique donne encore de la fermeté en fin de bouche et une pointe d’amertume. Nous pensons que ce vin garde un potentiel d'amélioration, mais peut-être finira-t-il aussi par sécher un peu. (Octobre 2018)
Climat
Le temps perdu pendant le printemps particulièrement frais et humide n'a pas pu être rattrapé pendant l'été, mais une exceptionnelle arrière-saison a permis de vendanger très tard des raisins parfaitement sains et suffisamment mûrs. (Vendanges le 9 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1977

Ce millésime, à la réputation médiocre, a donné à Château Margaux un vin surprenant de finesse et de concentration. Ce succès est sans doute lié en partie au très faible rendement du vignoble, mais aussi, et surtout, à l'intervention conjointe d'André Mentzelopoulos, qui a pris les rênes de la propriété au mois de juillet, et de l'oenologue Emile Peynaud qu'il a appelé dès son arrivée pour apporter ses précieux conseils au moment des vinifications et des assemblages.
La couleur est étonnante, encore très sombre pour le millésime. Le bouquet est bien évolué, fin, complexe, modérément riche. La bouche est assez suave, pas très puissante et se termine sur une petite note de fermeté. A boire maintenant ; le vin ne s'améliorera plus mais peut encore se garder pendant quelques années. (Février 2025)
Climat
Une forte gelée à Pâques a réduit la récolte, qui était déjà faible. Les mois d'été ont été frais et humides ; heureusement en septembre et octobre le temps s'est bien amélioré, ce qui a permis de récolter tardivement, mais dans de bonnes conditions des raisins assez mûrs. (Vendanges le 10 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1976

1976 reste dans toutes les mémoires comme « l'année de la sécheresse ». Ce millésime aurait pu être exceptionnel, mais la fin pluvieuse de l'été a d'abord dilué les raisins puis contraint à vendanger rapidement à cause de la pourriture.
Aujourd'hui, 1976 est un vin souple, presque suave, au nez fin, distingué et très mûr. Il lui manque de la complexité et un peu de puissance et d'acidité pour être un vrai grand vin mais qu'il est agréable à boire et unique dans son style. On se rappellera avec émotion que Château Margaux, qui appartenait à la famille Ginestet, était alors à vendre et n'avait pas encore trouvé d'acquéreur.
1976 est à boire maintenant. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, les conditions climatiques ont été particulièrement chaudes et sèches durant le printemps et le début de l'été. Août a été très chaud mais ponctué d'orages forts. Septembre a tout d'abord été très beau puis pluvieux pendant une partie des vendanges. (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1975

Ce millésime, qui a été immédiatement salué à Bordeaux comme une grande réussite, a eu une évolution très lente en bouteille, en particulier pour les vins à base de cabernet sauvignon, dont c'est le cas à Château Margaux. On s'est demandé depuis si les cabernets avaient été récoltés à pleine maturité, dans la mesure où les tanins sont restés très fermes, voire durs, pendant de si longues années. Il est vraisemblable qu'aujourd'hui, un tel millésime produirait un vin différent, certainement aussi concentré, mais plus accessible. 1975 arrivait après trois années particulièrement difficiles (1972, 1973, 1974). Peut-être a-t-on aussi, avec un légitime enthousiasme, surestimé le potentiel du millésime ?
Château Margaux 1975 n'est pas une très grande réussite. La propriété à ce moment-là, qui appartenait à la famille Ginestet, était sur le point d'être vendue et ne bénéficiait sûrement pas des mêmes soins que dans les années soixante.
Aujourd'hui cependant, les tanins se sont fondus, l'acidité est devenue fraicheur et certaines bouteilles nous surprennent par leur complexité et leur finesse. (Février 2025)
Climat
Après un été chaud et sec, le mois de septembre a été incertain, mais le beau temps est revenu pour les vendanges. D'un bout à l'autre de l'année, les conditions climatiques ont en fait été très favorables. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1974

Un autre millésime difficile après 1972 et 1973, aussi bien pour la qualité des vins que pour les conditions de leur commercialisation, hélas encore fortement pénalisé par les conséquences du choc pétrolier.
Lors de sa dégustation en juin 2024, ce vin nous a cependant agréablement surpris. Certes, il est plutôt léger et assez végétal mais ce demi siècle en bouteille lui a permis de développer un parfum floral et complexe tandis que ces tanins un peu verts se sont fondus, apportant une jolie complexité. Les magnums, notamment, sont surprenants de jeunesse. (Juin 2024)
Climat
Après un été correct, le mois de septembre a été pluvieux et froid et n'a pas permis aux raisins d'atteindre un bon niveau de maturité. (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1973

Le Château Margaux 1973 séduit par sa finesse, sa délicatesse et son bouquet aromatique, tout en subtilité. Certes léger, il est agréable à boire mais mieux vaudrait ne plus trop attendre toutefois. (Mai 2024)
Climat
Après un mois de juillet pluvieux, le mois d'août a été très chaud (le plus chaud depuis 1949), puis septembre de nouveau très pluvieux. La récolte, abondante en quantité, a donc été en partie diluée et n'a jamais pu achever correctement sa maturation. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1972

1972 est une année médiocre, marquée par la verdeur de raisins manquant de maturité. Nous pensions que ce vin serait à boire assez rapidement mais une bouteille ouverte à l'aveugle en 2017 nous a époustouflés. Le nez était superbe, très complexe, non sans rappeler certains beaux bourgognes non éraflés. L'acidité était marquée mais allongeait le vin. Impressionant pour le millésime ! (2017)
Climat
Une année exceptionnellement froide et tardive, en particulier le mois de septembre, qui n'a jamais permis aux raisins de mûrir correctement. (Vendanges le 10 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1971

Récemment dégusté, ce vin nous a conquis par sa finesse, sa complexité aromatique et sa douceur. Quelle émotion! (Septembre 2025)
Climat
1971 a été marqué par une coulure très importante des merlots. Les mois de juillet et août ont été très chauds et secs, mais le mois de septembre a été pluvieux, ce qui n'a pas empêché cette petite récolte d'arriver à bonne maturité. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1970

On a peine à imaginer aujourd'hui l'enthousiasme suscité par ce millésime dont l'abondance et la générosité apparaissaient d'autant plus remarquables que les deux millésimes précédents (1968 et 1969) avaient été vraiment exécrables.
La plupart des vins produits dans le Médoc sont longtemps restés fermés et assez durs ; comme pour le millésime 1975, on peut se demander si les cabernets sauvignons ont été récoltés suffisamment mûrs.
Dans beaucoup de crus, même dans les plus grands, l'équipement des cuviers, en particulier le nombre de cuves, n'était pas adapté à une récolte aussi importante. Les conditions de la vinification n'ont donc pas toujours été idéales ; c'est le cas à Château Margaux, où le 1970 témoigne bien de la qualité du millésime mais manque un peu de concentration et de chair. Le nez est complexe, bien évolué, profond, assez harmonieux ; l'impression en bouche est fine, agréable, mais un peu courte et sèche en finale. Nous pensons que ce vin est à boire maintenant, mais indubitablement il a un bon potentiel de conservation voire même d'amélioration puisqu'il tend à s'ouvrir et s'épanouir dans le verre. (Juillet 2025)
Climat
Cette récolte très importante en volume a bénéficié d'excellentes conditions climatiques tout au long de l'été et jusqu'à la fin des vendanges. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1969

Les raisins ont été vraiment lessivés par les fortes pluies presque continuelles du mois de septembre. Bien entendu, ils n'ont pas pu parvenir à un niveau de maturité correct.
1969 est un petit vin médiocre, déjà tombé dans les oubliettes de l'histoire. Il aurait fallu le boire plus tôt... (Mars 2024)
Climat
Après un début d'année normal, juillet et août ont été chauds et secs, donc favorables, mais le mois de septembre a été extrêmement pluvieux et a ruiné toutes les espérances conçues pour ce millésime. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1968

1968 est le prototype même du mauvais millésime, dont on se demande, quelquefois avec inquiétude, s'il pourrait se reproduire aujourd'hui…
Dès le départ, les vins étaient courts, légers, simples, sans beaucoup d'intérêt. Avec le temps, une certaine finesse a vu le jour : c'est le privilège des grands terroirs, dont la qualité arrive malgré tout à percer dans de telles conditions.
Aujourd'hui, 1968 est un vin fatigué, qu'il aurait fallu boire depuis longtemps. (Mars 2024)
Climat
Le début de l'année a été normal, mais les mois d'août et septembre ont malheureusement été extrêmement pluvieux. Il a fallu vendanger dans l'urgence des raisins déjà altérés et pas encore mûrs. (Vendanges le 30 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1967

1967 est un très joli millésime de Château Margaux, bien représentatif à la fois du génie du terroir et d'une époque où primait la recherche de l'équilibre et de la finesse.
Aujourd'hui, ce vin présente un nez particulièrement fin et distingué, très mûr, très racé, tellement agréable ! En bouche, c'est la suavité qui domine ; on oublie les tanins pour ne penser qu'au plaisir de boire. Une très belle bouteille à boire maintenant. (Février 2025)
Climat
Une année plutôt sèche, sans problème particulier. (Vendanges le 27 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1966

Vin riche, à la très belle texture tannique qui a maintenant évolué avec beaucoup de finesse et de douceur en bouche (bien que légèrement marqué par les tanins en finale). S'il n'a pas le charme du 1962, il n'en est pas moins excellent et demeure l'un des trois meilleurs millésimes de sa décennie. (Février 2025)
Climat
Après un début d'année pluvieux, août et surtout septembre ont été chauds et secs ; septembre en particulier fut exceptionnellement chaud, ce qui a permis aux raisins de mûrir dans d'excellentes conditions. (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1965
1965 est l'unique exemple d'une année où ne fut pas produit de Château Margaux. Les vins de qualité très médiocre furent assemblés avec des lots provenant d'autres millésimes, ce qui donna lieu à une production de : « Château Margaux non millésimé ». Cette décision peut paraître aujourd'hui incongrue, mais il faut sans doute la replacer dans le contexte très difficile de cette époque.
Climat
Après un début d'année à peu près normal, le mois d'août a été presque favorable, mais le mois de septembre fut catastrophique, marqué par des pluies continuelles. Les raisins se sont altérés rapidement et n'ont pas pu être vendangés correctement. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1964

L'année 1964 a beaucoup marqué les esprits : ceux qui avaient fini de vendanger avant l'arrivée de la pluie ont pendant longtemps été confortés dans leur habitude de vendanger tôt ; ceux qui ont vendangé après se sont bien jurés qu'on ne les reprendrait plus… Cette grande peur a poussé beaucoup de viticulteurs à précipiter pendant des années le début des vendanges, ce qui explique peut-être pourquoi certains millésimes comme 1970 et 1975, vendangés avec hâte, ont un peu déçu.
A Château Margaux, cette année-là, on s'est précipité avec lenteur… A peu près la moitié de la récolte a été récoltée vendangée avant la pluie, l'autre moitié, malheureusement, sous la pluie et dans la douleur. Le Château Margaux 1964 porte la trace de cette double paternité : c'est un très bon vin, mais qui aurait pu être beaucoup plus grand.
Aujourd'hui, il se présente avec un bouquet fin, complexe et profond. Assez long en bouche, il manque un peu de densité et de chair, mais finit avec beaucoup de fraicheur et d'élégance. A boire maintenant. (Février 2025)
Climat
Après une floraison précoce, l'été a été très favorable, chaud et sec ; le mois de septembre a même été particulièrement chaud, ce qui a permis aux raisins d'atteindre un excellent niveau de maturité. Mais à partir du 5 octobre, il n'a plus cessé de pleuvoir pendant trois semaines... (Vendanges le 21 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1963

Etant donné son âge et les conditions très difficiles du millésime, nous nous attendions au pire lorsque nous avons eu l’occasion d’en ouvrir deux bouteilles en mai 2019.
Ce n’est bien évidemment pas un vin exceptionnel mais il n’en reste pas moins relativement plaisant. Bien que sa robe soit trouble, son nez présente une certaine fraîcheur, précédant une bouche plutôt acide et légère mais pourtant équilibrée par des tanins très doux. (Mai 2019)
Climat
Un année froide et pluvieuse, où les raisins n'ont jamais pu atteindre ni une bonne maturité, ni une concentration suffisante. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1962

Ce millésime est un exemple, rare à cette époque, d'une année tardive réussie. Malheureusement, la qualité exceptionnelle de 1961 a fait un peu oublier ce très beau vin.
Château Margaux 1962 est, avec 1961 et 1966, l'un des meilleurs millésimes des années 60, marquées par tant de petites années. D'une couleur légère, merveilleusement parfumé, c'est un vin bien équilibré, riche, mûr et très agréable à boire aujourd'hui. Les magnums, en particulier, sont remarquables. (Février 2025)
Climat
1962 est une année tardive mais qui a bénéficié d'excellentes conditions de maturation des raisins. (Vendanges le 3 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1961

On a parfois dit que 1961 était le plus grand millésime depuis 1900. La mémoire est toujours un peu infidèle, mais il est certain que ce millésime présente des qualités tout à fait extraordinaires, que l'on ne devait en tout cas retrouver par la suite qu'en 1982. 1961 a non seulement bénéficié de conditions climatiques remarquables, mais aussi des premiers acquis de ce que l'on a appelé « l'oenologie moderne », sous l'impulsion du professeur Jean Ribereau-Gayon et du Docteur Emile Peynaud.
Château Margaux 1961 est un vin somptueux à la fois tendre, harmonieux, riche, très dense et plein de fraîcheur. Son bouquet est unique : à l'odeur de sous-bois si caractéristique des grands vins de cet âge se superposent des fragrances fruitées, florales indescriptibles… Sentir ce vin est un moment de bonheur inoubliable, une émotion pure ! Les sensations qu'il offre en bouche répondent harmonieusement à ce festival aromatique : sa densité tannique s'impose avec suavité et délicatesse ; la finale est une caresse forte et tendre à la fois. Un vin vraiment merveilleux.
Aujourd'hui, le 1961 n'a rien perdu de sa fraîcheur, même si les magnums commencent à montrer une régularité supérieure aux bouteilles. Bien sûr, on peut le boire, mais il est bâti pour l'éternité… (Février 2025)
Climat
Une forte gelée printanière et une exceptionnelle coulure due à une courte période de froid intense à la fin du mois de mai réduisirent drastiquement la récolte. Puis les conditions exceptionnelles de l'été, particulièrement sec et chaud, ont permis à cette petite récolte d'atteindre une maturité et une concentration vraiment extraordinaires. (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1960

Pauvre 1960, coincé entre 1959 et 1961 ! Il était étonnamment fin, mais si léger… à tel point que nous ne pensions pas qu'il survivrait à l'épreuve du temps. Dégusté en mars 2017, il manquait certes de concentration et de puissance mais il s'est révélé élégant et agréable. Une belle surprise. (Mars 2017)
Climat
Après un début d'année précoce, l'été a été froid et pluvieux, à peu près jusqu'à la fin des vendanges... (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1959

Avant même le début des vendanges, ce millésime a été salué comme « millésime du siècle ». Il est vrai que partout en France l’été avait été exceptionnellement chaud et sec. D’ailleurs, non seulement Bordeaux mais aussi la Bourgogne et la Champagne ont connu un très grand succès. La très grande chaleur qui a régné pendant les vendanges a rendu les vinifications difficiles, et parfois périlleuses, car peu de chais étaient à l’époque équipés pour refroidir les moûts en fermentation. On a parfois dit que 1959 était le dernier grand millésime d’une époque révolue, 1961 pouvant être cité comme le premier millésime « moderne ».
Château Margaux 1959 est un très grand vin, au bouquet puissant, complexe, très fin et élégant ; mais un peu moins profond et riche que 1961. En bouche, c’est un vin très concentré et puissant. Une très grande bouteille sans aucun doute, qu’il convient de boire sans plus attendre. Les magnums offrent aujourd’hui plus de fraîcheur ; ils peuvent encore être gardés quelques années. (Février 2025)
Climat
Un été exceptionnel a conduit les raisins à un état de maturité remarquable. Il a plu un peu avant les vendanges puis la chaleur est revenue, encore plus intense. (Vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1958

Comme toujours, août fait – ou défait – le moût. Malgré le très beau mois de septembre, jamais les raisins n'ont pu acquérir une concentration suffisante après avoir souffert pendant le mois d'août.
Château Margaux 1958 est un vin fin, léger, qui a toujours manqué de corps mais avait néanmoins du charme. Aujourd'hui un peu fané, il aurait déjà dû être bu. (Février 2025)
Climat
Une année tardive marquée par un mois d'août très pluvieux et un mois de septembre beau et chaud. Les vendanges se sont déroulées sous le beau temps. (Vendanges le 6 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1957

1957 était dur et très tannique dans ses premières années mais il impressionne aujourd'hui par sa robe foncée, sa structure imposante et sa jeunesse déconcertante. On a presque envie de l'attendre encore quelques années afin que les tanins légèrement sévères en fin de bouche s'adoucissent encore un peu... (Février 2025)
Climat
Le début de l'année a été difficile, marqué par quelques gelées de printemps. Puis le temps a été correct, mais frais, jusqu'aux vendanges. Il a fait une chaleur record en octobre, ce qui a sauvé cette récolte tardive. (Vendanges le 4 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1956

1956 fut certes une année très compliquée mais n'est-ce pas sur ce type de millésime que les plus grands terroirs révèlent toute leur magie ? Certes léger, son élégance et sa délicatesse nous ont conquis la dernière fois que nous l'avons dégusté, en 2006, pour célébrer les 50 ans de Paul Pontallier, Directeur Général de Château Margaux de 1989 à 2015. (2006)
Climat
L'hiver historiquement rigoureux (il a fait - 20°C à Bordeaux ; la Garonne charriait des glaçons...) a été fatal à de nombreuses parcelles de vignes à Bordeaux, mais pas à Margaux, où les vignes ont peu souffert. Mais elles ont poussé avec beaucoup de retard et l'été froid et pluvieux a scellé le sort funeste de ce millésime. On ne retrouvera un hiver aussi terrible qu'en 1985, où les températures ont été presque aussi basses, mais au début du mois de janvier et non au mois de février comme en 1956 ; les conséquences sur la végétation ont donc été plus dramatiques en 1956. (Vendanges le 8 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1955

1955 a réuni la plupart des paramètres qui permettent d'élaborer un grand millésime, en particulier un mois d'août chaud et sec et d'excellentes conditions de vendanges.
Château Margaux 1955 est une réussite : d'une robe légère, c'est un vin plein de charme et de fraîcheur, de délicatesse et de suavité. Le bouquet est superbe, la bouche est parfaitement harmonieuse ; elle manque peut-être un peu de densité pour qu'on puisse parler de vrai grand millésime. C'est un vin parfait à boire aujourd'hui, mais dont l'évolution en bouteille, et surtout en magnum, peut encore surprendre. (Février 2025)
Climat
Après un début d'été pluvieux, en juin et juillet, les mois d'août et septembre ont été secs et chauds. Le beau temps s'est poursuivi pendant toutes les vendanges. (début le 22 septembre).
Grand Vin du Château Margaux
1954

Un vin médiocre que l'on a très rarement l'occasion de trouver et de goûter. Malgré tout, on est toujours surpris, même dans ce type de millésime, par la finesse si caractéristique du bouquet. Nous ne gagnerons pour autant rien à garder ce vin plus longtemps. (Septembre 2024)
Climat
Une année particulièrement froide et pluvieuse où les raisins n'ont jamais réussi à acquérir une bonne maturité. (Vendanges le 12 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1953

1953 est un des plus grands millésimes de Château Margaux ; il exprime en tout cas d'une manière particulièrement achevée le génie de son terroir. On y trouve en effet à la fois un niveau incomparable de finesse et de subtilité et une richesse qui lui permet encore aujourd'hui de rester étonnamment frais.
Le bouquet de ce vin tend vers la perfection. Au nez de sous-bois se mêlent des arômes de fleurs, de fruits rouges et de cuir ; l'ensemble est d'une extraordinaire et émouvante délicatesse. En bouche, on sent une puissance mesurée, contenue, qui a évolué au cours du temps, en donnant une forme suprême de suavité et de douceur. (Février 2025)
Climat
Le mois d'août fantastique, vraiment très chaud et sec, a décidé du sort privilégié de ce millésime. Septembre a été normal et il a plu un peu pendant les vendanges, mais c'était trop tard pour affecter la qualité de raisins déjà mûrs et concentrés. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1952

Château Margaux 1952 a gardé une fraîcheur étonnante. Son bouquet est très net, très fin, avec une touche d'austérité. En bouche, il donne une impression d'abord soyeuse et tendre puis se termine sur des tanins un peu fermes. C'est encore une très belle bouteille qu'il vaut mieux cependant ne plus trop attendre avant de boire. (Février 2025)
Climat
Tout semblait annoncer une année exceptionnelle car les mois de juin, juillet et août ont été chauds et secs. Malheureusement, septembre a été froid et très pluvieux et a empêché les raisins d'atteindre une excellente maturité. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1951

Ce vin a pratiquement disparu aussi bien des caves que de la mémoire des dégustateurs… Il nous a toujours semblé léger, sans beaucoup de corps. Dégusté en octobre 2011, il nous a cependant très agréablement surpris. C'était un vin tout en élégance et délicatesse, d'une complexité remarquable. Le temps avait enfin révélé la finesse du terroir ! (Octobre 2011)
Climat
Année froide et pluvieuse. (Début des vendanges le 1er octobre.)
Grand Vin du Château Margaux
1950

Château Margaux 1950 est un vin étonnant, qui possède une grâce presque unique. Son bouquet est d'une finesse qui rappelle le 1953 sans avoir tout à fait la même complexité. L'impression en bouche est d'une délicatesse, d'une suavité, et d'une harmonie extraordinaires. 1950 n'a ni la longueur, ni la corpulence d'un grand millésime, mais c'est un Margaux de rêve, un vin d'émotions plus que de sensations. On reste étonné devant la fraîcheur comme miraculeusement préservée de ce vin si tendre qu'on le croirait fragile. De tels vins nous apportent la preuve que ce n'est pas forcément la corpulence qui est source de force.
Il ne devrait pas s'améliorer dans les années à venir, et nous croyons qu'il vaut mieux le boire maintenant afin de ne pas manquer cette rencontre magique. (Octobre 2024)
Climat
Très bonnes conditions climatiques tout au long de l'année, malgré un peu de pluie au mois de septembre. (Vendanges le 18 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1949

1949 est un des millésimes les plus concentrés de Château Margaux ; on ne retrouvera de nouveau une telle puissance tannique qu'en 1961. Sa couleur est étonnante, dense, très profonde, encore jeune. Le nez est riche, net, mais n'a pas la même finesse que d'autres grands millésimes plus classiques comme 1953, 1955, 1959. En bouche, c'est vraiment la puissance qui prédomine ; on sent à quel point les tanins sont concentrés et ils donnent encore au vin une fermeté, voire une astringence surprenante pour un vin de cet âge. La finale manque un peu de suavité, mais l'ensemble est remarquable.
On hésite à conseiller de le boire ou de le garder… Nous pensons que ce vin garde un potentiel d'amélioration, mais peut-être finira-t-il aussi par sécher un peu. Allons, peut-être vaut-il mieux le boire ! (Février 2025)
Climat
Une année sèche et surtout très chaude, particulièrement en juillet et août. Elle reste dans toutes les mémoires comme l'année des grands incendies dans les Landes qui ont fait plusieurs dizaines de morts. (Vendanges le 28 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1948

Le vin n'a pas laissé beaucoup plus de traces que les conditions dans lesquelles il est né.
Une bouteille dégustée en mars 2018 s'est néanmoins révélée excellente. Malgré une robe trouble, le nez était mûr et très complexe. Sa bouche était très agréable et l'acidité du vin, probablement dérangeante dans sa jeunesse, lui apportait désormais une belle fraîcheur et allongeait remarquablement sa finale. Il déclinait cependant rapidement dans le verre et il convient donc de ne pas le décanter, ou alors au tout dernier moment. (Mars 2018)
Climat
1948 est une année « moyenne », sans relief particulier. Peut-être a-t-elle surtout le grand inconvénient d'être coincée entre deux grands millésimes, 1947 et 1949 ; elle n'a donc pas laissé de souvenir très précis dans la mémoire des professionnels. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1947

Château Margaux 1947 est un très grand vin, particulièrement puissant et encore très frais. Le bouquet est intense, chaleureux, marqué par des fruits très mûrs. En bouche, c'est la puissance tannique qui domine ; elle laisse une impression un peu sèche, assez typique des vins de cette génération.
Ce type de vin est bâti pour le long terme. On peut le boire, bien sûr, mais il se conservera sans problème pendant encore de nombreuses années. (Février 2025)
Climat
1947 est une des années les plus chaudes du siècle; elle fait partie d'une série d'années très chaudes avec 1945, 1946 et 1949. La terre se réchauffait-elle déjà ? (Vendanges le 16 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1946

Château Margaux 1946 a toujours été un vin médiocre. A près de 80 ans, il commence enfin à gagner en complexité, avec un nez agréable mais conserve toujours une très vive acidité. Va-t-elle s'adoucir un jour ? (Février 2025)
Climat
Malgré quelques journées très chaudes en été, les conditions de maturation ont été assez mauvaises et les raisins ont mal mûri. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1945

1945 est une année mythique ! D'une manière symbolique, un grand millésime venait saluer la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Château Margaux 1945 est un vin très puissant, concentré, mûr, avec un bouquet fin et complexe (plus élégant que 1947 et 1949, qui paraissent plus marqués par l'extrême chaleur de l'été). Ce vin possède tous les attributs d'un très grand millésime de sa génération. La fraîcheur tannique reste présente en bouche et lui permettra vraisemblablement de vieillir encore pendant de nombreuses années. Longtemps resté très jeune, il nous semble désormais à son apogée. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, une terrible gelée, le 2 mai, a beaucoup réduit la récolte. Par la suite, le temps a été extrêmement favorable depuis le début de l'été jusqu'à la fin des vendanges. (Vendanges le 12 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1944

1944 est maintenant un vin oublié. Il était plutôt fin, élégant et charmeur mais s'est fané avec le temps et aurait dû être bu il y a déjà quelques temps. (Septembre 2024)
Climat
Les conditions climatiques de cette année n'ont pas beaucoup marqué les esprits, sans doute préoccupés par d'autres événements... Il semble qu'elles aient été à peu près normales, sans excès particulier. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1943
Ce millésime est une très grande réussite. C'est le meilleur vin produit à Château Margaux, et à Bordeaux en général, depuis 1934. On pense avec une grande émotion aux conditions particulièrement difficiles qui régnaient à cette époque en raison de la guerre : manque de personnel, manque de chevaux, pénurie de produits de traitement et de matière première etc. La réussite de ce millésime le rend encore plus émouvant.
Le Château Margaux 1943 est très bon à boire aujourd'hui. Son bouquet est très fin, très élégant, plus proche des grands millésimes des années cinquante, comme 1953, que des autres grands vins produits dans les années quarante. En bouche, il est tendre et harmonieux et se termine sur une note suave et douce. Ce vin délicieux à boire peut encore être conservé pendant quelques années. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, la floraison a été rapide et achevée dès la fin du mois de mai. Puis l'été a été chaud et sec. Dans l'ensemble, les conditions ont été excellentes. (Vendanges le 16 septembre)
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1942

Un vin longtemps oublié, qui était plutôt tannique et acide dans sa jeunesse mais qui nous a époustouflés lorsque nous l'avons dégusté en 2011. Le nez était remarquable, complexe et riche ; en bouche, le vin était puissant, gras, opulent et se terminait sur une finale tout en douceur. Excellent ! (2011)
Climat
Une année humide et difficile, qui n'a pas laissé beaucoup de traces.
Grand Vin du Château Margaux
1941

Un vin complètement oublié. On se souviendra juste avec émotion à quel point les conditions de production étaient difficiles à cette époque-là, en raison de la guerre et du manque de matériel. (Février 2024)
Climat
Année froide et humide. Les vendanges ont été tardives.
Grand Vin du Château Margaux
1940

Pouvait-on vraiment, avec l'invasion allemande, penser aux raisins durant l'été 1940 ?
Ce vin est tombé dans les oubliettes de l'histoire sans laisser vraiment d'autres souvenirs que celui d'une défaite… (Février 2024)
Climat
Peu de souvenirs viticoles subsistent de cette terrible année. Il ne semble pas que les conditions naturelles aient été vraiment défavorables, mais la folie des hommes s'est déchaînée pour en faire une année très difficile.
Grand Vin du Château Margaux
1939

Les vins de 1939 étaient en général fins et très légers. Château Margaux 1939 présente aujourd'hui une couleur très évoluée, mais le nez reste fin et étonnamment frais. En bouche, l'impression est plutôt légère, mais pas désagréable. Un vin assez étonnant que l'on peut boire avec plaisir si l'on tombe sur une bonne bouteille… (Février 2024)
Climat
Une année tardive et très abondante, dont l'été a été surtout marqué par les événements internationaux qui devaient déboucher sur le second conflit mondial.
Grand Vin du Château Margaux
1938

1938 a produit des vins légers mais agréables, avec du charme et délicatement parfumé, sans verdeur. Il fallait cependant les boire assez rapidement. (Février 2024)
Climat
Année moyenne sur le plan climatique. Elle a laissé peu de traces dans nos archives.
Grand Vin du Château Margaux
1937

Très tannique dans sa jeunesse, le Château Margaux 1937 s'est depuis assagi et la dernière bouteille dégustée en 2011 était très agréable. Le nez était superbe, d'une belle complexité et d'une remarquable fraîcheur. Il restait jeune en bouche, encore un peu tannique et légèrement acide. (Février 2024)
Climat
Une année chaude qui a été très favorable aux vins de Sauternes, mais n'a pas permis de faire de très grands vins rouges.
Grand Vin du Château Margaux
1936

1936 a complètement disparu des caves comme de la mémoire de la plupart des amateurs et professionnels. Il semble que les vins étaient verts et acides dans leur jeunesse. Nous ne l'avons goûté qu'une fois, en 2011, et il était hélas passé. (2011)
Climat
Cette année particulièrement médiocre n'a pas permis aux raisins de mûrir correctement.
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1935
1935 a produit des vins certes légers mais sans verdeur, souples et élégants. Leur capacité de garde était hélas limitée. (Février 2025)
Climat
Année médiocre et plutôt abondante.
Grand Vin du Château Margaux
1934
Enfin un très bon millésime ! Le seul des années trente…
Château Margaux 1934 est encore superbe. Il présente une couleur dense et profonde, un bouquet fin, complexe, frais, et une bouche puissante, riche, avec des tanins bien présents mais un peu secs en finale.
Les bouteilles sont maintenant inégales, mais la plupart des magnums sont très bons. C'est évidemment un vin à boire qui ne peut que commencer à perdre les très belles qualités qui lui restent. (Février 2024)
Climat
L'été chaud et sec a été suivi par d'excellentes conditions durant toutes les vendanges, qui ont permis à cette récolte abondante de parvenir à un excellent niveau de maturité. (Vendanges le 14 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1933
Bien que les conditions climatiques furent très compliquées en 1933, la dernière bouteille dégustée, en 2011, était fort agéable et encore même assez tannique ! (2011)
Climat
Cette année assez chaude mais humide a produit des vins plutôt médiocres, assez légers.
Grand Vin du Château Margaux
1932
1932 fait probablement partie des millésimes les plus compliqués que nous ayons connus. Il fut vendangé tardivement, à partir de mi-octobre, mais hélas sous la pluie, et a produit des vins légers et à boire rapidement. (Février 2024)
Climat
Année froide et très pluvieuse. Le mildiou s'est déchaîné dans beaucoup de vignobles, conduisant très souvent à des vins exécrables.
Grand Vin du Château Margaux
1931
Né dans des conditions économiques très compliquées, le millésime 1931 a produit des vins légers, un peu verts, mais très parfumés dans leur jeunesse. Leur capacité de garde était hélas assez limitée. (Septembre 2024)
Climat
Avec 1930, 1932 et 1933, 1931 fait partie d'une série d'années froides et pluvieuses où les maladies de la vigne ont été endémiques et la maturité des raisins jamais acquise.
Grand Vin du Château Margaux
1930
Jamais Bordeaux n'a semble-t-il connu une série de quatre millésimes si compliqués qu'entre 1930 et 1933. 1930, le premier d'entre eux, a produit des vins légers, prêts à boire rapidement mais heureusement sans verdeur. (September 2024)
Climat
Avec 1931, 1932 et 1933, 1930 fait partie d'une série d'années froides et pluvieuses où les maladies de la vigne ont été endémiques et la maturité des raisins jamais acquise.
Grand Vin du Château Margaux
1929
Ah, 1929 ! Cette année mythique reste dans toutes les mémoires comme l'année du siècle. Sa réputation a été d'autant plus magnifiée qu'immédiatement après, les années trente ont été vraiment catastrophiques ; puis la guerre est arrivée. Il a fallu attendre 1945 pour retrouver une qualité comparable.
Château Margaux 1929 est effectivement un vin merveilleux, dont les bouteilles sont malheureusement devenues assez irrégulières. Nous avons eu l'occasion il y a quelques années d'en ouvrir quelques-unes en même temps ; à peu près une sur trois était passée, une autre bonne mais un peu fatiguée, et la dernière… quelle merveille ! Une finesse incomparable, indescriptible ; une bouche soyeuse, longue, délicate, un grand moment de bonheur et d'émotion… (September 2024)
Climat
Une année chaude et extrêmement sèche, la plus sèche depuis le début du siècle. Il a plu un peu pendant les vendanges, puis le beau temps est revenu jusqu'à la fin. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1928
1928 et 1929, quelle fabuleuse paire de millésimes ! On ne devait retrouver une telle succession que près de soixante ans plus tard en 1989 et 1990 ; quoique, à Margaux, on pourrait aussi citer 1982 et 1983, 2009 et 2010, 2015 et 2016 ou encore 2018-2019-2020.
Les vins du millésime 1928 ont été dès le départ extraordinairement puissants et concentrés, souvent même durs et austères, ce qui explique que 1928 ait été éclipsé par 1929 dont le charme était presque immédiat.
Château Margaux 1928 est un très grand vin, peut-être aujourd'hui supérieur à 1929 car il s'est en général mieux conservé. Les bouteilles sont plus régulières, le vin a perdu sa dureté, mais gardé une fraîcheur et une richesse absolument extraordinaires. Il n'a peut-être pas la très grande finesse d'une bonne bouteille de 1929, mais sa fraîcheur est bien supérieure. Sans aller jusqu'à dire qu'il faut l'attendre encore, nous pensons qu'il a un potentiel de vieillissement presque intact. Comme 1870 et 1900, ce vin semble bâti pour l'éternité… (Avril 2024)
Climat
Il a fait un temps merveilleux, pratiquement de la floraison jusqu'aux vendanges, ce qui a permis aux raisins d'atteindre un niveau exceptionnel de concentration autant que de maturité. (Vendanges le 25 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1927

Le millésime 1927, pris entre les grandes années de 1926 et 1928–1929, fut rapidement éclipsé. Peu encensé par la critique de son temps et né dans un contexte économique encore incertain, il ne parvint jamais à s’imposer parmi les références de la décennie.
Climat
Année très médiocre.
Grand Vin du Château Margaux
1926

Château Margaux 1926 est un vin superbe, très puissant, riche, qui a sûrement dû être dur et austère pendant de longues années. Mais aujourd'hui, un peu comme 1928, il est très agréable et garde une fraîcheur étonnante. C'est un vin merveilleux à boire, quand on a la chance de tomber sur une bonne bouteille ou un magnum bien conservé. (Avril 2024)
Climat
La floraison a eu lieu dans des conditions difficiles; puis le temps a été chaud et sec jusqu'à la fin des vendanges, pourtant tardives. Mais la récolte très réduite est parvenue à un excellent niveau de concentration et de maturité. (Vendanges le 4 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1925

La récolte très abondante n'est jamais parvenue à bonne maturité. Les vins étaient assez verts, acides et légers. Il semble qu'ils aient été agréables à boire rapidement, mais se sont fatigués prématurément. La dernière bouteille dégustée en 2011 nous a cependant agréablement surpris. Le vin était un peu acide et tannique, mais son nez était remarquable et sa finale agréable. (2011)
Climat
Une mauvaise année pluvieuse.
Grand Vin du Château Margaux
1924
Cette récolte très abondante a donné des vins agréables, harmonieux, très fins qui ont fait preuve d'une remarquable capacité de vieillissement. Aujourd'hui, les bouteilles sont fatiguées, mais les magnums ont gardé de la fraîcheur et sont très agréables à boire. C'est avec ce millésime que les premiers crus classés ont, pour la première fois, décidé de mettre l'intégralité de leur récolte en bouteilles au château. Cependant, il faudra attendre quelques années, après les mauvais millésimes et la tourmente économique des années trente, pour que cette pratique soit définitivement adoptée. (Février 2024)
Climat
Beau millésime, malgré un mois d'août relativement pluvieux. (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1923
Il semble que ce millésime ait eu beaucoup de charme dans sa jeunesse mais, du fait de son manque de structure, ait probablement été voué à une évolution rapide. Nous étions donc quelque peu inquiets lorsque nous avons eu la chance d'en déguster une bouteille en avril 2023. Le nez était certes évolué, légèrement madérisé, mais la bouche était surprenante de douceur et de fraîcheur... Il s'est même amélioré à l'aération, faisant émerger au fur et mesure des minutes un nez floral de plus en plus complexe. Quelle merveilleuse façon de célébrer son centenaire ! (Avril 2023)
Climat
Le temps a été incertain et plutôt médiocre tout au long de l'année. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1922

Dans sa jeunesse, ce vin était léger et dilué ; il s'est rapidement fané et la dernière bouteille ouverte en 2016 était élégamment parfumée mais hélas fatiguée en bouche. (2016)
Climat
1922 est surtout marqué par une abondance exceptionnelle; les conditions climatiques ont été moyennes, pas vraiment favorables.
Grand Vin du Château Margaux
1921

1921 est surtout un remarquable millésime pour les vins de Sauternes. Pour les vins rouges c'est, en général, un beau millésime, élégant et structuré car la récolte a été modeste en quantité.
La dernière bouteille dégustée en 2011 était une merveille ! Le nez était tout simplement envoûtant, d'une complexité et d'une fraîcheur remarquables. La bouche, tout en équilibre, n'était que finesse, douceur et élégance. Un exemple parfait du charme inimitable de Château Margaux... (2011)
Climat
Cette année a été marquée par une chaleur exceptionnelle durant les vendanges, qui a été à l'origine de gros problèmes de vinification dans beaucoup de crus. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1920
Dans l'ensemble, le millésime a été réussi, les vins étaient fins et harmonieux, mais pas très puissants. Ils ont vieilli rapidement et sont aujourd'hui passés. (Février 2024)
Climat
L'été a été plutôt favorable, le mois de septembre excellent. (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1919
La récolte 1919 a été abondante et a produit des vins assez légers, qui ont évolué rapidement et dont la majorité sont maintenant passés. Cependant, une bouteille dégustée en 2014, nous a rassurés. Elle présentait une belle fraîcheur et complexité même si le vin manquait quelque peu de concentration. (2014)
Climat
Nous avons très peu d'éléments sur les conditions climatiques du millésime.
Grand Vin du Château Margaux
1918

Cette bonne récolte a produit un vin puissant, tannique et dur dans sa jeunesse. Dégusté en 2011 et plus récemment en 2023, ce vin présentait un nez était encore fermé mais une bouche impressionnante de densité et de fraîcheur. Il paraissait encore si jeune... Quelle émotion devant ce vin pourtant né en temps de guerre. (2023)
Climat
Très beau temps en général durant toute l'année ainsi que pendant les vendanges. Mais il semble que la maturité n'ait pas atteint son optimum. Etait-on aussi pressé de vendanger que de voir se terminer enfin le terrible conflit qui ensanglantait l'Europe depuis quatre ans ? (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1917

La qualité de ce vin, issu d'une récolte plutôt petite en quantité, a longtemps été jugée comme moyenne. La dernière bouteille ouverte en 2011 nous a cependant beaucoup surpris. D'une très jolie couleur, le nez s'est révélé complexe, séduisant, précédant une bouche puissante et charnue, à laquelle nous pouvions peut-être juste reprocher une finale légèrement tannique. (2011)
Climat
L'été a été instable mais les vendanges se sont déroulées sous le beau temps. (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1916

Il reste très peu de traces de ce millésime qui a produit des vins solides et corsés mais qui manquaient néanmoins un peu de charme.
Climat
Assez bon millésime qui avait bénéficié d'un beau temps pendant les vendanges. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1915
Vin médiocre et dont la dernière bouteille dégustée en 2015 était hélas passée. (2015)
Climat
Très mauvaise année. Est-ce dû aux conditions climatiques, ou aux conséquences de la guerre, dont on commençait à se rendre compte qu'elle durerait plus longtemps que prévu ? (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1914
Il est difficile aujourd'hui pour nous d'imaginer la désorganisation qui a pu régner au moment des vendanges à cause du déclenchement de la guerre (plus d'hommes, plus de chevaux etc.). De plus, la récolte était très abondante. Les vins ont été pourtant assez bons mais ont vieilli rapidement et sont maintenant passés.
Climat
On croyait au mois d'août que les hommes seraient de retour pour les vendanges... Ils ne sont revenus que quatre ans plus tard, tout au moins ceux qui ont eu la chance d'échapper à la mort pendant le terrible conflit qui s'est déclenché au mois d'août ! (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1913

La récolte a été abondante et les vins plutôt légers. Ils se sont malheureusement fanés assez rapidement.
Climat
Une année moyenne dans l'ensemble. Il a fait beau pendant les vendanges qui ont commencé le 25 septembre.
Grand Vin du Château Margaux
1912

Ce vin a laissé peu de souvenirs. C'était un millésime léger, et bien qu'agréable à boire sur le moment, il n'a pas tenu très longtemps.
Climat
Une récolte abondante qui a mûri avec difficulté, comme en 1913. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1911

1911 est une petite récolte en quantité, qui a bénéficié dès le départ d'une excellente réputation, car elle succédait à 1910 qui avait été catastrophique. Les vins sont maintenant fatigués, bien qu'ils aient été très agréables à boire pendant de nombreuses décennies.
Climat
Après une floraison précoce, l'été a été chaud, très favorable à la maturation des raisins. Il a fait également très beau pendant les vendanges. (Vendanges le 18 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1910

Comme nous pouvions nous en douter au vu des conditions climatiques, les vins ont été particulièrement médiocres et la dernière bouteille, dégustée en 2011, était à l'image du millésime : un vin acide et léger, mais non dénué d'un certain charme pour autant. (2011)
Climat
Citons les commentaires du maître de chai de l'époque : « année extraordinaire d'humidité. Invasions de mildiou comme on n'avait jamais vu. Gros dégâts commis par l'eudémis en septembre. » Les vendanges ont commencé le 6 octobre pour se terminer le 19.
Grand Vin du Château Margaux
1909

Comme le 1905, nous ne pensions pas que ce vin, certes élégant mais aussi léger dans sa jeunesse, résisterait à l'épreuve du temps. Nous nous sommes à nouveau trompés. Dégusté en 2011, il avait gardé toute son élégance et son équilibre. Un nez complexe et charmeur succédait à une finale tout en douceur et en charme. (2011)
Climat
1909 a laissé peu de souvenirs, sauf d'un beau temps général pendant les vendanges. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1908

On garde le souvenir d'une assez bonne qualité mais la dernière bouteille, dégustée en 2011, manquait un peu de charme. Les tannins, associés à une certaine acidité, dominaient hélas un peu trop le vin. (2011)
Climat
Le maître de chai note que : « les gelées des 21 et 26 avril ainsi que l'eudémis sont la cause de la petite quantité». Il a fait très chaud pendant les vendanges. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1907

Il est intéressant de noter l'indication du maître de chai selon laquelle malgré la pluie « continuelle », la vendange est restée saine ; ce qui ne doit pas nous surprendre car nous avons connu plus récemment des situations comparables.
Dégusté en 2011, ce vin présentait une couleur était très claire, presque celle d'un rosé. D'une belle complexité au nez, il nous faisait penser à un joli pinot noir. Cependant, bien qu'agréable en bouche, il était moins impressionnant et marqué par une certaine acidité. (2011)
Climat
Malgré la pluie continuelle à partir du 27 septembre, la vendange est restée parfaitement saine. Il y a eu en été d'assez fortes invasions d'eudémis. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1906

Un vin très puissant, exceptionnellement concentré, considéré à l'époque comme un grand millésime. Nous n'avons pas souvent eu l'occasion de goûter ce vin qui devrait aujourd'hui encore être d'une grande qualité.
C'est d'ailleurs l'année où le deuxième vin de Château Margaux a été nommé "Le Pavillon Château Margaux". (Mars 2025)
Climat
Une faible récolte en raison à nouveau d'une invasion d'eudémis dans la première quinzaine de juillet. Il a fait très chaud et très sec durant l'été ainsi que pendant les vendanges, qui ont commencé le 12 septembre.
Grand Vin du Château Margaux
1905

Ce vin, très élégant mais léger dans sa jeunesse, ne nous paraissait pas de grande garde. Quelle erreur de jugement ! Lorsque nous l'avons dégusté en 2011, il était remarquable de jeunesse et de complexité. Puissant, équilibré, d'une longueur incroyable. Quel Château Margaux ! Une pure merveille ! (2011)
Climat
Commentaire de l'époque : « pluie tout le temps des vendanges sauf les deux premiers et les deux derniers jours ; vendange très saine, quoique mouillée. » (Vendanges le 21 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1904

Une récolte assez abondante, les vins étaient plutôt bons et ont bénéficié d'une excellente réputation au départ (ceci après trois millésimes médiocres : 1901, 1902 et 1903). Peut-être cependant que cette réputation a été légèrement surfaite… (Mars 2025)
Climat
« Très beau temps sec avec un seul jour de pluie pendant les vendanges. Vendange absolument saine. » (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1903

Une récolte très réduite qui n'a pas laissé un grand souvenir. En général, les vins étaient médiocres, mais Château Margaux semble avoir eu un grand succès chez certains amateurs. (Mars 2025)
Climat
Quelques mauvaises fées se sont penchées sur ce millésime : d'abord plusieurs gelées répétées les 11, 15 et 18 avril ; ensuite un orage de grêle le 17 juillet... L'été a été généralement médiocre mais il a fait beau et chaud pendant les vendanges. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1902

Issu d'une vendange généreuse, 1902 n'en reste pas moins un millésime difficile, les vins, sans être verts, manquaient de maturité et de vinosité. (Mars 2025)
Climat
Récolte abondante qui n'a pas pu parvenir à un bon niveau de maturité car l'été a été médiocre; de plus, il a fait beau mais très froid pendant les vendanges. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1901
Un vin devenu médiocre et léger. Bien qu'assez élégant dans sa jeunesse, il est aujourd'hui passé. (Mars 2025)
Climat
Année en général pluvieuse et récolte abondante. On note à l'époque : «temps pluvieux et chaud tout le temps des vendanges». (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1900

1900, un vin mythique ! Le siècle a commencé avec une récolte extraordinaire aussi bien en quantité qu'en qualité.
1900, c'est d'abord une quantité record de vin, que l'on ne retrouvera qu'en 1982 !
1900, c'est surtout une qualité légendaire ! Malgré les très forts rendements, ce vin était d'une puissance et d'une concentration rarement égalées. Ce millésime a immédiatement soulevé l'enthousiasme, et a éclipsé le fantastique 1899. Quelle émotion de retrouver, cent ans plus tard, une qualité comparable avec le millésime 2000…
Aujourd'hui, Château Margaux 1900 est toujours un vin d'une extraordinaire fraîcheur. Il fait partie des plus grandes bouteilles que nous ayons jamais goûtées. Le bouquet est d'une incomparable finesse, avec des notes de fruits frais étonnante. En bouche il offre une fabuleuse impression de richesse et de suavité. La finale est longue, délicieuse et rafraîchissante. Une pure merveille. (Septembre 2024)
Climat
Une année extraordinaire, qui a bénéficié d'un été très chaud et sec ainsi que d'un très beau temps pendant les vendanges. (Vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1899

1899 constitue avec 1900 une fabuleuse paire de millésimes, que l'on ne retrouvera qu'en 1928-1929 puis en 1989-1990. Ce vin d'une qualité remarquable est un peu passé dans l'ombre de 1900, qui était d'emblée plus puissant et portait également un chiffre plus symbolique…
Château Margaux 1899 est un vin d'une très grande harmonie, d'une extrême finesse et d'une fraîcheur étonnante. Il est moins puissant que 1900, mais son bouquet est au moins aussi complexe et élégant. Il possède en bouche une suavité et une délicatesse extraordinaires. Un vin encore remarquable à boire aujourd'hui. (Septembre 2024)
Climat
L'été a été très sec. Le maître de chai note à l'époque : « été dur. Vendange excellente malgré la sécheresse. Bonnes rosées de matinées. » (Vendanges le 21 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1898

Un vin devenu médiocre et léger. Bien qu'assez élégant dans sa jeunesse, il est aujourd'hui passé. (Septembre 2024)
Climat
Année en général pluvieuse et récolte abondante. On note à l'époque : «temps pluvieux et chaud tout le temps des vendanges». (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1893

Ce millésime a probablement bénéficié du temps le plus extraordinaire depuis trois siècles. Jamais auparavant, et jamais depuis, les vendanges n'ont commencé aussi tôt : le 17 août !
1893 est aussi la plus grosse récolte jamais enregistrée à Château Margaux, 402 tonneaux ! Même durant les années 1880, nous n'avions atteint une telle production et il a fallu à l'époque, comme le signale le maître de chai, interrompre les vendanges pendant six jours car nous manquions de cuves.
Château Margaux 1893 est un vin remarquable, qui a été considéré comme le millésime du siècle (du XIXème siècle, bien sûr). Aujourd'hui encore, ce vin présente une puissance et une fraîcheur étonnantes. Comment ont-ils bien pu faire cela ? Allier une telle quantité à une telle qualité est un grand mystère, et nous manquons encore d'informations pour l'expliquer. (Septembre 2024)
Climat
Citons les commentaires du maître de chai : «chaleur commençant le 1er mars jusqu'aux vendanges. Eté excessivement chaud. Sans pluie. Vigne fleurie le 20 avril. Raisins vérés le 21 juin. Année excessivement précoce et très abondante». (Vendanges le... 17 août, terminées le 12 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1870

Cette récolte assez abondante, mais beaucoup moins que 1893, a été d'une qualité vraiment extraordinaire. Il s'agit aujourd'hui encore d'une des plus grandes bouteilles de Margaux que nous ayons eu l'occasion de goûter. Ce vin possède une fraîcheur tout à fait étonnante, une longueur et une suavité remarquables. Jamais on ne pourrait imaginer que ce vin a plus de 150 ans ! (Septembre 2024)
Climat
Ce millésime très précoce a bénéficié d'excellentes conditions tout au long de la maturation des raisins. Le maître de chai note : «Vendanges commencées le 10 septembre et finies le 23 dudit, pluie la première journée ; le reste du temps : chaleur.»
Grand Vin du Château Margaux
1868

Décrit comme très puissant, tannique et manquant un peu de finesse dans sa jeunesse, ce vin, à l'instar du 1855, nous a époustouflés lorsque nous l'avons dégusté en 2016. D'une complexité aromatique remarquable, il nous a surpris par sa jeunesse, sa douceur et son charme. Extraordinaire ! (Février 2016)
Climat
Millésime très précoce. Le maître de chai note : « vendanges commencées le 7 septembre et finies le 18 dudit, chaleur excessive pendant neuf jours. »
Grand Vin du Château Margaux
1865

Un vin d'une excellente qualité, très puissant, qui a été très long à se faire. (Février 2025)
Climat
Les vendanges très précoces (elles ont commencé le 5 septembre) se sont déroulées sous un soleil brûlant. La récolte était plutôt abondante.
Grand Vin du Château Margaux
1864
1864 est la première récolte assez abondante après les ravages de l'oïdium qui est apparu en 1852 et a été à peu près contrôlé à partir de 1860 grâce aux pulvérisations de soufre.
Ce millésime a bénéficié d'une excellente réputation ; les vins étaient à la fois puissants, moelleux, et beaucoup plus charmeurs que la grande majorité des vins de cette époque. (Février 2025)
Climat
Les vendanges ont commencé le 17 septembre et se sont terminées le 1er octobre. Elles ont connu sept jours de pluie.
Grand Vin du Château Margaux
1855
Issu d'un millésime compliqué et d'une toute petite récolte n'ayant produit que 40 000 bouteilles, ce vin nous a énormément impressionnés lorsque nous l'avons dégusté en 2014. Ses tannins avaient laissé place à une extraordinaire douceur, comme si ce vin s'était transformé en une caresse et un formidable nuage de parfums. (Février 2014)
Grand Vin du Château Margaux
1848

Cette assez grosse récolte était d'une qualité remarquable, au point que Friedrich Engels, à la question « Quelle est votre idée du bonheur ? » a pu répondre un jour : « Château Margaux 1848 ». Ce vin garde encore aujourd'hui une fraîcheur inoubliable. Une vraie merveille ! (Février 2025)
Climat
Vendanges commencées le 21 septembre et finies le 1er octobre. Temps magnifique, sec et chaud.
Grand Vin du Château Margaux
1847
Avec 1848, ce millésime constitue une paire d'années à la fois abondantes et de grande qualité. 1847 a été plus tendre et moins puissant que 1848 ; il ne s'est pas gardé aussi longtemps.
Climat
Vendanges commencées le 25 septembre et finies le 7 octobre. Temps magnifique, sec et chaud.
Grand Vin du Château Margaux
1791
« Considéré comme le meilleur que la France a produit depuis de nombreuses années, et il est à présent difficile d'en trouver de comparable. » (Extrait d'un catalogue de vins de Christie's du 23 mai 1797).
Grand Vin du Château Margaux
1771
Premier millésime bordelais à apparaître dans un catalogue de Christie's en mars 1776. « Excellent bordeaux avec une belle saveur, de l'année 1771 ».
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Grand Vin du Château Margaux
2025

Les années en “5” réussissent décidément à Bordeaux et 2025 s’inscrit dans la lignée des grands millésimes que furent 1985, 1995, 2005 et 2015. La qualité est remarquable, mais les rendements, limités à 22 hl/ha, figurent parmi les plus faibles des cent dernières années, notamment en raison de la sécheresse estivale. Les volumes produits atteignent à peine plus de la moitié d’une année normale.
Au début des vendanges, les excellentes conditions climatiques laissaient espérer une proportion plus importante de Grand Vin. Il n’en a rien été : les lots issus de nos meilleures parcelles se sont révélés si magiques que d’autres vins pourtant superbes n’ont pu être retenus. La proportion de Château Margaux s’établit ainsi à 37 %.
Le millésime 2025 présente des similitudes avec 2022, avec des conditions estivales proches, mais les pluies de fin août et de début septembre ont contribué à faire évoluer le style du vin, apportant davantage de fraîcheur et d’équilibre. Notre choix de ne pas précipiter les vendanges a permis de récolter des raisins parfaitement mûrs et d’extraire des tanins denses et soyeux.
Château Margaux 2025 se révèle très parfumé et d’une grande complexité aromatique. À la fois crémeux, velouté et dense, il se déploie avec beaucoup de longueur. Son toucher de tanins et sa texture, particulièrement émouvants, lui confèrent toute son identité. Promis à une longue garde, il offrira aussi beaucoup de plaisir dès sa jeunesse.
Assemblage : 89 % de cabernet sauvignon, 6 % de merlot, 4 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot
Climat
Le millésime 2025 est marqué par une saison contrastée, avec un printemps doux et équilibré, sans excès ni déficit, suivi d’un début d’été et d’une période estivale plutôt secs, rappelant le profil de 2022. Le débourrement intervient avec une semaine d’avance, précocité que l’on retrouve également dans la floraison. Celle-ci se déroule de manière rapide et homogène, dans des conditions climatiques particulièrement favorables, sans coulure ni millerandage.
La pluviométrie reste faible au début de l’été, installant progressivement un déficit hydrique. Le mois d’août est dominé par un épisode caniculaire, entraînant une accélération des maturités, notamment sur le sauvignon blanc.
En fin d’été, près de 60 mm de précipitations tombent entre fin août et début septembre. Ces pluies, attendues, apportent un rééquilibrage hydrique et une baisse des températures, permettant une maturation plus régulière et homogène en fin de saison. Malgré quelques épisodes pluvieux ponctuels en septembre, les conditions sanitaires demeurent très bonnes.
Dans ce contexte climatique, le choix a été fait de ne pas avancer les dates de vendanges afin d’atteindre une maturité optimale, en particulier phénolique. Cette décision, assumée mais engageante, a permis d’atteindre un niveau de qualité particulièrement élevé, avec des raisins récoltés à parfaite maturité, exprimant pleinement le potentiel du fruit et du millésime.
Grand Vin du Château Margaux
2024

L’élaboration du Château Margaux 2024 a exigé une attention de chaque instant. Ce millésime, particulièrement technique, a nécessité une précision accrue jusqu’aux vendanges, où chaque décision a été essentielle pour préserver l’équilibre et la pureté aromatique qui caractérisent notre Grand Vin.
Les conditions de récolte n’ont pas été idéales, marquées par quelques épisodes de pluie venant rythmer la cueillette. Malgré le risque de botrytis, nous avons maintenu notre engagement : attendre que chaque parcelle atteigne sa maturité optimale pour préserver l’identité de notre terroir.
Les vendanges se sont déroulées en deux temps : du 23 au 29 septembre avec notre petite équipe, puis du 30 septembre au 8 octobre avec notre grande équipe de vendangeurs. Le Grand Vin du Château Margaux 2024 représente 46 % de la récolte. Ce chiffre est en légère hausse. Il s’explique par le fait que nos meilleures parcelles de cabernet sauvignon, moins sensibles au mildiou, ont fait les meilleurs rendements sur la propriété.
L’assemblage, fidèle à l’identité de Château Margaux, est dominé par 93 % de cabernet sauvignon, qui lui confère structure et profondeur. Il est complété par 5 % de merlot, 1 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot, qui enrichissent sa complexité aromatique et affinent son équilibre.
Ce millésime se distingue par une belle finesse, une fraîcheur éclatante et des tanins d’une grande élégance. Son expression aromatique, à la fois délicate et raffinée, témoigne de toute la précision et la pureté que nous recherchons dans nos vins. Le Grand Vin du Château Margaux 2024 illustre une fois de plus l’extraordinaire capacité de nos terroirs à révéler, même dans les années les plus exigeantes, toute leur grandeur et leur élégance intemporelle. (Avril 2025)
Climat
L’histoire du millésime 2024 commence par une pluviométrie exceptionnelle. Dès l’automne, les précipitations s’accumulent avec une intensité inhabituelle et se prolongent sur de nombreux mois. Entre le 18 octobre et le 28 mars, plus de 1000 mm de précipitations sont tombées sur notre vignoble, un record dépassant de 300 mm le dernier millésime le plus pluvieux. Avec des températures hivernales douces, supérieures de trois degrés aux moyennes historiques en mars, la vigne trouve dans cette abondance d’eau et de chaleur des conditions idéales pour démarrer son cycle avec une avance marquée. Le débourrement survient ainsi entre le 22 et le 25 mars, soit 7 à 10 jours plus tôt que ces dernières années. Mais l’humidité ne se dissipe pas, dictant son rythme tout au long de la saison. Bien que certains grands millésimes du passé, comme l’an 2000, aient connu des précipitations similaires, c’est la fréquence des jours de pluie qui distingue 2024. Accéder aux parcelles devient un défi permanent, et la pression du mildiou, omniprésente, impose à nos équipes une vigilance de chaque instant. Dans ce contexte exigeant, la floraison prend un léger retard et s’étale du 31 mai au 7 juin.
La véraison, survenue entre le 9 et le 23 août, rappelle des millésimes comme 2014 et 2016, confirmant un cycle marqué par l’influence du climat humide. Face à ces conditions, le vignoble a réagi avec contraste. Les parcelles situées sur les sols les plus frais et profonds ont souffert du mildiou, impactant en particulier les volumes destinés à notre troisième vin, le Margaux du Château Margaux. À l’inverse, nos terroirs de graves, plus drainants et précoces, ont su préserver leur potentiel et offrir les plus beaux raisins du millésime.
Bien que le climat ait mis la vigne à l’épreuve, il n’a pas compromis l’exigence et la précision avec lesquelles nos équipes travaillent chaque millésime de Château Margaux. Avec un rendement moyen de 30 hL/ha, le tri effectué par nos vendangeurs dans nos parcelles a été plus rigoureux que jamais, mettant en valeur les terroirs les plus résilients et offrant un équilibre optimal entre concentration et finesse.
Grand Vin du Château Margaux
2023

Les vendanges furent plus minutieuses et donc plus longues qu’habituellement, mais ce travail était nécessaire pour aller chercher la pureté aromatique qui caractérise les vins de Château Margaux. Les vendanges de rouge commencèrent le 11 septembre pour les premières parcelles de merlot. Les grandes parcelles de cabernet sauvignon furent vendangées le 22 septembre. Le ramassage des raisins s'est achevé le 5 octobre.
Le Château Margaux 2023 est un vin fin, précis et complexe. Il représente 41 % du volume total de la récolte. Sans pouvoir rivaliser avec l’exceptionnelle densité de son prédécesseur, il reste dans la même lignée aromatique et présente des tanins tout aussi soyeux.
Il dépasse même, à certains égards, nos espérances après les pluies de septembre. Ce millésime nous montre une nouvelle fois à quel point les grands terroirs sont capables de s’adapter et de donner toute leur qualité au vin.
L’assemblage du Château Margaux est toujours largement dominé par les cabernets sauvignons, avec 89 %. 5 % de merlot, 4 % de cabernet franc et 2 % de petit verdot composent le reste de l’assemblage. (Avril 2024)
Climat
L’hiver 2023 fut relativement doux, malgré une dizaine de jours avec de vraies températures hiver¬nales la première quinzaine de février. De plus, les premiers mois de 2023 ne furent pas particulière¬ment arrosés : 196 mm de précipitations tombèrent à Margaux, permettant seulement de remplir les nappes phréatiques les plus superficielles après un millésime 2022 extrêmement chaud et sec. Dans ces conditions, la vigne débourra entre le 3 et le 10 avril.
Le printemps ne connut aucun épisode de gel, tant redouté par nos vignerons. Sur la période végétative de la vigne, la pluie ne fut pas abondante, mais elle fut fréquente. Seule une quinzaine de jours au mois de juin fut vraiment bien arrosée avec 72 mm. Toutefois, ces conditions rendirent relativement difficile le maintien d’un bon état sanitaire dans le vignoble. L’humidité relative atmosphérique importante créa des conditions très favorables au développement du mildiou. Nos équipes de la culture réussirent à assurer un feuillage sain pour garantir la qualité de la maturation des raisins et une jolie récolte. La vigne fleurit entre le 31 mai et le 5 juin dans de bonnes conditions, ne laissant pas supposer de coulure ou de millerandage.
Le millésime 2023 se différencia vraiment du pré¬cédent par ses températures. 2022 nous avait fait connaître des canicules très précoces. 2023 nous réserva un seul véritable épisode de canicule, entre le 17 et le 24 août, période pendant laquelle les pellicules s’affinent et deviennent plus sensibles à l’action combinée d’une forte chaleur et des rayons du soleil. Les baies les plus exposées au soleil subirent le phénomène d’échaudage, nous imposant ainsi un tri important pendant les vendanges.
Grand Vin du Château Margaux
2022

Le Grand Vin de Château Margaux 2022 est sans doute aussi extraordinaire que furent les conditions climatiques. Extraordinaire d’abord par sa concentration : du fait de la sécheresse estivale, les baies de cabernet sauvignon étaient près de 35 % plus petites qu’une année classique. Un soin tout particulier a dû être pris pendant les vinifications et les écoulages, où seuls les tannins les plus soyeux ont été extraits. Une autre conséquence bien moins heureuse de la petitesse des baies fut les rendements, malheureusement les plus bas depuis 2013.
Extraordinaire aussi par sa fraîcheur aromatique : nous aurions pu imaginer déguster des vins avec des notes solaires. Nous aurions pu imaginer des vins manquant d’acidité. Il n’en fut rien. In fine, le nez reste un délicat mélange de notes fruitées et florales. La longueur du vin est toujours portée par une acidité remarquable, équilibrant joliment les degrés d’alcool, plus élevés que d’habitude.
L’assemblage reste lui plus classique par sa dominante de cabernet sauvignon : 92%. Ils permettent aussi à ce vin de ne pas présenter des degrés trop élevés, 14,5% vol. pour de telles conditions climatiques. 6% de merlot et 2 % de cabernet franc complètent l’assemblage de ce vin. Le Château Margaux représente 40% de la récolte. (Avril 2023)
Climat
La description des conditions climatiques commence de la même façon quasiment tous les ans depuis une petite dizaine d’années : 2022 a encore été l’année la plus chaude jamais enregistrée… à cela s’est ajouté un autre phénomène climatique : une grande sécheresse. Ces deux composantes ont façonné la récolte pour en faire un millésime extraordinaire !
Outre quelques gelées à la mi-janvier, l’hiver 2022 fut doux avec une pluviométrie relativement faible : seulement 150 mm de pluie. Sur le plan national, le printemps 2022 se classe au 3e rang des années les plus chaudes (13,2 °C) depuis 1900, et derrière 2011 et 2020. À Margaux, il en fut de même avec des épisodes de canicule record pour un mois de juin, durant lequel les 40°C furent dépassés. Au long du printemps, par chance, la pluie tomba de façon classique pour la région bordelaise avec 182 mm à Margaux. L’été arriva avec ses extrêmes : 3 vagues de chaleur longues et intenses ; le thermomètre indiqua là-encore plusieurs fois des températures supérieures à 40°C et qui dépassèrent également les 35°C pendant plus de 14 jours en juillet et en août. De surcroit, plus de 6 longues semaines se sont déroulées sans la moindre goutte de pluie. Les quelques 20 mm qu’il tomba fin août furent les bienvenus, mais ils favorisèrent plutôt le rafraîchissement de l’air qu’une réelle hydratation des couches superficielles du sol.
Dans ces conditions, la vigne débourra de façon relativement étalée selon les cépages et la diversité de nos terroirs : entre le 28 mars et le 13 avril. La floraison se déroula dans des conditions suffisamment bonnes pour n’observer aucune coulure ni millerandage sur nos parcelles. Elle eut lieu la semaine du 24 mai, annonçant déjà un millésime précoce.
Les conditions estivales ne firent que renforcer la précocité du millésime. Les vendanges de blanc eurent lieu extrêmement tôt, le 18 août.
Pour les vendanges de rouge, les températures de septembre furent normales et les conditions de vendange optimales… Elles s’étalèrent du 8 au 27 septembre. Les premières pluies d’automne commencèrent le dernier jour des vendanges…
Grand Vin du Château Margaux
2021

Il nous semble que le millésime 2021 ne peut prétendre rivaliser avec l’exceptionnelle trilogie des millésimes 2018, 2019 et 2020. Durant les vinifications, nous n’avons pas souhaité extraire artificiellement des tannins dont le risque eut été qu’ils ne soient pas suffisamment délicats. Nous avons privilégié des extractions douces et, contre toute attente après cette saison végétative difficile, la concentration de ces vins fut au rendez-vous.
En effet, les premières dégustations des sélections parcellaires, juste après les fermentations alcooliques, furent étonnantes en raison de la densité des vins. Les indices de polyphénols étaient proches, voire égaux, à ceux atteints lors de millésimes considérés comme « chauds ».
Les merlots intègrent à hauteur de 8 % l’assemblage du Grand Vin. Les cabernets sauvignons constituent toujours le cœur du Château Margaux et comptent pour 87 % dans le Grand Vin. Les cabernets francs sont généralement délicieux et leur structure élégante se marie parfaitement à l’assemblage (3 %). Enfin, 2 % de petit verdot vient compléter l’assemblage. Le Château Margaux 2021 représente 36 % de la récolte. (Février 2025)
Climat
L’hiver 2021 fut relativement doux, bien qu’abondamment arrosé par plus de 230 mm de pluie sur les deux premiers mois de l’année. Un mois de mars plus sec, accompagné par des températures assez douces, permirent à la vigne de débourrer entre le 23 et le 30 mars. Les gelées printanières furent nombreuses et sévères. Nos systèmes d’aspersion antigel installés sur le vignoble de blanc avaient rarement été si éprouvés. Les températures furent même si froides que nous perdîmes une partie de la récolte de blanc sur près d’un hectare. En revanche, nos terroirs de rouge, moins gélifs, ne virent que quelques rares pieds touchés par ces gels matinaux.
Les mois de mai et juin quant à eux furent assez pluvieux. Il nous a fallu lutter contre les maladies cryptogamiques avec beaucoup de vigilance mais, au prix d’efforts importants, notre équipe de vignerons réussit à maintenir un feuillage et des grappes dans un état très sain. La floraison se déroula entre le 1er et le 6 juin dans des conditions moyennes. Néanmoins, la nouaison fut excellente, malgré certaines rares et vieilles parcelles montrant quelques signes de coulure.
Par la suite, le mois de juillet pluvieux contrasta avec un mois d’août et une première quinzaine de septembre très secs. Seulement, les 45 mm de pluie tombés juste après que nous ayons fini de ramasser les raisins blancs, nous firent craindre des vendanges de rouge plutôt pénibles.
Comme pour le millésime 2017, le choix suivant s’offrit à nous : soit ramasser rapidement des raisins pas assez mûrs de crainte d’en avoir certains gâtés par le Botrytis, ou bien vendanger des raisins plus mûrs et plus concentrés grâce à un soleil revenu à la fin du mois de septembre. Nous prîmes encore la même décision : privilégier la qualité des raisins. Les parcelles de merlot les plus précoces furent vendangées le 24 septembre tandis que le ramassage des grands cabernets ne commença que le 4 octobre. Les vendanges se terminèrent le 13 octobre. Certes, la saison avait été éprouvante mais la qualité du travail fourni nous permit de réaliser un millésime élégant et dense.
Grand Vin du Château Margaux
2020

Le Grand Vin de Château Margaux 2020 s’inscrit dans la lignée des 2018 et 2019. Il est rare que trois années consécutives soient aussi homogènes et qualitatives à Bordeaux. Il semble aujourd’hui presque insolent de considérer comme exceptionnels autant de millésimes produits ces six dernières années. L’avenir nous apportera plus de discernement.
L’assemblage définitif est très semblable à ceux des derniers millésimes : il est composé de 89 % de cabernet sauvignon, 8 % de merlot, 2 % de petit verdot et 1 % de cabernet franc. Le Grand Vin représente 36 % de la récolte. Il se caractérise par un équilibre entre la densité et la finesse de ses tannins.
Beaucoup de paramètres ont contribué à faire un excellent vin : floraison homogène, conditions estivales favorisant de petites baies et donc des vins concentrés, vendanges dans d’excellentes conditions etc. Seuls les rendements ne furent pas ceux attendus. La fertilité par cep fut plus faible que les années précédentes : 1,6 grappe par rameau au lieu de 2 grappes en 2019. Le rendement moyen de la propriété est donc de 36 hl/ha. Le Château Margaux 2020 est un vin bâti pour l'éternité qu'il convient d'attendre patiemment. (Février 2025)
Climat
Dans la lignée des millésimes précédents, 2020 à Bordeaux est une année marquée par des températures moyennes parmi les plus élevées jamais enregistrées, consécutives à des vagues de chaleur successives, et par un été exceptionnellement sec, dû à une absence de précipitations en début d’été.
Après une fin d’année 2019 abondante en pluie à Margaux, le premier trimestre 2020 fut peu pluvieux (80 mm de moins en cumuls). Mais l’hiver 2020 fut surtout marqué par sa douceur. Les moyennes des températures étaient 3°C au-dessus des moyennes trentenaires. Les températures dépassèrent parfois les 20°C au mois de février et seules 4 gelées d’une faible intensité vinrent troubler cette douceur hivernale. La vigne débourra alors extrêmement tôt : du 22 au 26 mars selon les cépages, soit environ 10 jours plus tôt que les moyennes. Ce furent les prémices d’un millésime très précoce...
Le printemps fut également très doux. Les températures du mois d’avril furent parmi les plus chaudes depuis 1962. La floraison eut lieu entre le 21 et le 26 mai sous d’excellentes conditions. Aucun symptôme de coulure ni de millerandage ne fut observé. Le printemps fut particulièrement pluvieux entrainant une forte pression parasitaire que nous réussîmes cependant à maîtriser (très peu de symptômes sur feuille et aucun sur grappe).
L’été fut marqué par des vagues de canicules longues et intenses entre le 23 juin et le 12 août ainsi que par une forte sécheresse (il ne tomba pas une goutte de pluie entre le 19 juin au 10 août). La véraison eut lieu entre les 23 et 26 juillet, à l’exception des petits verdots dont la véraison, toujours plus tardive, eut lieu le 1er août. Seule la deuxième décade du mois d’août permit de limiter un stress hydrique devenant trop fort. Il tomba près de 80 mm la journée du 13 août. Durant ces quelques jours d’orage, l’eau tomba trop fort en un temps trop court pour pénétrer dans les sols. Ces orages permirent toutefois d’abaisser la température et de limiter l’insolation, contribuant ainsi à garder un potentiel acide dans les baies.
Le mois de septembre fut également idéal pour les raisins : un soleil radieux en journée, des nuits fraîches et seulement 14 mm de pluie en septembre. Seules quelques après-midi trop chaudes mi-septembre imposèrent d’arrêter les vendanges après le déjeuner pour les vendangeurs et le raisin. Nous commençâmes à vendanger nos merlots précoces le 10 septembre. La grande équipe arriva le 21 septembre et commença dès son arrivée à vendanger nos grands cabernets. Les vendanges prirent fin le 30 septembre.
Grand Vin du Château Margaux
2019

Château Margaux 2019 fait partie des plus grands millésimes de notre histoire et s’ajoute à la liste des grands vins que nous avons eu la chance de produire dans cette décennie : 2015, 2016, 2018 et 2019 à présent...
Les cabernets sauvignons constituent toujours le cœur de Château Margaux puisqu’ils représentent 90 % de l’assemblage. Les merlots comptent pour 7 % de l’assemblage. Outre nos parcelles emblématiques, nous avons ajouté cette année les merlots de la parcelle du Haut du Jardin qui apportent leur rondeur et leur charme à l’ensemble. Le cabernet franc (2 %) et le petit verdot (1 %) complètent cet assemblage qui représente 37 % de la récolte. Il faudrait idéalement l'attendre encore de nombreuses années mais qu'il est déjà difficile de lui résister !
Le Grand Vin de Château Margaux 2019 sera le premier à bénéficier pleinement des nouvelles installations dans le chai de seconde année dont la construction avait été initiée par André Mentzelopoulos à la fin des années 70. Suite à de nombreuses interventions depuis des années, un important travail de rafraîchissement s’imposait et nous sommes ravis de le terminer au moment même où son petit-fils, Alexis Leven-Mentzelopoulos, rejoint l’équipe de Château Margaux. Avec sa sœur Alexandra Petit-Mentzelopoulos, ils incarnent désormais l’avenir du domaine... (Février 2025)
Climat
A l’échelle mondiale, l’année 2019 fut la plus chaude jamais enregistrée. En France, la température moyenne atteignit 13,7°C, soit 1,1°C à 1,2°C au-dessus de la normale.
A Margaux, l’hiver 2019 fut doux (de 1 à 2 degrés au-dessus des moyennes trentenaires), peu pluvieux (30 mm de moins que les moyennes trentenaires) et ponctué de très rares gelées (seulement 3 jours). Dans ces conditions, la vigne débourra entre le 29 mars et le 4 avril.
Le printemps fut clément, avec des températures très proches des normales de saison, et marqué par des précipitations abondantes fin avril puis entre le 5 et le 18 juin. La floraison eut lieu entre le 1er et le 9 juin et se passa relativement bien. Seules certaines vieilles parcelles de merlot présentèrent quelques signes de coulure. Ces pluies, qui nous faisaient craindre quelques sorties de mildiou, n’eurent aucune incidence sanitaire et l’état du vignoble fut finalement très bon tout au long de l’année.
L’été contrasta nettement avec ce printemps pluvieux. Des conditions anticycloniques s’établirent durablement et seuls 64 mm de pluie tombèrent entre le 21 juin et le 21 septembre. Mais l’été 2019 restera surtout dans les mémoires pour les deux épisodes de canicule intense qui se sont produites fin juin puis du 22 au 24 juillet où la température atteignit 39,9°C à Margaux !
Les vendanges de rouge commencèrent le 18 septembre, dans des conditions idéales qui nous permirent de ramasser des raisins de merlot parfaitement mûrs et concentrés. Une perturbation vint s’installer du 22 au 29 septembre. Ces conditions météorologiques n’entrainèrent aucune dégradation de l’état sanitaire et ont permis aux raisins de mûrir plus lentement dans des conditions moins agressives pour les vignes : les niveaux d’acidité furent mieux conservés et les degrés d’alcool ne sont finalement pas trop élevés. Ces raisins ramassés entre la fin de septembre et le début d’octobre purent bénéficier de la concentration acquise depuis la véraison (entre le 5 et le 10 août) sans être trop affectés par la faible dilution apportée par ces pluies.
Les vendanges s’achevèrent le 10 octobre.
Grand Vin du Château Margaux
2018

Château Margaux 2018 fait partie des tout meilleurs vins produits ces dernières années, performance d’autant plus remarquable quand les millésimes 2015 et 2016 sont encore si récents.
Il est en tout cas incroyable de concentration tant la taille des baies était petite et les rendements faibles. Ces indices exceptionnels de tannins n'apportent pourtant aucune agressivité ni exubérance, mais au contraire donnent une allonge et une longueur remarquables à ce vin.
Assez tôt pendant les vinifications, nous nous étions rendu compte de ce potentiel tannique et avons ainsi modéré nos programmes d’extraction, y compris sur nos parcelles de merlots, habituellement moins denses que nos grands cabernets sauvignons. Ces derniers constituent toujours le cœur de Château Margaux puisqu’ils représentent 90 % de l’assemblage. Ils permettent aussi à ce vin, malgré de telles conditions climatiques, de ne pas présenter un degré trop élevé : 14°. L’assemblage de ce vin, qui représente 36 % de la récolte, est complété par 4 % de merlot, 4 % de cabernet franc et 2 % de petit verdot. La puissance et la douceur de ce vin le rendent déjà très impressionnant mais mieux vaut l'attendre patiemment pour pleinement profiter de toutes ses qualités. (Février 2025)
Climat
L’année 2018 est la plus chaude que nous ayons connue depuis le début du 20ème siècle, dépassant la température moyenne annuelle de 1,4°C sur le plan national. Cette année 2018 commença à Margaux par un hiver relativement doux par rapport aux températures normales et ce malgré quelques gelées au mois de février sans conséquence pour notre vignoble. Le reste de l’année fut chaud, voire très chaud, par rapport aux températures de saison : on nota quelques records sur la dernière décade de juin et les dix premiers jours du mois d’août avec plus de 4°C au-dessus des moyennes trentenaires.
Les pluies du premier semestre ont été abondantes, avec près de 630 mm de précipitations à Margaux entre le 1er janvier et le 10 juillet, rendant les conditions culturales assez difficiles. Chaque journée de pluie minimisait l’espoir de faire un grand millésime... Mais les conditions anticycloniques estivales gagnèrent enfin nos régions jusqu’à la fin des vendanges. Les précipitations furent très faibles : 48 mm entre mi-juillet et fin septembre. Ce profil pluviométrique de l’année nous rappelait alors celui du millésime 2009.
Dans ces conditions, la vigne débourra relativement tardivement entre le 4 et le 10 avril. La floraison eut lieu entre le 25 et 28 mai et, malgré d’assez mauvaises conditions, nous n’observâmes, même sur des parcelles de merlots réputées sensibles, ni phénomène de coulure ni phénomène de millerandage. La difficulté la plus grande fût la lutte contre le mildiou qui cette année a conduit à des rendements un peu moindres que ceux que nous avions espérés après la nouaison.
Les vendanges de blanc eurent lieu la semaine du 27 août. Les vendanges de rouge s’étalèrent du 17 septembre au 13 octobre sous les meilleurs auspices. Nous avions encore cette année la possibilité de choisir le meilleur moment pour vendanger nos parcelles : aucun symptôme de Botrytis, une météo clémente, des conditions de maturité suffisamment étalées entre nos merlots les plus précoces et nos cabernets les plus tardifs nous ont permis de prendre le temps d’apporter le soin nécessaire à la vinification de toutes ces cuves. Près d’une centaine de lots différents ont été vinifiés cette année, démontrant encore notre souci de toujours mieux procéder à des sélections de plus en plus précises.
Dans ces conditions, la vigne débourra relativement tardivement entre le 4 et le 10 avril. La floraison eut lieu entre le 25 et 28 mai et, malgré d’assez mauvaises conditions, nous n’observâmes, même sur des parcelles de merlots réputées sensibles, ni phénomène de coulure ni phénomène de millerandage. La difficulté la plus grande fût la lutte contre le mildiou qui cette année a conduit à des rendements un peu moindres que ceux que nous avions espérés après la nouaison.
Les vendanges de blanc eurent lieu la semaine du 27 août. Les vendanges de rouge s’étalèrent du 17 septembre au 13 octobre sous les meilleurs auspices. Nous avions encore cette année la possibilité de choisir le meilleur moment pour vendanger nos parcelles : aucun symptôme de Botrytis, une météo clémente, des conditions de maturité suffisamment étalées entre nos merlots les plus précoces et nos cabernets les plus tardifs nous ont permis de prendre le temps d’apporter le soin nécessaire à la vinification de toutes ces cuves. Près d’une centaine de lots différents ont été vinifiés cette année, démontrant encore notre souci de toujours mieux procéder à des sélections de plus en plus précises.
Grand Vin du Château Margaux
2017

La qualité du Château Margaux 2017 se rapproche de ses illustres prédécesseurs sans pour autant prétendre rivaliser avec la générosité du 2015 ou l’élégance du 2016. Il s’inscrit toutefois dans la lignée des grands millésimes produits au domaine : profond, complexe, intense et long. Il dépasse même par certains égards nos espérances après les pluies de septembre et nous montre une nouvelle fois à quel point les grands terroirs sont capables de s’adapter et de donner toute leur qualité au vin.
Les premières dégustations durant les vinifications furent un moment d’étonnement. Les lots de merlots sont remarquables : des parfums fruités et doux, une rondeur en bouche et un volume riche leur ont permis d’entrer à hauteur de 8 % dans l’assemblage du Grand Vin. Les cabernets sauvignons constituent toujours le cœur et la trame du Château Margaux, à hauteur de 89 % de l’assemblage. À la dégustation, les tannins sont parfaitement mûrs et nous confortent dans le choix d’avoir patienté quelques jours avant de vendanger. La structure de ces vins reste ce mélange rare de puissance et de raffinement. 2 % de cabernet franc et 1 % de petit verdot viennent compléter l’assemblage de ce vin. Le Château Margaux représente 37 % de la récolte. Mieux vaut l'attendre patiemment même s'il donne déjà beaucoup de plaisir. (Février 2025)
Climat
Après une année 2016 relativement sèche, les premiers mois de l’année 2017 apportèrent les précipitations nécessaires au bon équilibre des nappes phréatiques. Les températures n’avaient pas été particulièrement froides en hiver. La vigne débourra autour du 4 avril, mais nous ne nous sommes pas suffisamment méfiés des températures printanières, de sorte que les nuits de gel des 27 et 28 avril vinrent nous rappeler que nous dépendions d’abord de la nature dans nos terroirs. L’emplacement privilégié de nos parcelles nous a cependant permis de limiter les dégâts de ce gel. Seulement 10% de nos parcelles de rouge furent touchées.
Sur l’ensemble du cycle végétatif, seule la dernière semaine de juin fut très pluvieuse. La vigne avait déjà fleuri entre le 25 et le 30 mai dans les conditions les plus propices à une fécondation efficace et homogène. L’été 2017 ressembla peu ou prou à l’été 2016, chaud et très sec sur les mois de juillet et d’août. Seules quelques précipitations début septembre vinrent perturber l’opportunité rare de réaliser un triplé de grands millésimes après 2015 et 2016 ; nous venions juste de rentrer nos raisins blancs quand de fortes précipitations ont gâché nos espoirs d’une très grande année.
Un choix crucial s’offrait alors à nous : ramasser rapidement des raisins pas assez mûrs de crainte d’en avoir certains gâtés par le Botrytis, ou bien vendanger des raisins plus mûrs et plus concentrés grâce à un soleil revenu à la fin du mois de septembre. Fidèles à nos exigences de qualité, et rassurés par des prévisions météorologiques optimistes, c’est bien ce dernier choix que nous avons fait… les vendanges de rouge eurent lieu entre le 12 septembre et le 3 octobre sous des conditions climatiques exceptionnelles.
Grand Vin du Château Margaux
2016

Qu’il est difficile de succéder à un millésime aussi fantastique que 2015. Et pourtant, le Château Margaux 2016 s’inscrit bien dans la continuité des plus grands millésimes de ce début de siècle !
Le nez est particulièrement délicat, complexe et profond. En bouche, le vin est d’un volume, d’une douceur et surtout d’une longueur incroyables. Ce sont, bien sûr, nos grandes parcelles de cabernets sauvignons qui donnent toute l’élégance à ce vin. Ils représentent près de 94 % de l’assemblage. Les merlots et les cabernets francs, avec respectivement 2 % et 3 %, apportent une complexité importante au vin tant au niveau aromatique que grâce à la douceur de leur structure tannique. Les petits verdots enfin, malgré leur faible proportion (seulement 1 % de l’assemblage), apportent un volume et une densité considérables.
Malgré les conditions estivales sèches et ensoleillées de ce millésime, ce vin a gardé tout son potentiel acide, prémices d’une garde fabuleuse. Le Château Margaux 2016 est un vin d’exception, fruit de la combinaison de conditions climatiques exceptionnelles, de la connaissance de notre terroir et d’un effort de sélection important (28 % de la récolte). Il est cependant important de l'attendre patiemment vu son immense potentiel de garde. (Février 2025)
Climat
L’hiver, particulièrement arrosé et relativement doux, entraina un débourrement assez précoce durant la dernière semaine de mars. Les 400 mm de précipitations des 3 premiers mois de l’année aidèrent les nappes phréatiques à se reconstituer après une année 2015 plutôt sèche. Les pluies rapprochées du printemps donnèrent l’impression qu’elles avaient été abondantes. En réalité le cumul de ces précipitations ne fit que représenter l’équivalent de la moyenne des 30 dernières années. La vigne réussit néanmoins à trouver quelques rares et belles journées ensoleillées pour fleurir entre le 6 et 8 juin.
Le contraste avec l’importante sécheresse estivale n’en fut pas moins saisissant. Seuls quelques 8 mm tombèrent aux mois de juillet et août. Même si les très jeunes plants montrèrent quelques signes de stress hydrique marqué, nos vieilles vignes se comportèrent parfaitement, nous montrant une nouvelle fois à quel point ce végétal est doué de capacités d’adaptation incroyables au climat. Bien que sec, l’été ne fut pas exceptionnellement chaud. Seule la deuxième quinzaine d’août fut marquée par des chaleurs plus fortes que les normales. La combinaison de ces paramètres entraîna une véraison assez étalée. Le mois de septembre, avec des journées sèches et des nuits fraîches, permit aux raisins de finir leur maturité dans les conditions les plus optimales.
Les vendanges de rouge, les plus étalées dans l’histoire du domaime, se sont déroulées du 23 septembre au 18 octobre.
Tout au long de l’été, nous ressentions chaque jour un peu plus d’excitation à l’idée qu’un nouveau grand millésime se dessinait…
Grand Vin du Château Margaux
2015
2015 est une année historique, au sens propre, à Château Margaux. Nous avons à la fois célébré le bicentenaire de la construction des bâtiments du domaine en 1815, et inauguré les nouveaux locaux construits par l'architecte Norman Foster. Il est facile d’imaginer à quel point nous avons rêvé que 2015 soit un grand millésime !
Une part du résultat revient sans aucun doute aux décisions prises au moment des assemblages : seulement 35 % de la récolte totale a été retenue pour le premier vin, un record de sévérité dans un millésime de ce niveau. Comme d’habitude, c’est le cabernet sauvignon qui en constitue la trame avec 87 % de l’assemblage ; en plus de sa concentration, de sa finesse, il a cette année une vigueur et une force inhabituelles. Le merlot n’a pas démérité, au moins dans les grandes parcelles ; il entre à hauteur de 8 % dans le premier vin. Cabernet franc (3 %) et petit verdot (2 %) trouvent également leur place dans cet assemblage très élitiste, confirmant que les très grands millésimes permettent en général à tous les cépages d’exprimer leur génie propre.
Comment situer 2015 par rapport à ses prédécesseurs ? C’est une tâche ingrate, et un peu vaine, en particulier pour les plus grands millésimes. Il y a bien sûr des similitudes, des ressemblances, et aussi quelques différences là où on ne les attend pas. Mais on peut évoquer à la fois la force du 2005, la chair du 2009, la subtilité du 2010, et le charme inimitable de Château Margaux. Mieux vaut cependant l'attendre encore patiemment tant son potentiel est immense.
Comme une évidence, le dernier millésime de Paul Pontallier, Directeur Général de Château Margaux de 1989 à 2015, exprime les plus belles qualités de Château Margaux.
Pour toutes ces raisons, Château Margaux a voulu créer un habillage particulier pour son Grand Vin 2015.
Un écrin unique fut conçu, orné d’une magnifique sérigraphie dont le design, spécialement pensé pour ce millésime, est apposé sur le verre à la place des étiquettes habituelles. Le millésime semble avoir été bâti pour l’éternité. (Mars 2025)
Climat
L’hiver, sensiblement plus frais que celui des années précédentes, a conduit à un débourrement tardif mais parfaitement régulier. Les conditions climatiques du printemps ont été optimales, avec un temps ensoleillé et sec ; la floraison s’est donc déroulée de manière rapide et homogène. La chaleur et la sécheresse ont persisté durant les mois de juin et juillet jusqu’à laisser craindre que s’installe un stress hydrique, au moins dans les parcelles les plus sensibles. Heureusement les quelques pluies du mois d’août sont arrivées à point nommé pour raccourcir et homogénéiser la véraison. La sécheresse, qui s’est à nouveau imposée au mois de septembre, combinée à des journées chaudes et des nuits fraîches, a permis aux raisins d’équilibrer leur richesse en sucre par une belle acidité, de rendre leurs tanins plus soyeux et leur potentiel aromatique plus complexe.
Les vendanges de rouge se sont déroulées du 18 septembre au 6 octobre. La petite taille des baies de raisin et leur pellicule plus épaisse laissaient présager une concentration tannique très élevée. Les conditions climatiques de 2015 sont en fait caractéristiques des très grands millésimes comme 2005, 2009 et 2010.
Grand Vin du Château Margaux
2014

Quel soulagement après les moments difficiles vécus en 2013 ! Cette succession de millésimes si différents fait de Bordeaux un lieu unique où l’on peut à la fois s'appuyer sur l'expérience sans avoir la tentation de pouvoir la répéter ! En 2014 nous sommes revenus à des quantités - presque - normales. Certes supérieures à 2013, mais pas encore au niveau que nous souhaitons atteindre. Comme d'habitude lorsque les conditions ne sont pas celles d'un grand millésime, l'écart se creuse entre les meilleurs terroirs et les autres, qui n'ont pas pu, malgré le magnifique mois de septembre, complètement rattraper le retard accumulé en août. Seule notre emblématique parcelle de merlot de l'Eglise a pu rejoindre le premier vin, ce qui ne représente que 5 % de merlot dans l'assemblage. Mais ces merlots sont superbes et comptent parmi les meilleures réussites de ces dix dernières années. Tous les grands cabernets sauvignons sont à leur place, c'est-à-dire la meilleure ! Ils assurent 90 % du premier vin. 3 % de cabernet franc et 2 % de petit verdot complètent cet assemblage somme toute classique ces dernières années.
Château Margaux 2014 correspond à 36 % de la récolte, le noyau dur de la grande qualité. C'est un vin puissant, charnu, dont les tanins soyeux font presque oublier la très grande concentration et la belle acidité. Il ne fait pas partie des plus grands millésimes de ce siècle, mais peut certainement prétendre se situer juste après. Mieux vaut idéalement l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
Après un hiver très doux et pluvieux, sans aucune période de froid notable, le printemps a été "normal": un mois de mai plutôt frais et de juin assez chaud, de telle sorte que la floraison s'est déroulée aux dates habituelles et dans des conditions très favorables; elle a donc été rapide et homogène, contrairement à l'année dernière.
Le mois de juillet n'a pas apporté de grande surprise; en revanche, le mois d'août a été particulièrement frais, sans doute l'un des plus froids que nous ayons connus récemment. Ces températures basses ont dû gêner le bon déroulement de la véraison, qui a beaucoup traîné en longueur. Heureusement il n'a pas beaucoup plu, mais à aucun moment, en juillet comme en août, une véritable sécheresse ne s'est installée. Comme il arrive si souvent à Bordeaux, tout restait possible à la fin du mois d’août, aussi bien la perspective d’un très bon millésime que celle d'une année médiocre... Le temps vraiment estival de septembre a apporté la réponse que nous espérions: la chaleur et la sécheresse ont permis aux raisins de parfaitement mûrir et aux vendanges de se dérouler dans des conditions optimales. Tout le contraire de ce qui s'était passé en 2013... Les vendanges de blanc se sont déroulées du 15 au 19 septembre, celles de rouge du 29 septembre au 10 octobre.
Grand Vin du Château Margaux
2013

C’est dans les millésimes difficiles, à un titre ou à un autre, que les très grands terroirs révèlent leur incroyable suprématie. 2013 n’échappe pas à cette règle, dont on ne connaît pas tous les ressorts. La précocité en est un : nos meilleures parcelles de cabernets avaient déjà atteint un très bon niveau de maturité avant leur vendange précipitée, et il ne s’en est fallu que de quatre ou cinq jours pour qu’elle soit excellente. Les autres raisons restent, et resteront, encore obscures tant le génie des grands terroirs est difficile à percer.
Quoiqu’il en soit, toutes les grandes parcelles de cabernets, sans exception, ont produit de très beaux vins, si clairement au-dessus de tous les autres que l’assemblage du Château Margaux a été en fait facile à décider. Il représente 38 % de la récolte, un chiffre très classique. En revanche, la proportion des cépages est inhabituelle : 94 % de cabernet sauvignon, soit la plus importante part jamais atteinte ; 5 % de cabernet franc, 1 % de petit verdot et… pas du tout de merlot. Même notre meilleure parcelle, que nous avons pourtant vendangée avec un luxe de précautions, s’est avérée décevante. On pourrait donc s’attendre à un vin marqué par le cabernet ; il l’est, mais pas comme on s’y attendrait. Lorsqu’ils sont suffisamment mûrs, les cabernets de Margaux ont un équilibre et une douceur qui en d’autres lieux sont caractéristiques du merlot ; et bien sûr cette finesse et ce charme qui n’appartiennent qu’à leur terroir. Château Margaux 2013 ne prétend pas être un grand millésime ; nous savons bien qu’il est né dans des conditions difficiles. Mais nous avons l’immense privilège de l’avoir fait naître en ce début de XXIe siècle où toutes les attentions, tous les soins, tous les sacrifices sont possibles, et le vin rend justice à ces efforts. On peut commencer à le boire même si, bien évidemment, rien ne presse. (Février 2025)
Climat
Les températures particulièrement fraîches de la fin de l’hiver et du printemps ont retardé le débourrement puis la floraison d’une bonne dizaine de jours par rapport à la moyenne. Et comme il a également beaucoup plu pendant toute cette période, la floraison a été lente et la nouaison difficile, ce qui a entraîné un millerandage généralisé et une coulure importante dans les merlots. Ce dernier phénomène s’est avéré plus modéré pour les cabernets. D’emblée, nous savions que le millésime 2013 ne serait pas abondant…
Heureusement, la sècheresse estivale a permis aux raisins de combler une partie du retard : nous n’avons pas retrouvé à la véraison la même hétérogénéité qu’à la floraison. Il est également probable que leur faible quantité ait accentué ce phénomène de rattrapage. Au début du mois de septembre, l’espoir grandissait d’une récolte certes faible, mais qui semblait mûrir dans d’excellentes conditions.
Septembre a été paradoxal, relativement sec et très humide à la fois. De petites pluies fréquentes ont en effet maintenu une humidité ambiante élevée sans entraîner de cumul important de précipitations. Rien n’était donc joué jusqu’à la fin du mois lorsqu’un développement soudain de botrytis a précipité le début des vendanges ; il n’aura finalement manqué aux raisins qu’une petite semaine de maturation, suffisamment pour gâcher les espoirs d’un grand millésime, pas assez pour lui ôter toutes ses promesses.
Les vendanges de blanc se sont déroulées du 19 au 27 septembre, et celles de rouge du 30 septembre au 11 octobre.
Grand Vin du Château Margaux
2012

La sélection draconienne - un peu moins de 34 % de la récolte dans le premier vin - s'explique surtout par l'hétérogénéité du millésime 2012, liée généralement au stress hydrique subi par les jeunes vignes ou les terroirs sensibles. Quelle déception de n'avoir pu ajouter au premier vin cette fantastique parcelle de jeunes cabernets âgée de 13 ans qui avait si bien réussi en 2010 et 2011 ! Mais quel bonheur de voir nos plus grandes parcelles de vignes matures atteindre de tels sommets de concentration et d'élégance. Les cabernets sauvignons (87 % de l'assemblage) sont remarquables : puissants, denses, charnus et très racés. Les deux lots habituels de merlot (10 %) et le petit lot de cabernet franc (2 %) qui les rejoignent en général n'ont pas failli, mais n'étaient pas meilleurs qu'en 2011. Quant à notre seule vieille parcelle de petit verdot, elle a produit un vin superbe, très différent des plus jeunes.
Nos meilleurs vins de presse, qui sont l'aboutissement d'un processus très sévère de sélection, apportent cette année à l'assemblage une densité et une chair étonnantes, sans lui enlever la moindre finesse. On oublie parfois qu'ils sont le concentré des qualités et des défauts des vins de goutte, et qu'il suffit d'un travail rigoureux pour en exploiter le fantastique potentiel.
Le Château Margaux 2012 est un exemple parfait de la douceur, de la délicatesse, du charme et de l’équilibre qui sont la signature de nos vins depuis des siècles. Il ne lui manque finalement qu’un peu de profondeur et de densité pour être un grand millésime. La douceur de ses tanins lui permet aussi d’être délicieux dès aujourd’hui, même si la raison nous inciterait d’attendre encore un peu avant de le boire… (Février 2025)
Climat
2012 marque le retour à un grand classicisme climatique: à un hiver froid, surtout au mois de février, a succédé un printemps très humide, puis un été très sec avant le retour d'un temps pluvieux à partir du 20 septembre.
Les pluies abondantes jusqu'au 15 juillet ont bien entendu créé des conditions très favorables au développement du mildiou. C'est pourtant cette année que nous avons intensifié, avec le plus grand succès, notre programme de lutte biologique: non seulement plus aucun insecticide n'est utilisé sur la propriété depuis 10 ans, mais en 2012, un seul traitement chimique - contre 7 ou 8 en général - a été appliqué sur les parcelles de grand vin. Nous y sommes presque...
À partir du 15 juillet s'est établi un temps très sec, modérément chaud, mais ponctué de quelques journées de grande chaleur. De telles conditions sont typiques des grands millésimes classiques de Bordeaux; elles permettent à la fois la maturation et la concentration des raisins. Seuls les moins bons terroirs et les jeunes vignes ont souffert du passage soudain d'un printemps très humide à un été très sec.
Le temps a de nouveau changé dès le premier jour de l'automne: les pluies modérées qui sont tombées régulièrement à partir du 20 septembre sont arrivées trop tard pour perturber sérieusement la maturité et l'état sanitaire des raisins, mais elles ont probablement empêché, à quelques jours près, que 2012 soit le grand millésime qu'il aurait dû être.
Les vendanges de blanc se sont déroulées du 10 au 14 septembre, et celles de rouge du 25 septembre au 16 octobre, juste avant que les conditions ne se dégradent vraiment...
Grand Vin du Château Margaux
2011

Quelles que soient les conditions du millésime, le « noyau dur » de la qualité, c'est-à-dire l'ensemble des parcelles qui constituent le cœur de l'assemblage du premier vin de Château Margaux, est remarquablement stable depuis plus de trois cent cinquante ans... Ces très grands terroirs résistent mieux que les autres à la pluie, à la sécheresse, aux maladies, et parfois même à l'inconstance des hommes. 2011 n'échappe pas à cette règle : nous retrouvons dans le premier vin 38 % de la récolte, soit la même proportion que l'année précédente. Bien sûr, le cabernet sauvignon domine toujours aussi largement avec 86 % de l’assemblage. Il possède cette année une force et une vigueur peu communes, heureusement équilibrées par beaucoup de douceur. Puis viennent le merlot (10 %), le petit verdot (2 %) et le cabernet franc (2 %). Château Margaux 2011 est le vin le plus concentré que nous ayons jamais produit. Et pourtant on ressent à peine ses tanins... On peut commencer à le boire, à condition de le décanter à l'avance, mais l'idéal serait de l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
L'année viticole a commencé sous un climat quasi estival avec les mois d'avril et de mai beaucoup plus chauds et secs que la normale. Le démarrage et la croissance de la vigne ont donc été très rapides, et la floraison particulièrement précoce. Par la suite, les mois de juin, de juillet et d’août ont été plutôt frais, mais pas assez humides, surtout à Margaux, pour vraiment modifier l'état de sécheresse du vignoble, caractéristique du millésime. Les 26 et 27 juin s'est produit un épisode caniculaire d'une ampleur jamais vue: de nombreuses grappes prêtes à vérer, compte tenu de la précocité du millésime, ont subi un échaudage entraînant des dégâts parfois importants, notamment dans les parcelles de cabernet sauvignon peu vigoureuses. L'état de stress hydrique du vignoble après trois mois de sécheresse a probablement amplifié ce phénomène dont les conséquences restent, en général, minimes. Les vendanges, qui ont commencé dès le 25 août pour les blancs, et le 5 septembre pour les rouges, ont bénéficié d'un temps en général chaud et sec, ce qui a permis d'effectuer sans hâte les différentes opérations de tri rendues nécessaires par les problèmes d'échaudage. Notre seule déception est la quantité: avec un rendement de 29hl/ha, le millésime 2011 est la plus petite récolte depuis vingt ans!
Grand Vin du Château Margaux
2010

C’est à peine croyable, mais pourtant confirmé : 2010 est au moins un aussi grand millésime de Château Margaux que 2009 ! Comme toujours, ce sont les cabernets sauvignons qui ont le mieux tiré parti de cette année très sèche et plutôt fraîche ; avec 90 % de l’assemblage, ils « font » le vin et lui donnent cette exceptionnelle finesse aromatique, cette puissance contenue et cette subtile fraîcheur. Il ne reste que peu de place pour les merlots (7 %), cabernet franc (1,5 %) et petit verdot (1,5 %). Le génie de ces parcelles de cabernet est fascinant…
Le Château Margaux 2010 est un géant qui n'est pas monstrueux. C'est un vin magique, à la fois classique et hors normes. Classique par sa pureté, sa finesse, sa finale douce et rafraîchissante ; hors normes par son étonnante complexité de parfums et son exceptionnelle puissance. C’est un vin « moderne » au sens où il représente une forme d’aboutissement de la technologie et des efforts de sélection d’aujourd’hui, mais également intemporel, car sa stature et son charme traverseront le temps et les modes éphémères. Mieux vaut cependant l'attendre patiemment avant de le boire... (Février 2025)
Climat
L'hiver plutôt froid et sec a entraîné un débourrement assez tardif, puis les conditions irrégulières du printemps ont conduit à une floraison souvent hétérogène, avec parfois un peu de coulure dans les vieux merlots. Comme toujours, les grands terroirs ont donné l'impression d'imposer leur propre rythme, et de se jouer des aléas climatiques: la floraison y a été rapide, homogène, et parfaitement réussie... Mais il est vrai que les cabernets sauvignons, dont ce sont les terres de prédilection, sont naturellement peu sensibles à la coulure.
A partir de la fin du mois de juin jusqu'à la fin des vendanges, nous avons connu à nouveau le type de sécheresse dont seuls les très grands millésimes de Bordeaux ont le secret: pas assez d'eau pour provoquer un excès de croissance de la vigne, mais juste ce qu'il faut pour favoriser la maturation et stimuler la concentration des raisins. Il nous semblait peu à peu que se répétaient à l'identique les conditions de 2009, ou 2005 ...
Mais les millésimes ne se ressemblent jamais tout à fait. L'été 2010 a été aussi sec, mais plus frais que 2009: pas de températures caniculaires, et des nuits toujours fraîches. Cette fraîcheur relative a tempéré les conséquences de la sécheresse, et probablement permis à quelques jeunes vignes de grands terroirs d'atteindre un nouveau seuil de qualité. Elle a également favorisé l'expression aromatique de tous les cépages, en particulier celle du sauvignon blanc et des cabernets. Elle leur a aussi permis de conserver un très beau niveau d'acidité, idéal pour contrebalancer les degrés alcooliques élevés. (Début des vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2009

2009 est peut-être le plus grand Château Margaux jeune que nous ayons goûté depuis 30 ans.
La nature n'est pas la seule responsable : à peine 36 % de la récolte (31 % à la mise en bouteilles) sont rentrés dans le premier vin. Une sélection impitoyable pour un si grand millésime. Mais en 2009 elle s'est vraiment surpassée en permettant aux raisins des plus grands terroirs d'atteindre un niveau exceptionnel de concentration, de finesse, d'équilibre et de fraîcheur. Les cabernets (87 % de l'assemblage) n'ont d'équivalent qu'en 2005, mais ils sont plus tendres ; les deux seuls lots de merlot retenus (9 %) n'ont quant à eux pas d'équivalent. Le cabernet franc (2 %) et le petit verdot (2 %), sont, eux aussi, à leur meilleur niveau. Le Château Margaux 2009 est un vin hors norme, à la fois par sa puissance tannique et son ampleur, qui font penser à 2005, et sa douceur, qui rappelle 1990. Et comme son degré alcoolique dépasse à peine 13, sa finale reste fraîche, savoureuse, et d'une longueur mémorable. Quand le boire ? Voilà une question à laquelle il est bien difficile de répondre tant il est déjà charmeur et irrésistible mais que son potentiel est immense. (Février 2025)
Climat
Après un hiver froid et sec, le mois d'avril a été froid et pluvieux, de sorte que le débourrement a été relativement tardif, et la croissance des bourgeons plutôt lente. Mais à partir du 1er mai les températures se sont nettement élevées et stabilisées au-dessus de la moyenne, sans pour autant devenir excessives. La floraison a donc été rapide et complète, promesse d'une maturité très homogène. Dans le même temps commençait à s'installer une sècheresse dont nous ne soupçonnions alors ni l'ampleur, ni la durée. Très peu de millésimes – à part 2005 – ont en fait connu un tel phénomène : depuis le 10 juillet, il n'a pratiquement pas plu jusqu'à la fin des vendanges, le 14 octobre ! De telles conditions sont particulièrement favorables aux plus grands terroirs, qui sont capables d'assurer une alimentation en eau régulière de la vigne, ainsi qu'au cabernet sauvignon, moins sensible à la sècheresse que le merlot. En revanche les vignes, dans certains sols légers moins bien pourvus en argile, ont parfois eu du mal à amener leurs raisins à parfaite maturité. Si la sécheresse estivale s'est accompagnée de températures parfois très elevées dans la journée, les nuits sont restées fraîches. Cette amplitude diurne importante a favorisé l'accumulation des tanins et des anthocyanes dans les pellicules des raisins rouges, et préservé la fraicheur des arômes, en particulier ceux des sauvignons blancs. Tous les éléments se mettaient progressivement en place pour faire de 2009 un très grand millésime. (Début des vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2008

Aucun millésime entre 2004 et 2008, à l'exception notable de 2005, bien sûr, n'a connu un glorieux mois d'août ; et pourtant les raisins ont chaque fois su bien mûrir, au moins dans les grands terroirs, grâce aux très belles conditions du mois de septembre. Mais aussi à tellement d'autres facteurs dont nous méconnaissons l'influence ! En 2008, il est probable que la sécheresse de juillet ait modéré les conséquences des pluies – régulières mais faibles – du mois d'août. Le beau temps à partir de mi-septembre les aurait ensuite fortement limitées. Il n'y a pas de miracle, tout juste de l'ignorance…
Comme toujours c'est la rigueur de la sélection qui révèle l'esprit parfois caché du millésime. 2008 n'échappe pas à cette règle : le premier vin ne représente que 36 % de la récolte (cette proportion ne dépassera d'ailleurs pas 31 % au moment de la mise en bouteilles, une fois perdus pour lui les vins de lies que produisent les soutirages au long de l'élevage en barriques). Chaque cépage trouve harmonieusement sa place : nos meilleurs merlots, qui comptent pour 10 % de l'assemblage, apportent une puissance, un gras et une chair qu'ils n'avaient ni en 2007, ni en 2006. Les cabernets sauvignons, avec 87 %, en sont comme d'habitude le cœur : ce sont eux qui le font vivre, et qui nous font vibrer… N'oublions pas 1,5 % de cabernet franc et 1,5 % de petit verdot ; leur présence modeste n'est sûrement pas à la mesure de leur influence réelle.
Ce millésime 2008 est un très beau Château Margaux, doté d'un nez d'une grande finesse et d'une grande pureté, aussi profond et charmeur que 2004. C'est sa puissance en bouche qui surprend. On ne l'attendait pas si dense, si long, si riche. Quels beaux tanins ! Ils donnent au Château Margaux 2008 une texture très serrée ainsi qu'une grande longueur et finalement un caractère plus classique que nous l'avions pensé. À attendre idéalement encore quelques années. (Février 2025)
Climat
Après un hiver assez sec, le printemps a été humide et frais ; très frais même au début du mois d'avril : il a fallu déclencher – avec succès ! – notre système d'aspersion antigel le 7 avril à Virefougasse, notre parcelle de sauvignon blanc. Le mois de mai a été particulièrement humide, ce qui a créé des conditions très favorables au développement du mildiou à une période de grande sensibilité de la vigne ; pour la deuxième année de suite il a donc fallu être très vigilant dans la protection phytosanitaire. Nous avons néanmoins poursuivi nos efforts en vue de trouver une solution alternative aux traitements chimiques ; c'était une occasion à ne pas manquer ... La floraison est intervenue au tout début du mois de juin, exactement à la date normale. Elle a été en partie perturbée par de fortes pluies qui sont sans doute responsables de la coulure et du millerandage observés dans certaines parcelles de merlot. Comme il y avait de toute façon une « sortie » plus faible- c'est-à-dire moins de grappes - que l'année dernière on pouvait d'ores et déjà s'attendre à une récolte moins importante. Tout l'été a ensuite été frais avec des températures inférieures d'environ deux degrés à la moyenne pour les mois de juillet, août et septembre. Mais juillet a été très sec (à peine 10 mm de pluie) alors qu'il a plu régulièrement en août et jusqu'au 15 septembre. La fraîcheur et l'humidité ont bien sûr ralenti la véraison et la maturation, et miné petit à petit notre optimisme ... Et puis – encore un miracle diront certains – le temps a complètement changé à partir de mi-septembre : il a commencé à faire beau et sec, et ce beau temps ne nous a pratiquement pas lâché jusqu'à la fin des vendanges un mois plus tard ! (Début des vendanges le 3 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
2007

A trop parler de miracle, on oublie que la nature est juste capricieuse, surtout à Bordeaux… Mais c’est justement la succession de millésimes si différents et si imprévisibles qui donne à Bordeaux un peu de son charme, une part de son intérêt, et surtout à nos vins un génie à nul autre pareil. Qui aurait cru à la fin du mois d’août qu’ils pourraient atteindre un tel niveau de qualité ? Ah, ce fameux été indien dont nous rêvons toujours, qui nous fait parfois défaut mais qui soulève, quand il daigne apparaître, notre cœur d’un fol enthousiasme ! 2007 est un de ces millésimes où se sont succédé l’inquiétude – l’angoisse parfois –, l’espoir, l’enthousiasme, le doute et la sérénité. Mais notre réaction la plus constante a finalement été la sévérité, en particulier à l’assemblage avec seulement 32 % de la récolte qui a rejoint le premier vin (la sélection la plus rigoureuse jamais pratiquée à cette époque). Toutes nos grandes parcelles sont pourtant là, quelques-unes à leur meilleur niveau : les cabernets, bien sûr, si nobles, si racés, fins et denses à la fois. Avec 87 % de l’assemblage, ils dominent comme d’habitude la personnalité du Château Margaux 2007. Les merlots (11 %) y trouvent cette fois-ci mieux leur place, grâce à leur texture pleine, tendre et riche, en compagnie du cabernet franc (2 %) que les conditions du millésime ont apparemment bien servi. Finalement, seuls quelques cabernets tardifs et nos petits verdots n'ont pas rejoint l'assemblage, leur maturité ayant été trop difficile. Déjà si charmeur, il est difficile de lui résister même si la sagesse demanderait de l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
L'hiver particulièrement doux et sec a entraîné un débourrement précoce de la vigne, en avance d'au moins quinze jours par rapport à une année moyenne comme 2006. Puis le printemps a été, comme d'habitude, contrasté : mars doux et humide ; avril très chaud et très sec ; mai doux et très pluvieux ; juin à peu près normal, juste un peu plus humide que la moyenne. La floraison a donc été étalée, mais sans coulure significative. Tant de petits et de grands millésimes ont en fait commencé de la sorte...
À partir de fin juin s'est établi durablement un temps frais et relativement peu ensoleillé, caractérisé par des pluies fréquentes qui ont donné une impression générale « d'été pourri ». Ces conditions ont été très favorables au mildiou, heureusement bien mieux maîtrisé aujourd'hui qu'autrefois, ainsi qu'à la croissance des vignes qui n'ont cessé de pousser jusqu'à la fin du mois d'août. Nous commencions alors à nous inquiéter un peu, tout en sachant par expérience qu'un retournement de situation, quelques semaines avant les vendanges, n'est pas inhabituel...
L'heureuse surprise d'un fantastique mois de septembre, chaud et très sec n'aurait donc pas dû nous prendre au dépourvu : tant de bons et très bons millésimes, comme 2002 et 2004 tout récemment, ont connu un tel scénario ! Ce grand beau temps s'est même longuement poursuivi en octobre et a permis de vendanger très tard des parcelles enfin arrivées à maturité à l'issue d'un cycle végétatif d'une longueur record. (Vendanges le 27 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2006

Depuis quelques années, les grands et les très grands millésimes se succèdent, apportant certainement la preuve que – au moins jusqu’ici – les conditions climatiques sont devenues particulièrement favorables à la maturation des raisins de cabernet. Mais il ne faut pas oublier que ce succès est aussi le résultat d’une sélection de plus en plus rigoureuse : en 2006, à peine 36 % de la récolte est rentrée dans le premier vin, ce qui ne fera plus qu’un petit tiers au moment de la mise en bouteilles, après l’inexorable perte des vins de lie à chaque soutirage pendant son élevage en barrique.
Un seul petit lot de merlot, au demeurant remarquable, a finalement rejoint l’assemblage, mais il n’en représente que 4 %. C’est la première fois que nous en avons aussi peu. Le petit verdot (4 %) et le cabernet franc (2 %) tiennent leur rang ; ils apportent l’un et l’autre un supplément de complexité difficile à définir, mais sans doute indispensable à la personnalité des vins de Château Margaux.
Les cabernets sauvignons occupent donc presque toute la place : 90 % ! Ils donnent au 2006 une finesse aromatique hors du commun, une richesse tannique qui ne le cède qu’au 2005, et une texture particulièrement dense et serrée. La finale est très longue, vive et fraîche, un peu ferme mais déjà si savoureuse.
2006 est donc un grand millésime de Château Margaux. Bien sûr il n’est pas 2005, ni 2000 ; ceux-là sont exceptionnels… Mais il possède à la fois la grâce et la pureté de 1996, la fraîcheur si classique de 2004 et la puissance envoûtante de 1986 ou 1995. Un tel équilibre exprime avec éclat la noblesse du terroir de Château Margaux mais demande aussi un peu de patience. Nous recommandons de l'attendre encore quelques années même s'il procure déjà énormément de plaisir. (Février 2025)
Climat
Après un hiver plutôt froid, particulièrement au mois de février, mais heureusement plus humide qu'en 2005, le printemps a été tellement sec que nous avons presque commencé à craindre le manque d'eau. Mais ce serait oublier à quel point la vigne est adaptée à la sécheresse, et surtout que les grands terroirs savent si bien amortir de tels excès. Par contre la gelée du 11 avril a pris en défaut notre système de protection antigel de Virefougasse, la parcelle qui produit le Pavillon blanc, et sérieusement réduit son rendement potentiel...
La floraison s'est déroulée dans d'excellentes conditions, et laissait présager une vendange rouge de quantité moyenne à une date très proche des deux années précédentes.
L'été a ensuite été chaud, même caniculaire pendant la deuxième quinzaine de juillet, puis un peu plus frais en aout. Il a surtout été plutôt sec : il a moins plu en juillet/août que pendant la même période en 2003 ! Le mois de septembre a présenté les contrastes habituels : très chaud et sec pendant les dix premiers jours, puis doux et humide jusqu'au début des vendanges, suffisamment sec ensuite pour vendanger sans hâte. Ce scénario ressemble étrangement à celui de l'année 1996, qui a connu les mêmes pluies estivales, la même période très favorable à la fin du mois d'août, et exactement la même pluviométrie du premier septembre à la fin des vendanges... (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2005

2005 est un vrai pur et grand millésime de Château Margaux !
Il en a d'abord toute la noblesse : ce nez inimitable de finesse, de grâce et de profondeur qui n'appartient qu'à son terroir, et à quelques millésimes de rêve. Il en a aussi la force : sa concentration est exceptionnelle, supérieure à 2000 et même 2003 ! Elle s'exprime à première vue par une couleur d'une intensité inédite, et au palais par une densité et une longueur extraordinaires. Et pourtant ce n'est pas la puissance qui a le dernier mot, mais la volupté et l'harmonie. Les cabernets sauvignons (85 % de l'assemblage) sont bien sûr les grands responsables de cet équilibre, car ils sont arrivés à parfaite maturité sans que leur degré alcoolique dépasse 13. L'unique merlot qui les a rejoints (8 % de l'assemblage) est le seul à n'avoir pas atteint 14 degrés.
Bâti pour l'éternité, il s'est considérablement ouvert ces cinq dernières années même si, dans l'idéal, nous recommandons de l'attendre encore quelques années. (Février 2025)
Climat
L'hiver plus frais que la moyenne a retardé le débourrement d'une semaine par rapport aux dates habituelles. Puis le printemps chaud et ensoleillé a favorisé une croissance régulière et permis une floraison rapide dès les premiers jours de juin, exactement aux mêmes dates que l'année dernière. Grâce aux excellentes conditions climatiques, la nouaison a été parfaitement réussie, mais la quantité de récolte paraissait d'ores et déjà inférieure à 2004, car il y avait nettement moins de grappes par pied.
Tout l'été a été beau, et surtout particulièrement sec : à peine 100 millimètres de pluie sont tombés entre le 1er mai et le début des vendanges ! Nous n'avions jamais vu chose pareille... Heureusement, il a fait chaud sans excès. On imagine à peine quelles auraient été les conséquences d'une telle sécheresse en 2003 ! Mais les grands terroirs - c'est en partie pour cette raison qu'ils sont des grands terroirs - ont une extraordinaire capacité à amortir les excès de la nature. Ils semblent réagir avec le même sens de la mesure et de l'équilibre qui caractérise les vins qu'ils produisent. (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2004

2004 est né dans des conditions proches de 1996 : même été incertain, même arrière-saison privilégiée, mêmes vendanges pluvieuses… Mais la pluie de la dernière heure ne modifie pas le corps du vin, ni n’affaiblit ses muscles. Elle enlève juste un peu de gras, ce qui affine d’ailleurs la silhouette. Château Margaux 2004 est donc un grand classique. Son nez est d’une grande finesse et surtout d’une très grande pureté. Dans cette combinaison subtile d’arômes floraux, fruités et épicés, tout est là mais rien ne domine. En bouche, la trame tannique est tendue, serrée, fine et tendre ; il se dégage de ce vin une impression d’équilibre, de précision, de pureté et de fraîcheur si caractéristiques des grands millésimes. Il en a en plus cette grâce aérienne qui n’appartient qu’aux plus grands Margaux. On peut dès à présent commencer à le boire, même si un très bel avenir lui est promis. (Octobre 2025)
Climat
Après un débourrement assez tardif, le printemps a été frais et plutôt sec. Puis les températures sont remontées vers la fin du mois de mai, tandis que commençait à s'installer une sécheresse précoce et durable. En conséquence, la floraison a été rapide et la nouaison parfaitement réussie, confirmant ainsi nos prévisions d'une récolte généreuse. L'été a été « normal », au sens où ne s'est manifesté aucun excès notable de chaleur, de fraîcheur, de pluie ou de sécheresse. A la fin du mois d'août, tout restait possible, y compris la perspective d'un grand millésime. Le mois de septembre, chaud et sec, a donc été décisif, comme il arrive si souvent à Bordeaux ; il a permis une maturation régulière et complète de tous les cépages. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
2003

Nous aurions pu nous attendre, en raison des conditions climatiques extrêmes de l'été, à un nez plutôt chaleureux, marqué par des arômes de fruits très mûrs, noirs, voire rôtis ; mais ce sont les fruits rouges, la fraîcheur, la pureté, qui sautent littéralement du verre. On retrouve même, comme en 1996 et 2000, une double note florale et légèrement épicée qui s'insère avec bonheur dans ce cocktail très complexe, où le bois neuf s'est d'ailleurs déjà totalement intégré, comme « digéré » par la matière du vin.
Et quelle matière ! Nous savions bien sûr que tous les vins étaient extrêmement concentrés. Il faut dire qu'à la chaleur de l'été s'est ajouté un très faible rendement. Pour autant, l'assemblage du 2003, renforcé par un excellent vin de presse, possède une densité qui n'a presque pas d'équivalent parmi les millésimes récents. Cette densité donne au vin non seulement puissance et force mais aussi profondeur et longueur, et surtout une texture tannique si serrée qu'elle en devient soyeuse.
On a beaucoup parlé, cette année, de l'acidité et de ses mystères. Il est vrai que rarement les raisins ont été vendangés avec une acidité aussi basse qu'en 2003 et pourtant nous nous retrouvons aujourd'hui avec une acidité totale exactement dans la moyenne des vingt derniers millésimes. Ce millésime aux conditions que l'on a crues extrêmes nous aura finalement offert un très grand classique ! Bien que voué à un superbe avenir, on peut commencer à en ouvrir les premières bouteilles, à condition de bien les décanter. (Février 2025)
Climat
2003 est un millésime très précoce marqué surtout par une exceptionnelle chaleur estivale. De telles conditions – que l'on a parfois qualifiées d'extrêmes – ont suscité beaucoup d'interrogations et parfois d'inquiétude, mais les plus grands terroirs ont remarquablement su tirer leur épingle du jeu en assurant au raisin une maturité parfaitement équilibrée.
Les vendanges ont commencé le 10 septembre, comme en 1989, qui était l'année la plus précoce depuis 1893.
Grand Vin du Château Margaux
2002

Le rendement des vignes de merlots a été fortement affecté, surtout dans les vieilles vignes, par les phénomènes de coulure et surtout de millerandage. On aurait pu penser qu’une production relativement faible leur permettrait de mûrir dans de meilleures conditions, mais le beau temps est arrivé trop tard pour les merlots dont la maturité était déjà jouée. Leur qualité a été globalement décevante.
Par contre, les cabernets et les petits verdots ont pleinement bénéficié de cet été indien qui caractérise tant de très bons, voire de grands millésimes à Bordeaux. Leur qualité était dans l’ensemble remarquable.
Logiquement, notre assemblage final comporte très peu de merlots, l'une des proportions les plus faibles de notre histoire. C’est donc un vin essentiellement de cabernet sauvignon, fin et pur, riche, serré et tendre. Peut-être lui manque-t-il une dimension de complexité et de profondeur pour être considéré comme un grand millésime ? Un très beau mois de septembre peut certainement rattraper l’essentiel mais ne peut pas totalement remplacer la maturité acquise lors d’un glorieux mois d’août. Aujourd’hui, le Château Margaux 2002 a acquis davantage de finesse, sans rien perdre de sa structure tannique serrée qui augure d’un excellent vieillissement. Nous recommandons de l'attendre idéalement encore quelques années même s'il procure déjà beaucoup de plaisir. (Octobre 2025)
Climat
Les conditions climatiques, assez défavorables au moment de la floraison, ont entraîné un millerandage très important dans les vieilles parcelles de merlots.
L'été a été frais et relativement humide, surtout le mois d'août. Mais à partir du mois de septembre, s'est heureusement installé jusqu'à la fin des vendanges un temps sec, chaud et ensoleillé. (Vendanges le 30 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
2001

Le retard inhabituel des vendanges par rapport à la date prévue au moment de la floraison ne s’explique pas de manière simple. Peut-être les conditions climatiques ont-elles été particulièrement favorables à la croissance de la vigne et au détriment de la maturation des raisins. Grâce à un mois de septembre globalement clément, ils ont néanmoins pu atteindre en général un très bon niveau de maturité. Dans quelques parcelles cependant, des cabernets sauvignons n’ont pas pu mûrir parfaitement bien. Par contre, tous les petits verdots, pourtant plus tardifs, étaient remarquablement mûrs et encore meilleurs qu’en 2000.
Le Château Margaux 2001 confirme clairement son statut de très beau millésime. Il nous rappelle en fait le 1999, à la fois par sa grande finesse aromatique et sa texture tannique si tendre et harmonieuse. Peut-on trouver à redire du vif plaisir que l'on éprouve déjà à boire ces 2 vins ? Nous sommes convaincus que cette harmonie précoce, héritage d'une parfaite maturité du raisin, nous réserve de longues années de bonheur. On pourra donc boire 2001 assez tôt si l'on apprécie la fraîcheur et la pureté du fruit – et pourquoi s'en priver ? – ou dans 15 ou 20 ans, si l'on préfère attendre que se soit développée la finesse du bouquet du vieillissement. Seul l'équilibre ne changera pas. (Octobre 2025)
Climat
Après un hiver très pluvieux, la floraison a été rapide et homogène. Durant tout l'été, une alternance inhabituelle de périodes chaudes et fraîches, sèches et humides, a favorisé la croissance et ralenti la maturation des raisins. Nous avons vendangé avec huit jours de retard mais sous le beau temps. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
2000

Rarement, peut-être jamais (sauf en 2010), les vins, notamment de cabernets, ont-ils été aussi concentrés. Nous dépassions même dans certains cas les niveaux déjà historiques de 1986 et de 1995, avec une élégance et une douceur en bouche qui nous rappelaient aussi 1990 et 1996. En fait, il nous semblait que 2000 établissait une nouvelle référence de qualité jamais atteinte auparavant, au moins dans le style. Ces premières impressions n'ont fait que se confirmer depuis. Le vin a acquis une texture un peu plus serrée tout en gardant cette finale si douce, et surtout si longue, qu'elle semble ne jamais se terminer… La mise en bouteilles a eu lieu en novembre 2002, après plus de 2 ans d'élevage en barriques neuves. Un si long élevage est inhabituel mais pas vraiment rare : il accompagne la plupart des plus grands millésimes. Mettant à rude épreuve notre patience, mieux vaut encore attendre quelques années avant de l'ouvrir, à moins de le décanter plusieurs heures à l'avance. Un vin construit pour l'éternité. (Février 2025)
Climat
Les mois d'avril et mai, chauds et pluvieux, favorisent le développement précoce du mildiou, qui sera stoppé par les conditions très sèches de l'été. L'absence totale de pluie en août et début septembre a été très bénéfique à la maturation et à la concentration des raisins. Quelques pluies faibles au début des vendanges n'ont pas pu gâcher ce millésime de rêve. (Vendanges le 25 septembre).
Grand Vin du Château Margaux
1999

Le même scénario qu’en 1998 s’est pratiquement reproduit en 1999 : une période exceptionnelle de beau temps au mois d’août et début septembre amène les raisins à une maturité proche de la perfection ; puis de fortes pluies à la fin du mois de septembre (ce qui empêche les raisins d’atteindre, à quelques jours près, la maturité des grands millésimes, comme en 1998, ou provoque une légère dilution, comme c’est le cas en 1999). Dans les deux cas, les vins sont « presque » de grands millésimes ; on mesure bien l’importance cruciale d’une période de beau temps durant le mois d’août, tandis que des pluies, même fortes, au moment des vendanges ne sont pas rédhibitoires.
Le Château Margaux 1999 est caractérisé par sa très grande finesse, son intensité et sa complexité aromatiques. Le nez est à la fois d’une grande pureté et d’un grand classicisme. L’impression en bouche est d’abord de délicatesse, de souplesse puis de douceur, de gras et de densité avant de finir sur une très grande longueur qui témoigne de la réelle puissance du vin. Un Château Margaux extrêmement charmeur auquel il est très difficile de résister aujourd'hui mais qui n'a pas fini de nous surprendre. Une grande réussite. (Février 2025)
Climat
Après une floraison précoce, l'été a été chaud et ensoleillé, avec des passages pluvieux isolés: des conditions très favorables à la maturation des raisins, mais aussi au mildiou. Du 20 août au 10 septembre, le temps très sec a conduit la maturation et la concentration des raisins à un niveau exceptionnel; puis de fortes pluies sont arrivées jusqu'à fin septembre. (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1998

Nous sommes passés très proches d’un grand millésime, à quelques pluies près au tout début des vendanges… Dès le départ, les vins aussi bien de merlot que de cabernet étaient d’une concentration étonnante, qui rappelait les millésimes 1995 et 1986. Ils ont pu paraître dans un premier temps un peu fermes et austères, mais ont acquis beaucoup de rondeur et d’harmonie au cours de l’élevage en barriques.
Aujourd’hui, le Château Margaux 1998 présente des arômes d’une grande fraîcheur où dominent les fruits, notamment les fruits rouges, et persistent encore des notes vanillées et torréfiées qui se fondent petit à petit dans le vin. L’impression en bouche est d’une grande puissance avec des tanins frais, fermes mais gras, qui donnent à ce vin une dimension très classique.
1998 est incontestablement un vin de grande garde qu'il convient idéalement d'attendre encore quelques années. (Octobre 2025)
Climat
Les dates de débourrement, de floraison et de véraison correspondent exactement aux moyennes. Le fait marquant du millésime est la chaleur exceptionnelle et la sécheresse du mois d'août qui ont permis l'acquisition précoce d'un excellent niveau de concentration. Les pluies importantes de fin septembre sont survenues trop tard pour entraîner une dilution significative. (Vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1997

Les conditions globalement défavorables du mois d’août n’ont pas permis aux raisins d’atteindre la concentration des grands millésimes. Mais le temps exceptionnel du mois de septembre et des vendanges les a conduits à un excellent niveau de maturité.
Le Château Margaux 1997 se distingue par sa grande élégance et sa finesse aromatique, dignes des grands millésimes ; également par son harmonie et son équilibre en bouche, où les tanins sont bien fondus et presque déjà suaves. Il ne lui manque finalement qu’un peu plus de densité et de profondeur pour être un vrai grand millésime.
On peut le boire dès aujourd’hui, tellement il donne déjà de plaisir, mais rien ne presse, bien au contraire. Une vraie réussite dans ce millésime souvent jugé compliqué. (Octobre 2025)
Climat
Après un début d'année particulièrement sec et chaud et une floraison précoce mais très étalée, juillet a été sec et chaud, août pluvieux et très chaud, donc difficile sur le plan phytosanitaire. Heureusement, à partir du début du mois de septembre, s'est installé un temps très sec et chaud qui a duré jusqu'à la fin des vendanges. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1996

Cette année compliquée aura été très riche d’enseignements, car elle sort du schéma classique – sûrement trop simple – des grands millésimes. On peut entre autres se demander si les fortes pluies qui sont intervenues à la fin du mois de septembre n’ont pas été, contrairement à ce que l’on craignait, plutôt favorables à la maturation des cabernets sauvignons, comme cela avait d’ailleurs sûrement été le cas en 1995.
Quoi qu’il en soit, ce millésime aura finalement offert un vin dont le classicisme et la pureté feront date. Très rarement, en effet, les cabernets sauvignons ont-ils atteint une telle perfection de style et un tel équilibre. Encore plus rarement peut-être, un vin jeune, à peine assemblé, a-t-il été aussi impressionnant et émouvant à la fois, par la pureté de son fruit, la densité de sa texture et l’harmonie de ses formes… Un Margaux de rêve auquel il est très difficile de résister mais dont le potentiel de garde est immense. (Février 2025)
Climat
Après une floraison très rapide, l'été a été irrégulier, avec une alternance de périodes chaudes et fraîches et des précipitations orageuses, moins importantes dans le Médoc que sur la rive droite. A partir du 1er septembre s'est installé pendant trois semaines un temps frais et très sec ; puis il a plu et le beau temps est revenu pour vendanger les cabernets. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1995

1995 est un vrai grand millésime dont le vin porte toutes les marques : puissance, profondeur, richesse, complexité, subtilité et harmonie. Aujourd’hui le nez n’est pas vraiment fermé mais encore plein de retenue : tous les arômes sont bien là, mais un peu dans l’ombre. En bouche, c’est évidemment la puissance qui domine ; la trame tannique est dense, serrée et ferme (mais sans être dure pour autant). Il faudrait idéalement attendre encore quelques années avant de commencer à boire ce vin superbe dont l’équilibre est le garant d’une évolution harmonieuse. (Octobre 2025)
Climat
Après un hiver très clément, le débourrement et la floraison ont été précoces et homogènes. Tout l'été a été celui d'un très grand millésime: chaud et très sec. Les pluies assez importantes intervenues au milieu du mois de septembre ont sûrement été en partie bénéfiques à la maturation des raisins; puis le temps a été superbe pendant les vendanges. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1994

Peut-être en 1994 les cabernets sauvignons ont-ils manqué, malgré tout, de quelques jours de soleil supplémentaires. Ils ont donné des vins très concentrés, tanniques, avec une finale un peu dure.
Château Margaux 1994 est un vin dense et puissant, longtemps un peu austère. La structure tannique est serrée, mais plus fondue qu'on pouvait le supposer au moment de l'assemblage.
Aujourd'hui, le bouquet se développe bien, le charme commence doucement à se subsituer à la puissance et nous pouvons commencer à le boire. (Février 2025)
Climat
Un été particulièrement chaud et sec et des vendanges très précoces ont permis d'atteindre un remarquable niveau de concentration et de richesse. Les fortes pluies qui ont marqué les vendanges sont intervenues trop tard pour vraiment gêner la maturation des raisins. (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1993

Les mauvaises conditions des vendanges n'ont réussi qu'à atténuer une qualité qui s'annonçait superbe. D'une manière générale, c'est en effet « août qui fait le moût » ; c'est en tout cas à ce moment là que se détermine le potentiel de qualité.
Ce vin possède la finesse, la subtilité et le charme des très bons millésimes, ainsi que l'équilibre des proportions, mais il n'en a pas la densité, ni la profondeur. Il est très agréable à boire aujourd'hui mais rien de presse. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, les conditions climatiques ont été très favorables à la floraison, qui a été particulièrement rapide et homogène. Le mois de juillet a été sec mais frais ; le mois d'août très chaud et sec. Au 10 septembre, le potentiel qualitatif était remarquable. Malheureusement les vendanges ont été très pluvieuses. (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1992

Un très gros travail à la vigne a été nécessaire pour pallier les conditions climatiques assez défavorables. D'abord pour la protection du vignoble, puis pour éclaircir la récolte qui s'annonçait importante, et enfin dans la sélection au moment des vendanges qui a été particulièrement soignée.
On trouve beaucoup de distinction et de finesse dans ce vin aux proportions relativement modestes mais très harmonieuses. On aurait pu craindre dans ce millésime un niveau insuffisant de maturité des tanins, mais leur souplesse et leur rondeur attestent une fois encore le génie du terroir.
Château Margaux 1992 présente aujourd'hui beaucoup de charme et de finesse au nez. En bouche, il est tendre, fin et se termine sur une note très douce. Ce n'est peut-être pas un vin qui impressionne, mais il donne beaucoup de plaisir…
On peut commencer à le boire, sans se presser. (Février 2025)
Climat
Après un hiver très sec, le temps a été humide pendant la floraison, qui fut longue et hétérogène. L'été a été chaud mais le mois d'août fut particulièrement pluvieux, ce qui a rendu la protection phytosanitaire du vignoble plus difficile que d'habitude. Le beau temps ne s'est jamais vraiment établi par la suite. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1991

Le gel du 21 avril a frappé le vignoble de manière très hétérogène. Les merlots, situés en majorité sur les terres argilo-calcaires en partie basse de la propriété, ont été gelés à 100 %. Heureusement nos grands cabernets sauvignons sur les croupes de graves qui « regardent la rivière » ont été intégralement épargnés.
Presque jusqu'au moment des vendanges nous avons espéré que ces conditions finalement proches des millésimes 1945 et 1961 conduisent également à un très grand millésime, mais la pluie a modéré au dernier moment nos espoirs. C'est néanmoins une très belle réussite et un excellent vin. Lors des rares occasions où nous avons ouvert quelques bouteilles de cette toute petite récolte, nous avons été surpris tant par la concentration que par la douceur de ce vin. (Février 2025)
Climat
Le froid qui a suivi une gelée de printemps historique, le 21 avril, a retardé la croissance jusqu'à la fin du mois de mai. L'été chaud et sec a permis un rattrapage étonnant de la végétation, amenant cette faible récolte à une maturité excellente. Malheureusement de fortes pluies juste avant les vendanges ont limité une qualité qui s'annonçait remarquable. (Vendanges le 30 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1990

Les vendanges ont duré presque un mois car les cabernets ont mûri nettement plus tard que les merlots. Nous nous sommes même arrêtés 10 jours à la fin du mois de septembre pour permettre aux cabernets d'achever leur maturation. La chance nous a souri car il a fait un temps exceptionnel. 1990 est le troisième d'une série de très grands millésimes, avec 1988 et 1989. Au classicisme de 1988 succédaient l'opulence et la générosité de 1989. 1990 nous a tout de suite émus par son charme et sa très grande finesse. Il est surprenant de constater que deux millésimes aux conditions apparemment similaires, comme 1989 et 1990, aient donné des vins aussi différents ! Ainsi, quelques jours de forte chaleur, une pluie inopportune ou une sécheresse prolongée peuvent avoir une grande influence ! D'emblée les vins du millésime 1990, merlots, cabernets et petits verdots étaient exceptionnellement séduisants, riches et tendres avec un grain serré mais doux. Tous les éléments aromatiques et gustatifs apparaissent déjà merveilleusement fondus dans ce vin dont la parfaite harmonie dissimule une puissance comparable au 1989. On peut le boire maintenant, comme on pouvait d'ailleurs le boire peu de temps après sa mise en bouteille, comme on pourra selon toute vraisemblance le boire dans vingt ans, trente ans ou même plus… pour notre plus grand plaisir. (Février 2025)
Climat
Après un hiver clément, la floraison a été précoce mais assez longue et hétérogène. Comme en 1989, l'été a été tellement chaud et sec qu'à la fin du mois d'août les jeunes vignes souffraient vraiment de sécheresse. Les deux épisodes pluvieux de septembre ont été très bénéfiques à la maturation finale des raisins, qui ont été vendangés sous un très beau temps. (Vendanges le 17 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1989

Les vendanges ont été en 1989 les plus précoces depuis 1893, où elles avaient commencé le 17 août à Château Margaux. Merlots, cabernets, et petits verdots ont atteint un exceptionnel niveau de maturité qui rappelait le légendaire 1982 ; la richesse en sucre était même plus importante en 1989.
L’évolution du vin en bouteille a confirmé les grands espoirs qu’il avait immédiatement fait naître. Richesse, complexité et opulence pourraient être les mots clés pour décrire ce vin exceptionnel. On a l’impression qu’il est bon à boire depuis sa naissance ; c’est en fait la grande maturité des raisins qui a donné aux tanins cette suavité que le vin acquiert normalement après de longues années en bouteille. Une très grande bouteille, que l'on peut commencer à ouvrir sans se presser. (Février 2025)
Climat
1989 restera dans toutes les mémoires comme une année exceptionnellement précoce et facile sur le plan viticole. La floraison puis la véraison et la maturation se sont déroulées dans des conditions exemplaires, particulièrement chaudes et sèches. Enfin les vendanges n'ont pas connu un seul jour de pluie ; jusqu'au bout donc, 1989 a été une année de rêve. (Vendanges le 11 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1988

La robe très profonde, le nez riche et intense, ainsi que la magnifique structure en bouche rappellent le 1986. Ce sont les mêmes tanins puissants et bien mûrs, avec un peu moins de concentration, mais aussi moins d’austérité. D’ailleurs, contrairement à 1986, 1988 commence à bien s’ouvrir ; on peut donc le boire, sans urgence toutefois. (Février 2025)
Climat
Après un hiver très doux et un printemps humide, juin et début juillet ont été particulièrement pluvieux. Puis s'est installé à partir de mi-juillet jusqu'à la fin du mois de septembre, un temps chaud et très sec. Malgré quelques faibles pluies au début des vendanges, la récolte a été effectuée dans d'excellentes conditions. (Vendanges le 3 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1987

C'est dans des conditions plus difficiles que se révèlent les plus grands terroirs. Château Margaux 1987 est caractérisé par beaucoup de finesse et de complexité aromatique ; il manque certainement le gras et l'opulence d'un grand millésime mais on y trouve la distinction et la race d'un grand vin.
Il a maintenant atteint son apogée et il convient de le boire, sans précipitation toutefois. (Février 2025)
Climat
Le temps a été irrégulier tout au long de l'année; chaleur et sécheresse ne se sont jamais vraiment installées, sauf pendant une période de dix jours au mois de septembre, où il a fait une chaleur exceptionnelle. Les vendanges ont été relativement tardives et difficiles avec des pluies fréquentes. Heureusement il faisait froid et la pourriture n'a pas pu se développer. (Vendanges le 5 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1986

Un autre millésime exceptionnel à la suite de 1985. Mais autant 1985 était charmeur, autant 1986 était austère ; rarement un millésime (jusqu’au 2000, 2005 et 2010) a été d’emblée aussi puissant et concentré. Il faut remonter au légendaire 1961 pour retrouver avant lui une telle richesse et un tel équilibre.
1986 est un millésime étonnant, dont l’évolution très lente fait presque penser aux vins d’une génération précédente ; la structure tannique est très serrée, très dense, et ne s’adoucit qu’avec peine au fil du temps. Le bouquet commence aujourd’hui à s’ouvrir ; mais nous sentons bien qu’il ne montre encore qu’une petite partie de son énorme potentiel. En bouche il est ample et riche, encore un peu ferme et tannique. Faut-il déjà le boire ? Un grand millésime, mais qui semble appartenir à une autre époque plus ancienne. (Février 2025)
Climat
Le très beau temps de l'été a été à peine interrompu vers le 20 septembre par un bref passage pluvieux, qui a pu s'avérer plus bénéfique que nous le pensions. Immédiatement après, le beau temps revenait et ne nous a pas quitté pendant toutes les vendanges, conduisant les raisins à une superbe maturité. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1985

1985 est un millésime exceptionnel tant par la qualité que par la quantité ; il a toujours été très bon à boire, presque dès la fin de la fermentation. Le nez est toujours étonnamment fruité, fin et élégant, maintenant plus évolué et très complexe. En bouche, on est d’abord frappé par la délicatesse et le charme des tanins particulièrement ronds et soyeux, mais la longueur et la persistance témoignent aussi d’une grande concentration.
Aujourd’hui, 1985 est un de nos millésimes les plus agréables et il nous semble à son apogée, même s'il est probable qu'il nous surprenne encore dans les prochaines décennies. (Février 2025)
Climat
Après un début d'année assez frais et tardif, ce millésime a été marqué par des conditions de maturation et de récolte très favorables, notamment les mois de septembre et d'octobre exceptionnellement chauds et secs. Les feuilles de la vigne ont refusé de tomber jusque tard dans le mois de novembre... Cet « été indien » reste dans toutes les mémoires. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1984

Le pourcentage très faible de merlots dans l'assemblage et la maturité chèrement acquise des cabernets sauvignons, ont dès le départ donné à ce millésime une certaine austérité et une fermeté finale caractéristique. Heureusement, l'évolution en bouteilles a permis d'assouplir les tanins ; aujourd'hui l'impression en bouche est plus tendre et le nez remarquable. Une grande réussite pour le millésime et un vin aujourd'hui à son apogée. (Février 2025)
Climat
Le temps froid et pluvieux pendant la floraison a provoqué une coulure historique des merlots et des cabernets francs. L'été a été plutôt chaud et ensoleillé, mais de fortes pluies en septembre ont gêné la maturation des raisins. Heureusement, les vendanges se sont déroulées sous le soleil, ce qui a permis de récolter des raisins suffisamment mûrs dans ce millésime difficile. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1983

La réussite spectaculaire de l’appellation Margaux dans ce millésime reste en partie une énigme, ce qui illustre bien à quel point notre connaissance des facteurs de succès est encore limitée… Il semble que les pluies orageuses du mois d’août aient été moins abondantes dans la région de Margaux que dans les autres régions de Bordeaux.
Château Margaux 1983 est un très grand vin, que certains dégustateurs trouvent meilleur que le millésime 1982. Nous avons suivi depuis leur naissance cette paire de millésimes avec curiosité et gourmandise sans porter de jugement définitif sur leur qualité respective. Au fil du temps, l’un se goûtait meilleur que l’autre et puis l’inverse…
Aujourd’hui, le 1983 est certainement un des Margaux les plus classiques des quarante dernières années ; le bouquet s’est bien développé, il est devenu riche, complexe et mûr. L’impression en bouche reste de grande puissance, équilibrée par une remarquable fraîcheur. On commence cependant à déceler un peu de variabilité sur les bouteilles tandis que les magnums sont tous remarquables. (Février 2025)
Climat
Après un printemps très pluvieux, juin a été chaud et sec, créant ainsi d'excellentes conditions pour la floraison. L'été a été chaud et humide, presque tropical, donc difficile sur le plan phytosanitaire. A partir du 10 septembre, s'est installé jusqu'à la fin des vendanges un très beau temps ensoleillé qui a permis aux raisins d'atteindre un excellent niveau de maturité. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1982

Ce vin s'est considérablement ouvert ces 10 dernières années et, lorsque nous avons la chance de le comparer au 1983, il semble doucement commencer à prendre le dessus, même si tout est aussi une question de bouteille, et de goût... C'est un vin puissant, charnu et complexe. Le bouquet est exceptionnellement riche, complexe et dense. L’impression en bouche est caractérisée à la fois par beaucoup de puissance, de rondeur et de souplesse. Un tel équilibre est rare.
Sublime aujourd'hui, il est difficile d'y résister même si rien ne presse à le boire… (Février 2025)
Climat
D'un bout à l'autre de l'année, les conditions ont été très favorables à la vigne et à la maturation des raisins. Après une floraison précoce, l'été a été particulièrement chaud, surtout en juillet et dans la première quinzaine de septembre. Les raisins ont atteint une maturité exceptionnelle, caractérisée entre autre par une concentration en sucre record. (Vendanges le 20 septembre).
Grand Vin du Château Margaux
1981

Un très bon millésime, qui s'avère aujourd'hui peut-être supérieur aux 1978 et 1979. Le nez est caractérisé par beaucoup de finesse, de distinction, d'élégance et de classicisme. L'équilibre en bouche est impeccable, la finale est tendre, douce et longue. A boire maintenant, avant de prendre le risque que les tannins ne s'assèchent. (Février 2024)
Climat
Les quatre années précédentes avaient été marquées par des vendanges tardives; 1981 est un retour à une date classique. La floraison a été rapide et homogène, le mois d'août très chaud et sec; après quelques pluies en septembre, les conditions climatiques ont été très bonnes pendant toutes les vendanges qui ont commencé le 1er octobre.
Grand Vin du Château Margaux
1980

La réussite de Château Margaux a été unanimement saluée dans ce millésime. Nous avons eu la chance de vendanger très tard, après la pluie, et d’avoir d’excellentes conditions de vendanges. Toutefois, le 1980 n’est pas un grand millésime : le vin a toujours été souple, aromatique, fin et bien équilibré, mais manquait de puissance. Il a longtemps évolué au-delà de nos espérances mais commence désormais à se dessécher un peu. Il faut le boire rapidement. (Février 2024)
Climat
Le printemps désastreux, froid et pluvieux, a beaucoup retardé la floraison qui n'a eu lieu que fin juin. L'été a été irrégulier, mais heureusement soleil et chaleur étaient au rendez-vous en septembre. Après un début d'octobre pluvieux, s'est installé un temps sec et froid qui a permis de récolter très tardivement des raisins suffisamment mûrs et parfaitement sains. (Vendanges le 17 octobre).
Grand Vin du Château Margaux
1979

Beau millésime dont le style a souvent été comparé au 1978 ; il nous semblait que quand l'un s'ouvrait, l'autre se refermait et vice versa… Mais les tanins ont toujours été plus tendres et plus fondus que le 1978.
Il est aussi probablement de moins grande garde et nous conseillons de le boire désormais sans trop attendre. (Février 2025)
Climat
Les conditions climatiques ont été proches de celles du millésime 1978 : printemps humide, été chaud en juillet et frais en août ; très belle arrière-saison. Encore une fois, les raisins ont pu atteindre in extremis un très bon niveau de maturité. (Vendanges le 4 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1978

Un vin concentré et riche ; le bouquet est mûr, complexe, avec une petite note de menthe. La puissante structure tannique donne encore de la fermeté en fin de bouche et une pointe d’amertume. Nous pensons que ce vin garde un potentiel d'amélioration, mais peut-être finira-t-il aussi par sécher un peu. (Octobre 2018)
Climat
Le temps perdu pendant le printemps particulièrement frais et humide n'a pas pu être rattrapé pendant l'été, mais une exceptionnelle arrière-saison a permis de vendanger très tard des raisins parfaitement sains et suffisamment mûrs. (Vendanges le 9 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1977

Ce millésime, à la réputation médiocre, a donné à Château Margaux un vin surprenant de finesse et de concentration. Ce succès est sans doute lié en partie au très faible rendement du vignoble, mais aussi, et surtout, à l'intervention conjointe d'André Mentzelopoulos, qui a pris les rênes de la propriété au mois de juillet, et de l'oenologue Emile Peynaud qu'il a appelé dès son arrivée pour apporter ses précieux conseils au moment des vinifications et des assemblages.
La couleur est étonnante, encore très sombre pour le millésime. Le bouquet est bien évolué, fin, complexe, modérément riche. La bouche est assez suave, pas très puissante et se termine sur une petite note de fermeté. A boire maintenant ; le vin ne s'améliorera plus mais peut encore se garder pendant quelques années. (Février 2025)
Climat
Une forte gelée à Pâques a réduit la récolte, qui était déjà faible. Les mois d'été ont été frais et humides ; heureusement en septembre et octobre le temps s'est bien amélioré, ce qui a permis de récolter tardivement, mais dans de bonnes conditions des raisins assez mûrs. (Vendanges le 10 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1976

1976 reste dans toutes les mémoires comme « l'année de la sécheresse ». Ce millésime aurait pu être exceptionnel, mais la fin pluvieuse de l'été a d'abord dilué les raisins puis contraint à vendanger rapidement à cause de la pourriture.
Aujourd'hui, 1976 est un vin souple, presque suave, au nez fin, distingué et très mûr. Il lui manque de la complexité et un peu de puissance et d'acidité pour être un vrai grand vin mais qu'il est agréable à boire et unique dans son style. On se rappellera avec émotion que Château Margaux, qui appartenait à la famille Ginestet, était alors à vendre et n'avait pas encore trouvé d'acquéreur.
1976 est à boire maintenant. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, les conditions climatiques ont été particulièrement chaudes et sèches durant le printemps et le début de l'été. Août a été très chaud mais ponctué d'orages forts. Septembre a tout d'abord été très beau puis pluvieux pendant une partie des vendanges. (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1975

Ce millésime, qui a été immédiatement salué à Bordeaux comme une grande réussite, a eu une évolution très lente en bouteille, en particulier pour les vins à base de cabernet sauvignon, dont c'est le cas à Château Margaux. On s'est demandé depuis si les cabernets avaient été récoltés à pleine maturité, dans la mesure où les tanins sont restés très fermes, voire durs, pendant de si longues années. Il est vraisemblable qu'aujourd'hui, un tel millésime produirait un vin différent, certainement aussi concentré, mais plus accessible. 1975 arrivait après trois années particulièrement difficiles (1972, 1973, 1974). Peut-être a-t-on aussi, avec un légitime enthousiasme, surestimé le potentiel du millésime ?
Château Margaux 1975 n'est pas une très grande réussite. La propriété à ce moment-là, qui appartenait à la famille Ginestet, était sur le point d'être vendue et ne bénéficiait sûrement pas des mêmes soins que dans les années soixante.
Aujourd'hui cependant, les tanins se sont fondus, l'acidité est devenue fraicheur et certaines bouteilles nous surprennent par leur complexité et leur finesse. (Février 2025)
Climat
Après un été chaud et sec, le mois de septembre a été incertain, mais le beau temps est revenu pour les vendanges. D'un bout à l'autre de l'année, les conditions climatiques ont en fait été très favorables. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1974

Un autre millésime difficile après 1972 et 1973, aussi bien pour la qualité des vins que pour les conditions de leur commercialisation, hélas encore fortement pénalisé par les conséquences du choc pétrolier.
Lors de sa dégustation en juin 2024, ce vin nous a cependant agréablement surpris. Certes, il est plutôt léger et assez végétal mais ce demi siècle en bouteille lui a permis de développer un parfum floral et complexe tandis que ces tanins un peu verts se sont fondus, apportant une jolie complexité. Les magnums, notamment, sont surprenants de jeunesse. (Juin 2024)
Climat
Après un été correct, le mois de septembre a été pluvieux et froid et n'a pas permis aux raisins d'atteindre un bon niveau de maturité. (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1973

Le Château Margaux 1973 séduit par sa finesse, sa délicatesse et son bouquet aromatique, tout en subtilité. Certes léger, il est agréable à boire mais mieux vaudrait ne plus trop attendre toutefois. (Mai 2024)
Climat
Après un mois de juillet pluvieux, le mois d'août a été très chaud (le plus chaud depuis 1949), puis septembre de nouveau très pluvieux. La récolte, abondante en quantité, a donc été en partie diluée et n'a jamais pu achever correctement sa maturation. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1972

1972 est une année médiocre, marquée par la verdeur de raisins manquant de maturité. Nous pensions que ce vin serait à boire assez rapidement mais une bouteille ouverte à l'aveugle en 2017 nous a époustouflés. Le nez était superbe, très complexe, non sans rappeler certains beaux bourgognes non éraflés. L'acidité était marquée mais allongeait le vin. Impressionant pour le millésime ! (2017)
Climat
Une année exceptionnellement froide et tardive, en particulier le mois de septembre, qui n'a jamais permis aux raisins de mûrir correctement. (Vendanges le 10 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1971

Récemment dégusté, ce vin nous a conquis par sa finesse, sa complexité aromatique et sa douceur. Quelle émotion! (Septembre 2025)
Climat
1971 a été marqué par une coulure très importante des merlots. Les mois de juillet et août ont été très chauds et secs, mais le mois de septembre a été pluvieux, ce qui n'a pas empêché cette petite récolte d'arriver à bonne maturité. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1970

On a peine à imaginer aujourd'hui l'enthousiasme suscité par ce millésime dont l'abondance et la générosité apparaissaient d'autant plus remarquables que les deux millésimes précédents (1968 et 1969) avaient été vraiment exécrables.
La plupart des vins produits dans le Médoc sont longtemps restés fermés et assez durs ; comme pour le millésime 1975, on peut se demander si les cabernets sauvignons ont été récoltés suffisamment mûrs.
Dans beaucoup de crus, même dans les plus grands, l'équipement des cuviers, en particulier le nombre de cuves, n'était pas adapté à une récolte aussi importante. Les conditions de la vinification n'ont donc pas toujours été idéales ; c'est le cas à Château Margaux, où le 1970 témoigne bien de la qualité du millésime mais manque un peu de concentration et de chair. Le nez est complexe, bien évolué, profond, assez harmonieux ; l'impression en bouche est fine, agréable, mais un peu courte et sèche en finale. Nous pensons que ce vin est à boire maintenant, mais indubitablement il a un bon potentiel de conservation voire même d'amélioration puisqu'il tend à s'ouvrir et s'épanouir dans le verre. (Juillet 2025)
Climat
Cette récolte très importante en volume a bénéficié d'excellentes conditions climatiques tout au long de l'été et jusqu'à la fin des vendanges. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1969

Les raisins ont été vraiment lessivés par les fortes pluies presque continuelles du mois de septembre. Bien entendu, ils n'ont pas pu parvenir à un niveau de maturité correct.
1969 est un petit vin médiocre, déjà tombé dans les oubliettes de l'histoire. Il aurait fallu le boire plus tôt... (Mars 2024)
Climat
Après un début d'année normal, juillet et août ont été chauds et secs, donc favorables, mais le mois de septembre a été extrêmement pluvieux et a ruiné toutes les espérances conçues pour ce millésime. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1968

1968 est le prototype même du mauvais millésime, dont on se demande, quelquefois avec inquiétude, s'il pourrait se reproduire aujourd'hui…
Dès le départ, les vins étaient courts, légers, simples, sans beaucoup d'intérêt. Avec le temps, une certaine finesse a vu le jour : c'est le privilège des grands terroirs, dont la qualité arrive malgré tout à percer dans de telles conditions.
Aujourd'hui, 1968 est un vin fatigué, qu'il aurait fallu boire depuis longtemps. (Mars 2024)
Climat
Le début de l'année a été normal, mais les mois d'août et septembre ont malheureusement été extrêmement pluvieux. Il a fallu vendanger dans l'urgence des raisins déjà altérés et pas encore mûrs. (Vendanges le 30 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1967

1967 est un très joli millésime de Château Margaux, bien représentatif à la fois du génie du terroir et d'une époque où primait la recherche de l'équilibre et de la finesse.
Aujourd'hui, ce vin présente un nez particulièrement fin et distingué, très mûr, très racé, tellement agréable ! En bouche, c'est la suavité qui domine ; on oublie les tanins pour ne penser qu'au plaisir de boire. Une très belle bouteille à boire maintenant. (Février 2025)
Climat
Une année plutôt sèche, sans problème particulier. (Vendanges le 27 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1966

Vin riche, à la très belle texture tannique qui a maintenant évolué avec beaucoup de finesse et de douceur en bouche (bien que légèrement marqué par les tanins en finale). S'il n'a pas le charme du 1962, il n'en est pas moins excellent et demeure l'un des trois meilleurs millésimes de sa décennie. (Février 2025)
Climat
Après un début d'année pluvieux, août et surtout septembre ont été chauds et secs ; septembre en particulier fut exceptionnellement chaud, ce qui a permis aux raisins de mûrir dans d'excellentes conditions. (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1965
1965 est l'unique exemple d'une année où ne fut pas produit de Château Margaux. Les vins de qualité très médiocre furent assemblés avec des lots provenant d'autres millésimes, ce qui donna lieu à une production de : « Château Margaux non millésimé ». Cette décision peut paraître aujourd'hui incongrue, mais il faut sans doute la replacer dans le contexte très difficile de cette époque.
Climat
Après un début d'année à peu près normal, le mois d'août a été presque favorable, mais le mois de septembre fut catastrophique, marqué par des pluies continuelles. Les raisins se sont altérés rapidement et n'ont pas pu être vendangés correctement. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1964

L'année 1964 a beaucoup marqué les esprits : ceux qui avaient fini de vendanger avant l'arrivée de la pluie ont pendant longtemps été confortés dans leur habitude de vendanger tôt ; ceux qui ont vendangé après se sont bien jurés qu'on ne les reprendrait plus… Cette grande peur a poussé beaucoup de viticulteurs à précipiter pendant des années le début des vendanges, ce qui explique peut-être pourquoi certains millésimes comme 1970 et 1975, vendangés avec hâte, ont un peu déçu.
A Château Margaux, cette année-là, on s'est précipité avec lenteur… A peu près la moitié de la récolte a été récoltée vendangée avant la pluie, l'autre moitié, malheureusement, sous la pluie et dans la douleur. Le Château Margaux 1964 porte la trace de cette double paternité : c'est un très bon vin, mais qui aurait pu être beaucoup plus grand.
Aujourd'hui, il se présente avec un bouquet fin, complexe et profond. Assez long en bouche, il manque un peu de densité et de chair, mais finit avec beaucoup de fraicheur et d'élégance. A boire maintenant. (Février 2025)
Climat
Après une floraison précoce, l'été a été très favorable, chaud et sec ; le mois de septembre a même été particulièrement chaud, ce qui a permis aux raisins d'atteindre un excellent niveau de maturité. Mais à partir du 5 octobre, il n'a plus cessé de pleuvoir pendant trois semaines... (Vendanges le 21 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1963

Etant donné son âge et les conditions très difficiles du millésime, nous nous attendions au pire lorsque nous avons eu l’occasion d’en ouvrir deux bouteilles en mai 2019.
Ce n’est bien évidemment pas un vin exceptionnel mais il n’en reste pas moins relativement plaisant. Bien que sa robe soit trouble, son nez présente une certaine fraîcheur, précédant une bouche plutôt acide et légère mais pourtant équilibrée par des tanins très doux. (Mai 2019)
Climat
Un année froide et pluvieuse, où les raisins n'ont jamais pu atteindre ni une bonne maturité, ni une concentration suffisante. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1962

Ce millésime est un exemple, rare à cette époque, d'une année tardive réussie. Malheureusement, la qualité exceptionnelle de 1961 a fait un peu oublier ce très beau vin.
Château Margaux 1962 est, avec 1961 et 1966, l'un des meilleurs millésimes des années 60, marquées par tant de petites années. D'une couleur légère, merveilleusement parfumé, c'est un vin bien équilibré, riche, mûr et très agréable à boire aujourd'hui. Les magnums, en particulier, sont remarquables. (Février 2025)
Climat
1962 est une année tardive mais qui a bénéficié d'excellentes conditions de maturation des raisins. (Vendanges le 3 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1961

On a parfois dit que 1961 était le plus grand millésime depuis 1900. La mémoire est toujours un peu infidèle, mais il est certain que ce millésime présente des qualités tout à fait extraordinaires, que l'on ne devait en tout cas retrouver par la suite qu'en 1982. 1961 a non seulement bénéficié de conditions climatiques remarquables, mais aussi des premiers acquis de ce que l'on a appelé « l'oenologie moderne », sous l'impulsion du professeur Jean Ribereau-Gayon et du Docteur Emile Peynaud.
Château Margaux 1961 est un vin somptueux à la fois tendre, harmonieux, riche, très dense et plein de fraîcheur. Son bouquet est unique : à l'odeur de sous-bois si caractéristique des grands vins de cet âge se superposent des fragrances fruitées, florales indescriptibles… Sentir ce vin est un moment de bonheur inoubliable, une émotion pure ! Les sensations qu'il offre en bouche répondent harmonieusement à ce festival aromatique : sa densité tannique s'impose avec suavité et délicatesse ; la finale est une caresse forte et tendre à la fois. Un vin vraiment merveilleux.
Aujourd'hui, le 1961 n'a rien perdu de sa fraîcheur, même si les magnums commencent à montrer une régularité supérieure aux bouteilles. Bien sûr, on peut le boire, mais il est bâti pour l'éternité… (Février 2025)
Climat
Une forte gelée printanière et une exceptionnelle coulure due à une courte période de froid intense à la fin du mois de mai réduisirent drastiquement la récolte. Puis les conditions exceptionnelles de l'été, particulièrement sec et chaud, ont permis à cette petite récolte d'atteindre une maturité et une concentration vraiment extraordinaires. (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1960

Pauvre 1960, coincé entre 1959 et 1961 ! Il était étonnamment fin, mais si léger… à tel point que nous ne pensions pas qu'il survivrait à l'épreuve du temps. Dégusté en mars 2017, il manquait certes de concentration et de puissance mais il s'est révélé élégant et agréable. Une belle surprise. (Mars 2017)
Climat
Après un début d'année précoce, l'été a été froid et pluvieux, à peu près jusqu'à la fin des vendanges... (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1959

Avant même le début des vendanges, ce millésime a été salué comme « millésime du siècle ». Il est vrai que partout en France l’été avait été exceptionnellement chaud et sec. D’ailleurs, non seulement Bordeaux mais aussi la Bourgogne et la Champagne ont connu un très grand succès. La très grande chaleur qui a régné pendant les vendanges a rendu les vinifications difficiles, et parfois périlleuses, car peu de chais étaient à l’époque équipés pour refroidir les moûts en fermentation. On a parfois dit que 1959 était le dernier grand millésime d’une époque révolue, 1961 pouvant être cité comme le premier millésime « moderne ».
Château Margaux 1959 est un très grand vin, au bouquet puissant, complexe, très fin et élégant ; mais un peu moins profond et riche que 1961. En bouche, c’est un vin très concentré et puissant. Une très grande bouteille sans aucun doute, qu’il convient de boire sans plus attendre. Les magnums offrent aujourd’hui plus de fraîcheur ; ils peuvent encore être gardés quelques années. (Février 2025)
Climat
Un été exceptionnel a conduit les raisins à un état de maturité remarquable. Il a plu un peu avant les vendanges puis la chaleur est revenue, encore plus intense. (Vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1958

Comme toujours, août fait – ou défait – le moût. Malgré le très beau mois de septembre, jamais les raisins n'ont pu acquérir une concentration suffisante après avoir souffert pendant le mois d'août.
Château Margaux 1958 est un vin fin, léger, qui a toujours manqué de corps mais avait néanmoins du charme. Aujourd'hui un peu fané, il aurait déjà dû être bu. (Février 2025)
Climat
Une année tardive marquée par un mois d'août très pluvieux et un mois de septembre beau et chaud. Les vendanges se sont déroulées sous le beau temps. (Vendanges le 6 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1957

1957 était dur et très tannique dans ses premières années mais il impressionne aujourd'hui par sa robe foncée, sa structure imposante et sa jeunesse déconcertante. On a presque envie de l'attendre encore quelques années afin que les tanins légèrement sévères en fin de bouche s'adoucissent encore un peu... (Février 2025)
Climat
Le début de l'année a été difficile, marqué par quelques gelées de printemps. Puis le temps a été correct, mais frais, jusqu'aux vendanges. Il a fait une chaleur record en octobre, ce qui a sauvé cette récolte tardive. (Vendanges le 4 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1956

1956 fut certes une année très compliquée mais n'est-ce pas sur ce type de millésime que les plus grands terroirs révèlent toute leur magie ? Certes léger, son élégance et sa délicatesse nous ont conquis la dernière fois que nous l'avons dégusté, en 2006, pour célébrer les 50 ans de Paul Pontallier, Directeur Général de Château Margaux de 1989 à 2015. (2006)
Climat
L'hiver historiquement rigoureux (il a fait - 20°C à Bordeaux ; la Garonne charriait des glaçons...) a été fatal à de nombreuses parcelles de vignes à Bordeaux, mais pas à Margaux, où les vignes ont peu souffert. Mais elles ont poussé avec beaucoup de retard et l'été froid et pluvieux a scellé le sort funeste de ce millésime. On ne retrouvera un hiver aussi terrible qu'en 1985, où les températures ont été presque aussi basses, mais au début du mois de janvier et non au mois de février comme en 1956 ; les conséquences sur la végétation ont donc été plus dramatiques en 1956. (Vendanges le 8 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1955

1955 a réuni la plupart des paramètres qui permettent d'élaborer un grand millésime, en particulier un mois d'août chaud et sec et d'excellentes conditions de vendanges.
Château Margaux 1955 est une réussite : d'une robe légère, c'est un vin plein de charme et de fraîcheur, de délicatesse et de suavité. Le bouquet est superbe, la bouche est parfaitement harmonieuse ; elle manque peut-être un peu de densité pour qu'on puisse parler de vrai grand millésime. C'est un vin parfait à boire aujourd'hui, mais dont l'évolution en bouteille, et surtout en magnum, peut encore surprendre. (Février 2025)
Climat
Après un début d'été pluvieux, en juin et juillet, les mois d'août et septembre ont été secs et chauds. Le beau temps s'est poursuivi pendant toutes les vendanges. (début le 22 septembre).
Grand Vin du Château Margaux
1954

Un vin médiocre que l'on a très rarement l'occasion de trouver et de goûter. Malgré tout, on est toujours surpris, même dans ce type de millésime, par la finesse si caractéristique du bouquet. Nous ne gagnerons pour autant rien à garder ce vin plus longtemps. (Septembre 2024)
Climat
Une année particulièrement froide et pluvieuse où les raisins n'ont jamais réussi à acquérir une bonne maturité. (Vendanges le 12 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1953

1953 est un des plus grands millésimes de Château Margaux ; il exprime en tout cas d'une manière particulièrement achevée le génie de son terroir. On y trouve en effet à la fois un niveau incomparable de finesse et de subtilité et une richesse qui lui permet encore aujourd'hui de rester étonnamment frais.
Le bouquet de ce vin tend vers la perfection. Au nez de sous-bois se mêlent des arômes de fleurs, de fruits rouges et de cuir ; l'ensemble est d'une extraordinaire et émouvante délicatesse. En bouche, on sent une puissance mesurée, contenue, qui a évolué au cours du temps, en donnant une forme suprême de suavité et de douceur. (Février 2025)
Climat
Le mois d'août fantastique, vraiment très chaud et sec, a décidé du sort privilégié de ce millésime. Septembre a été normal et il a plu un peu pendant les vendanges, mais c'était trop tard pour affecter la qualité de raisins déjà mûrs et concentrés. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1952

Château Margaux 1952 a gardé une fraîcheur étonnante. Son bouquet est très net, très fin, avec une touche d'austérité. En bouche, il donne une impression d'abord soyeuse et tendre puis se termine sur des tanins un peu fermes. C'est encore une très belle bouteille qu'il vaut mieux cependant ne plus trop attendre avant de boire. (Février 2025)
Climat
Tout semblait annoncer une année exceptionnelle car les mois de juin, juillet et août ont été chauds et secs. Malheureusement, septembre a été froid et très pluvieux et a empêché les raisins d'atteindre une excellente maturité. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1951

Ce vin a pratiquement disparu aussi bien des caves que de la mémoire des dégustateurs… Il nous a toujours semblé léger, sans beaucoup de corps. Dégusté en octobre 2011, il nous a cependant très agréablement surpris. C'était un vin tout en élégance et délicatesse, d'une complexité remarquable. Le temps avait enfin révélé la finesse du terroir ! (Octobre 2011)
Climat
Année froide et pluvieuse. (Début des vendanges le 1er octobre.)
Grand Vin du Château Margaux
1950

Château Margaux 1950 est un vin étonnant, qui possède une grâce presque unique. Son bouquet est d'une finesse qui rappelle le 1953 sans avoir tout à fait la même complexité. L'impression en bouche est d'une délicatesse, d'une suavité, et d'une harmonie extraordinaires. 1950 n'a ni la longueur, ni la corpulence d'un grand millésime, mais c'est un Margaux de rêve, un vin d'émotions plus que de sensations. On reste étonné devant la fraîcheur comme miraculeusement préservée de ce vin si tendre qu'on le croirait fragile. De tels vins nous apportent la preuve que ce n'est pas forcément la corpulence qui est source de force.
Il ne devrait pas s'améliorer dans les années à venir, et nous croyons qu'il vaut mieux le boire maintenant afin de ne pas manquer cette rencontre magique. (Octobre 2024)
Climat
Très bonnes conditions climatiques tout au long de l'année, malgré un peu de pluie au mois de septembre. (Vendanges le 18 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1949

1949 est un des millésimes les plus concentrés de Château Margaux ; on ne retrouvera de nouveau une telle puissance tannique qu'en 1961. Sa couleur est étonnante, dense, très profonde, encore jeune. Le nez est riche, net, mais n'a pas la même finesse que d'autres grands millésimes plus classiques comme 1953, 1955, 1959. En bouche, c'est vraiment la puissance qui prédomine ; on sent à quel point les tanins sont concentrés et ils donnent encore au vin une fermeté, voire une astringence surprenante pour un vin de cet âge. La finale manque un peu de suavité, mais l'ensemble est remarquable.
On hésite à conseiller de le boire ou de le garder… Nous pensons que ce vin garde un potentiel d'amélioration, mais peut-être finira-t-il aussi par sécher un peu. Allons, peut-être vaut-il mieux le boire ! (Février 2025)
Climat
Une année sèche et surtout très chaude, particulièrement en juillet et août. Elle reste dans toutes les mémoires comme l'année des grands incendies dans les Landes qui ont fait plusieurs dizaines de morts. (Vendanges le 28 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1948

Le vin n'a pas laissé beaucoup plus de traces que les conditions dans lesquelles il est né.
Une bouteille dégustée en mars 2018 s'est néanmoins révélée excellente. Malgré une robe trouble, le nez était mûr et très complexe. Sa bouche était très agréable et l'acidité du vin, probablement dérangeante dans sa jeunesse, lui apportait désormais une belle fraîcheur et allongeait remarquablement sa finale. Il déclinait cependant rapidement dans le verre et il convient donc de ne pas le décanter, ou alors au tout dernier moment. (Mars 2018)
Climat
1948 est une année « moyenne », sans relief particulier. Peut-être a-t-elle surtout le grand inconvénient d'être coincée entre deux grands millésimes, 1947 et 1949 ; elle n'a donc pas laissé de souvenir très précis dans la mémoire des professionnels. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1947

Château Margaux 1947 est un très grand vin, particulièrement puissant et encore très frais. Le bouquet est intense, chaleureux, marqué par des fruits très mûrs. En bouche, c'est la puissance tannique qui domine ; elle laisse une impression un peu sèche, assez typique des vins de cette génération.
Ce type de vin est bâti pour le long terme. On peut le boire, bien sûr, mais il se conservera sans problème pendant encore de nombreuses années. (Février 2025)
Climat
1947 est une des années les plus chaudes du siècle; elle fait partie d'une série d'années très chaudes avec 1945, 1946 et 1949. La terre se réchauffait-elle déjà ? (Vendanges le 16 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1946

Château Margaux 1946 a toujours été un vin médiocre. A près de 80 ans, il commence enfin à gagner en complexité, avec un nez agréable mais conserve toujours une très vive acidité. Va-t-elle s'adoucir un jour ? (Février 2025)
Climat
Malgré quelques journées très chaudes en été, les conditions de maturation ont été assez mauvaises et les raisins ont mal mûri. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1945

1945 est une année mythique ! D'une manière symbolique, un grand millésime venait saluer la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Château Margaux 1945 est un vin très puissant, concentré, mûr, avec un bouquet fin et complexe (plus élégant que 1947 et 1949, qui paraissent plus marqués par l'extrême chaleur de l'été). Ce vin possède tous les attributs d'un très grand millésime de sa génération. La fraîcheur tannique reste présente en bouche et lui permettra vraisemblablement de vieillir encore pendant de nombreuses années. Longtemps resté très jeune, il nous semble désormais à son apogée. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, une terrible gelée, le 2 mai, a beaucoup réduit la récolte. Par la suite, le temps a été extrêmement favorable depuis le début de l'été jusqu'à la fin des vendanges. (Vendanges le 12 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1944

1944 est maintenant un vin oublié. Il était plutôt fin, élégant et charmeur mais s'est fané avec le temps et aurait dû être bu il y a déjà quelques temps. (Septembre 2024)
Climat
Les conditions climatiques de cette année n'ont pas beaucoup marqué les esprits, sans doute préoccupés par d'autres événements... Il semble qu'elles aient été à peu près normales, sans excès particulier. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1943
Ce millésime est une très grande réussite. C'est le meilleur vin produit à Château Margaux, et à Bordeaux en général, depuis 1934. On pense avec une grande émotion aux conditions particulièrement difficiles qui régnaient à cette époque en raison de la guerre : manque de personnel, manque de chevaux, pénurie de produits de traitement et de matière première etc. La réussite de ce millésime le rend encore plus émouvant.
Le Château Margaux 1943 est très bon à boire aujourd'hui. Son bouquet est très fin, très élégant, plus proche des grands millésimes des années cinquante, comme 1953, que des autres grands vins produits dans les années quarante. En bouche, il est tendre et harmonieux et se termine sur une note suave et douce. Ce vin délicieux à boire peut encore être conservé pendant quelques années. (Février 2025)
Climat
Après un débourrement précoce, la floraison a été rapide et achevée dès la fin du mois de mai. Puis l'été a été chaud et sec. Dans l'ensemble, les conditions ont été excellentes. (Vendanges le 16 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1942

Un vin longtemps oublié, qui était plutôt tannique et acide dans sa jeunesse mais qui nous a époustouflés lorsque nous l'avons dégusté en 2011. Le nez était remarquable, complexe et riche ; en bouche, le vin était puissant, gras, opulent et se terminait sur une finale tout en douceur. Excellent ! (2011)
Climat
Une année humide et difficile, qui n'a pas laissé beaucoup de traces.
Grand Vin du Château Margaux
1941

Un vin complètement oublié. On se souviendra juste avec émotion à quel point les conditions de production étaient difficiles à cette époque-là, en raison de la guerre et du manque de matériel. (Février 2024)
Climat
Année froide et humide. Les vendanges ont été tardives.
Grand Vin du Château Margaux
1940

Pouvait-on vraiment, avec l'invasion allemande, penser aux raisins durant l'été 1940 ?
Ce vin est tombé dans les oubliettes de l'histoire sans laisser vraiment d'autres souvenirs que celui d'une défaite… (Février 2024)
Climat
Peu de souvenirs viticoles subsistent de cette terrible année. Il ne semble pas que les conditions naturelles aient été vraiment défavorables, mais la folie des hommes s'est déchaînée pour en faire une année très difficile.
Grand Vin du Château Margaux
1939

Les vins de 1939 étaient en général fins et très légers. Château Margaux 1939 présente aujourd'hui une couleur très évoluée, mais le nez reste fin et étonnamment frais. En bouche, l'impression est plutôt légère, mais pas désagréable. Un vin assez étonnant que l'on peut boire avec plaisir si l'on tombe sur une bonne bouteille… (Février 2024)
Climat
Une année tardive et très abondante, dont l'été a été surtout marqué par les événements internationaux qui devaient déboucher sur le second conflit mondial.
Grand Vin du Château Margaux
1938

1938 a produit des vins légers mais agréables, avec du charme et délicatement parfumé, sans verdeur. Il fallait cependant les boire assez rapidement. (Février 2024)
Climat
Année moyenne sur le plan climatique. Elle a laissé peu de traces dans nos archives.
Grand Vin du Château Margaux
1937

Très tannique dans sa jeunesse, le Château Margaux 1937 s'est depuis assagi et la dernière bouteille dégustée en 2011 était très agréable. Le nez était superbe, d'une belle complexité et d'une remarquable fraîcheur. Il restait jeune en bouche, encore un peu tannique et légèrement acide. (Février 2024)
Climat
Une année chaude qui a été très favorable aux vins de Sauternes, mais n'a pas permis de faire de très grands vins rouges.
Grand Vin du Château Margaux
1936

1936 a complètement disparu des caves comme de la mémoire de la plupart des amateurs et professionnels. Il semble que les vins étaient verts et acides dans leur jeunesse. Nous ne l'avons goûté qu'une fois, en 2011, et il était hélas passé. (2011)
Climat
Cette année particulièrement médiocre n'a pas permis aux raisins de mûrir correctement.
Grand Vin du Château Margaux
1935
1935 a produit des vins certes légers mais sans verdeur, souples et élégants. Leur capacité de garde était hélas limitée. (Février 2025)
Climat
Année médiocre et plutôt abondante.
Grand Vin du Château Margaux
1934
Enfin un très bon millésime ! Le seul des années trente…
Château Margaux 1934 est encore superbe. Il présente une couleur dense et profonde, un bouquet fin, complexe, frais, et une bouche puissante, riche, avec des tanins bien présents mais un peu secs en finale.
Les bouteilles sont maintenant inégales, mais la plupart des magnums sont très bons. C'est évidemment un vin à boire qui ne peut que commencer à perdre les très belles qualités qui lui restent. (Février 2024)
Climat
L'été chaud et sec a été suivi par d'excellentes conditions durant toutes les vendanges, qui ont permis à cette récolte abondante de parvenir à un excellent niveau de maturité. (Vendanges le 14 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1933
Bien que les conditions climatiques furent très compliquées en 1933, la dernière bouteille dégustée, en 2011, était fort agéable et encore même assez tannique ! (2011)
Climat
Cette année assez chaude mais humide a produit des vins plutôt médiocres, assez légers.
Grand Vin du Château Margaux
1932
1932 fait probablement partie des millésimes les plus compliqués que nous ayons connus. Il fut vendangé tardivement, à partir de mi-octobre, mais hélas sous la pluie, et a produit des vins légers et à boire rapidement. (Février 2024)
Climat
Année froide et très pluvieuse. Le mildiou s'est déchaîné dans beaucoup de vignobles, conduisant très souvent à des vins exécrables.
Grand Vin du Château Margaux
1931
Né dans des conditions économiques très compliquées, le millésime 1931 a produit des vins légers, un peu verts, mais très parfumés dans leur jeunesse. Leur capacité de garde était hélas assez limitée. (Septembre 2024)
Climat
Avec 1930, 1932 et 1933, 1931 fait partie d'une série d'années froides et pluvieuses où les maladies de la vigne ont été endémiques et la maturité des raisins jamais acquise.
Grand Vin du Château Margaux
1930
Jamais Bordeaux n'a semble-t-il connu une série de quatre millésimes si compliqués qu'entre 1930 et 1933. 1930, le premier d'entre eux, a produit des vins légers, prêts à boire rapidement mais heureusement sans verdeur. (September 2024)
Climat
Avec 1931, 1932 et 1933, 1930 fait partie d'une série d'années froides et pluvieuses où les maladies de la vigne ont été endémiques et la maturité des raisins jamais acquise.
Grand Vin du Château Margaux
1929
Ah, 1929 ! Cette année mythique reste dans toutes les mémoires comme l'année du siècle. Sa réputation a été d'autant plus magnifiée qu'immédiatement après, les années trente ont été vraiment catastrophiques ; puis la guerre est arrivée. Il a fallu attendre 1945 pour retrouver une qualité comparable.
Château Margaux 1929 est effectivement un vin merveilleux, dont les bouteilles sont malheureusement devenues assez irrégulières. Nous avons eu l'occasion il y a quelques années d'en ouvrir quelques-unes en même temps ; à peu près une sur trois était passée, une autre bonne mais un peu fatiguée, et la dernière… quelle merveille ! Une finesse incomparable, indescriptible ; une bouche soyeuse, longue, délicate, un grand moment de bonheur et d'émotion… (September 2024)
Climat
Une année chaude et extrêmement sèche, la plus sèche depuis le début du siècle. Il a plu un peu pendant les vendanges, puis le beau temps est revenu jusqu'à la fin. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1928
1928 et 1929, quelle fabuleuse paire de millésimes ! On ne devait retrouver une telle succession que près de soixante ans plus tard en 1989 et 1990 ; quoique, à Margaux, on pourrait aussi citer 1982 et 1983, 2009 et 2010, 2015 et 2016 ou encore 2018-2019-2020.
Les vins du millésime 1928 ont été dès le départ extraordinairement puissants et concentrés, souvent même durs et austères, ce qui explique que 1928 ait été éclipsé par 1929 dont le charme était presque immédiat.
Château Margaux 1928 est un très grand vin, peut-être aujourd'hui supérieur à 1929 car il s'est en général mieux conservé. Les bouteilles sont plus régulières, le vin a perdu sa dureté, mais gardé une fraîcheur et une richesse absolument extraordinaires. Il n'a peut-être pas la très grande finesse d'une bonne bouteille de 1929, mais sa fraîcheur est bien supérieure. Sans aller jusqu'à dire qu'il faut l'attendre encore, nous pensons qu'il a un potentiel de vieillissement presque intact. Comme 1870 et 1900, ce vin semble bâti pour l'éternité… (Avril 2024)
Climat
Il a fait un temps merveilleux, pratiquement de la floraison jusqu'aux vendanges, ce qui a permis aux raisins d'atteindre un niveau exceptionnel de concentration autant que de maturité. (Vendanges le 25 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1927

Le millésime 1927, pris entre les grandes années de 1926 et 1928–1929, fut rapidement éclipsé. Peu encensé par la critique de son temps et né dans un contexte économique encore incertain, il ne parvint jamais à s’imposer parmi les références de la décennie.
Climat
Année très médiocre.
Grand Vin du Château Margaux
1926

Château Margaux 1926 est un vin superbe, très puissant, riche, qui a sûrement dû être dur et austère pendant de longues années. Mais aujourd'hui, un peu comme 1928, il est très agréable et garde une fraîcheur étonnante. C'est un vin merveilleux à boire, quand on a la chance de tomber sur une bonne bouteille ou un magnum bien conservé. (Avril 2024)
Climat
La floraison a eu lieu dans des conditions difficiles; puis le temps a été chaud et sec jusqu'à la fin des vendanges, pourtant tardives. Mais la récolte très réduite est parvenue à un excellent niveau de concentration et de maturité. (Vendanges le 4 octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1925

La récolte très abondante n'est jamais parvenue à bonne maturité. Les vins étaient assez verts, acides et légers. Il semble qu'ils aient été agréables à boire rapidement, mais se sont fatigués prématurément. La dernière bouteille dégustée en 2011 nous a cependant agréablement surpris. Le vin était un peu acide et tannique, mais son nez était remarquable et sa finale agréable. (2011)
Climat
Une mauvaise année pluvieuse.
Grand Vin du Château Margaux
1924
Cette récolte très abondante a donné des vins agréables, harmonieux, très fins qui ont fait preuve d'une remarquable capacité de vieillissement. Aujourd'hui, les bouteilles sont fatiguées, mais les magnums ont gardé de la fraîcheur et sont très agréables à boire. C'est avec ce millésime que les premiers crus classés ont, pour la première fois, décidé de mettre l'intégralité de leur récolte en bouteilles au château. Cependant, il faudra attendre quelques années, après les mauvais millésimes et la tourmente économique des années trente, pour que cette pratique soit définitivement adoptée. (Février 2024)
Climat
Beau millésime, malgré un mois d'août relativement pluvieux. (Vendanges le 19 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1923
Il semble que ce millésime ait eu beaucoup de charme dans sa jeunesse mais, du fait de son manque de structure, ait probablement été voué à une évolution rapide. Nous étions donc quelque peu inquiets lorsque nous avons eu la chance d'en déguster une bouteille en avril 2023. Le nez était certes évolué, légèrement madérisé, mais la bouche était surprenante de douceur et de fraîcheur... Il s'est même amélioré à l'aération, faisant émerger au fur et mesure des minutes un nez floral de plus en plus complexe. Quelle merveilleuse façon de célébrer son centenaire ! (Avril 2023)
Climat
Le temps a été incertain et plutôt médiocre tout au long de l'année. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1922

Dans sa jeunesse, ce vin était léger et dilué ; il s'est rapidement fané et la dernière bouteille ouverte en 2016 était élégamment parfumée mais hélas fatiguée en bouche. (2016)
Climat
1922 est surtout marqué par une abondance exceptionnelle; les conditions climatiques ont été moyennes, pas vraiment favorables.
Grand Vin du Château Margaux
1921

1921 est surtout un remarquable millésime pour les vins de Sauternes. Pour les vins rouges c'est, en général, un beau millésime, élégant et structuré car la récolte a été modeste en quantité.
La dernière bouteille dégustée en 2011 était une merveille ! Le nez était tout simplement envoûtant, d'une complexité et d'une fraîcheur remarquables. La bouche, tout en équilibre, n'était que finesse, douceur et élégance. Un exemple parfait du charme inimitable de Château Margaux... (2011)
Climat
Cette année a été marquée par une chaleur exceptionnelle durant les vendanges, qui a été à l'origine de gros problèmes de vinification dans beaucoup de crus. (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1920
Dans l'ensemble, le millésime a été réussi, les vins étaient fins et harmonieux, mais pas très puissants. Ils ont vieilli rapidement et sont aujourd'hui passés. (Février 2024)
Climat
L'été a été plutôt favorable, le mois de septembre excellent. (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1919
La récolte 1919 a été abondante et a produit des vins assez légers, qui ont évolué rapidement et dont la majorité sont maintenant passés. Cependant, une bouteille dégustée en 2014, nous a rassurés. Elle présentait une belle fraîcheur et complexité même si le vin manquait quelque peu de concentration. (2014)
Climat
Nous avons très peu d'éléments sur les conditions climatiques du millésime.
Grand Vin du Château Margaux
1918

Cette bonne récolte a produit un vin puissant, tannique et dur dans sa jeunesse. Dégusté en 2011 et plus récemment en 2023, ce vin présentait un nez était encore fermé mais une bouche impressionnante de densité et de fraîcheur. Il paraissait encore si jeune... Quelle émotion devant ce vin pourtant né en temps de guerre. (2023)
Climat
Très beau temps en général durant toute l'année ainsi que pendant les vendanges. Mais il semble que la maturité n'ait pas atteint son optimum. Etait-on aussi pressé de vendanger que de voir se terminer enfin le terrible conflit qui ensanglantait l'Europe depuis quatre ans ? (Vendanges le 20 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1917

La qualité de ce vin, issu d'une récolte plutôt petite en quantité, a longtemps été jugée comme moyenne. La dernière bouteille ouverte en 2011 nous a cependant beaucoup surpris. D'une très jolie couleur, le nez s'est révélé complexe, séduisant, précédant une bouche puissante et charnue, à laquelle nous pouvions peut-être juste reprocher une finale légèrement tannique. (2011)
Climat
L'été a été instable mais les vendanges se sont déroulées sous le beau temps. (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1916

Il reste très peu de traces de ce millésime qui a produit des vins solides et corsés mais qui manquaient néanmoins un peu de charme.
Climat
Assez bon millésime qui avait bénéficié d'un beau temps pendant les vendanges. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1915
Vin médiocre et dont la dernière bouteille dégustée en 2015 était hélas passée. (2015)
Climat
Très mauvaise année. Est-ce dû aux conditions climatiques, ou aux conséquences de la guerre, dont on commençait à se rendre compte qu'elle durerait plus longtemps que prévu ? (Vendanges le 22 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1914
Il est difficile aujourd'hui pour nous d'imaginer la désorganisation qui a pu régner au moment des vendanges à cause du déclenchement de la guerre (plus d'hommes, plus de chevaux etc.). De plus, la récolte était très abondante. Les vins ont été pourtant assez bons mais ont vieilli rapidement et sont maintenant passés.
Climat
On croyait au mois d'août que les hommes seraient de retour pour les vendanges... Ils ne sont revenus que quatre ans plus tard, tout au moins ceux qui ont eu la chance d'échapper à la mort pendant le terrible conflit qui s'est déclenché au mois d'août ! (Vendanges le 15 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1913

La récolte a été abondante et les vins plutôt légers. Ils se sont malheureusement fanés assez rapidement.
Climat
Une année moyenne dans l'ensemble. Il a fait beau pendant les vendanges qui ont commencé le 25 septembre.
Grand Vin du Château Margaux
1912

Ce vin a laissé peu de souvenirs. C'était un millésime léger, et bien qu'agréable à boire sur le moment, il n'a pas tenu très longtemps.
Climat
Une récolte abondante qui a mûri avec difficulté, comme en 1913. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1911

1911 est une petite récolte en quantité, qui a bénéficié dès le départ d'une excellente réputation, car elle succédait à 1910 qui avait été catastrophique. Les vins sont maintenant fatigués, bien qu'ils aient été très agréables à boire pendant de nombreuses décennies.
Climat
Après une floraison précoce, l'été a été chaud, très favorable à la maturation des raisins. Il a fait également très beau pendant les vendanges. (Vendanges le 18 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1910

Comme nous pouvions nous en douter au vu des conditions climatiques, les vins ont été particulièrement médiocres et la dernière bouteille, dégustée en 2011, était à l'image du millésime : un vin acide et léger, mais non dénué d'un certain charme pour autant. (2011)
Climat
Citons les commentaires du maître de chai de l'époque : « année extraordinaire d'humidité. Invasions de mildiou comme on n'avait jamais vu. Gros dégâts commis par l'eudémis en septembre. » Les vendanges ont commencé le 6 octobre pour se terminer le 19.
Grand Vin du Château Margaux
1909

Comme le 1905, nous ne pensions pas que ce vin, certes élégant mais aussi léger dans sa jeunesse, résisterait à l'épreuve du temps. Nous nous sommes à nouveau trompés. Dégusté en 2011, il avait gardé toute son élégance et son équilibre. Un nez complexe et charmeur succédait à une finale tout en douceur et en charme. (2011)
Climat
1909 a laissé peu de souvenirs, sauf d'un beau temps général pendant les vendanges. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1908

On garde le souvenir d'une assez bonne qualité mais la dernière bouteille, dégustée en 2011, manquait un peu de charme. Les tannins, associés à une certaine acidité, dominaient hélas un peu trop le vin. (2011)
Climat
Le maître de chai note que : « les gelées des 21 et 26 avril ainsi que l'eudémis sont la cause de la petite quantité». Il a fait très chaud pendant les vendanges. (Vendanges le 23 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1907

Il est intéressant de noter l'indication du maître de chai selon laquelle malgré la pluie « continuelle », la vendange est restée saine ; ce qui ne doit pas nous surprendre car nous avons connu plus récemment des situations comparables.
Dégusté en 2011, ce vin présentait une couleur était très claire, presque celle d'un rosé. D'une belle complexité au nez, il nous faisait penser à un joli pinot noir. Cependant, bien qu'agréable en bouche, il était moins impressionnant et marqué par une certaine acidité. (2011)
Climat
Malgré la pluie continuelle à partir du 27 septembre, la vendange est restée parfaitement saine. Il y a eu en été d'assez fortes invasions d'eudémis. (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1906

Un vin très puissant, exceptionnellement concentré, considéré à l'époque comme un grand millésime. Nous n'avons pas souvent eu l'occasion de goûter ce vin qui devrait aujourd'hui encore être d'une grande qualité.
C'est d'ailleurs l'année où le deuxième vin de Château Margaux a été nommé "Le Pavillon Château Margaux". (Mars 2025)
Climat
Une faible récolte en raison à nouveau d'une invasion d'eudémis dans la première quinzaine de juillet. Il a fait très chaud et très sec durant l'été ainsi que pendant les vendanges, qui ont commencé le 12 septembre.
Grand Vin du Château Margaux
1905

Ce vin, très élégant mais léger dans sa jeunesse, ne nous paraissait pas de grande garde. Quelle erreur de jugement ! Lorsque nous l'avons dégusté en 2011, il était remarquable de jeunesse et de complexité. Puissant, équilibré, d'une longueur incroyable. Quel Château Margaux ! Une pure merveille ! (2011)
Climat
Commentaire de l'époque : « pluie tout le temps des vendanges sauf les deux premiers et les deux derniers jours ; vendange très saine, quoique mouillée. » (Vendanges le 21 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1904

Une récolte assez abondante, les vins étaient plutôt bons et ont bénéficié d'une excellente réputation au départ (ceci après trois millésimes médiocres : 1901, 1902 et 1903). Peut-être cependant que cette réputation a été légèrement surfaite… (Mars 2025)
Climat
« Très beau temps sec avec un seul jour de pluie pendant les vendanges. Vendange absolument saine. » (Vendanges le 13 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1903

Une récolte très réduite qui n'a pas laissé un grand souvenir. En général, les vins étaient médiocres, mais Château Margaux semble avoir eu un grand succès chez certains amateurs. (Mars 2025)
Climat
Quelques mauvaises fées se sont penchées sur ce millésime : d'abord plusieurs gelées répétées les 11, 15 et 18 avril ; ensuite un orage de grêle le 17 juillet... L'été a été généralement médiocre mais il a fait beau et chaud pendant les vendanges. (Vendanges le 1er octobre)
Grand Vin du Château Margaux
1902

Issu d'une vendange généreuse, 1902 n'en reste pas moins un millésime difficile, les vins, sans être verts, manquaient de maturité et de vinosité. (Mars 2025)
Climat
Récolte abondante qui n'a pas pu parvenir à un bon niveau de maturité car l'été a été médiocre; de plus, il a fait beau mais très froid pendant les vendanges. (Vendanges le 29 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1901
Un vin devenu médiocre et léger. Bien qu'assez élégant dans sa jeunesse, il est aujourd'hui passé. (Mars 2025)
Climat
Année en général pluvieuse et récolte abondante. On note à l'époque : «temps pluvieux et chaud tout le temps des vendanges». (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1900

1900, un vin mythique ! Le siècle a commencé avec une récolte extraordinaire aussi bien en quantité qu'en qualité.
1900, c'est d'abord une quantité record de vin, que l'on ne retrouvera qu'en 1982 !
1900, c'est surtout une qualité légendaire ! Malgré les très forts rendements, ce vin était d'une puissance et d'une concentration rarement égalées. Ce millésime a immédiatement soulevé l'enthousiasme, et a éclipsé le fantastique 1899. Quelle émotion de retrouver, cent ans plus tard, une qualité comparable avec le millésime 2000…
Aujourd'hui, Château Margaux 1900 est toujours un vin d'une extraordinaire fraîcheur. Il fait partie des plus grandes bouteilles que nous ayons jamais goûtées. Le bouquet est d'une incomparable finesse, avec des notes de fruits frais étonnante. En bouche il offre une fabuleuse impression de richesse et de suavité. La finale est longue, délicieuse et rafraîchissante. Une pure merveille. (Septembre 2024)
Climat
Une année extraordinaire, qui a bénéficié d'un été très chaud et sec ainsi que d'un très beau temps pendant les vendanges. (Vendanges le 24 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1899

1899 constitue avec 1900 une fabuleuse paire de millésimes, que l'on ne retrouvera qu'en 1928-1929 puis en 1989-1990. Ce vin d'une qualité remarquable est un peu passé dans l'ombre de 1900, qui était d'emblée plus puissant et portait également un chiffre plus symbolique…
Château Margaux 1899 est un vin d'une très grande harmonie, d'une extrême finesse et d'une fraîcheur étonnante. Il est moins puissant que 1900, mais son bouquet est au moins aussi complexe et élégant. Il possède en bouche une suavité et une délicatesse extraordinaires. Un vin encore remarquable à boire aujourd'hui. (Septembre 2024)
Climat
L'été a été très sec. Le maître de chai note à l'époque : « été dur. Vendange excellente malgré la sécheresse. Bonnes rosées de matinées. » (Vendanges le 21 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1898

Un vin devenu médiocre et léger. Bien qu'assez élégant dans sa jeunesse, il est aujourd'hui passé. (Septembre 2024)
Climat
Année en général pluvieuse et récolte abondante. On note à l'époque : «temps pluvieux et chaud tout le temps des vendanges». (Vendanges le 26 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1893

Ce millésime a probablement bénéficié du temps le plus extraordinaire depuis trois siècles. Jamais auparavant, et jamais depuis, les vendanges n'ont commencé aussi tôt : le 17 août !
1893 est aussi la plus grosse récolte jamais enregistrée à Château Margaux, 402 tonneaux ! Même durant les années 1880, nous n'avions atteint une telle production et il a fallu à l'époque, comme le signale le maître de chai, interrompre les vendanges pendant six jours car nous manquions de cuves.
Château Margaux 1893 est un vin remarquable, qui a été considéré comme le millésime du siècle (du XIXème siècle, bien sûr). Aujourd'hui encore, ce vin présente une puissance et une fraîcheur étonnantes. Comment ont-ils bien pu faire cela ? Allier une telle quantité à une telle qualité est un grand mystère, et nous manquons encore d'informations pour l'expliquer. (Septembre 2024)
Climat
Citons les commentaires du maître de chai : «chaleur commençant le 1er mars jusqu'aux vendanges. Eté excessivement chaud. Sans pluie. Vigne fleurie le 20 avril. Raisins vérés le 21 juin. Année excessivement précoce et très abondante». (Vendanges le... 17 août, terminées le 12 septembre)
Grand Vin du Château Margaux
1870

Cette récolte assez abondante, mais beaucoup moins que 1893, a été d'une qualité vraiment extraordinaire. Il s'agit aujourd'hui encore d'une des plus grandes bouteilles de Margaux que nous ayons eu l'occasion de goûter. Ce vin possède une fraîcheur tout à fait étonnante, une longueur et une suavité remarquables. Jamais on ne pourrait imaginer que ce vin a plus de 150 ans ! (Septembre 2024)
Climat
Ce millésime très précoce a bénéficié d'excellentes conditions tout au long de la maturation des raisins. Le maître de chai note : «Vendanges commencées le 10 septembre et finies le 23 dudit, pluie la première journée ; le reste du temps : chaleur.»
Grand Vin du Château Margaux
1868

Décrit comme très puissant, tannique et manquant un peu de finesse dans sa jeunesse, ce vin, à l'instar du 1855, nous a époustouflés lorsque nous l'avons dégusté en 2016. D'une complexité aromatique remarquable, il nous a surpris par sa jeunesse, sa douceur et son charme. Extraordinaire ! (Février 2016)
Climat
Millésime très précoce. Le maître de chai note : « vendanges commencées le 7 septembre et finies le 18 dudit, chaleur excessive pendant neuf jours. »
Grand Vin du Château Margaux
1865

Un vin d'une excellente qualité, très puissant, qui a été très long à se faire. (Février 2025)
Climat
Les vendanges très précoces (elles ont commencé le 5 septembre) se sont déroulées sous un soleil brûlant. La récolte était plutôt abondante.
Grand Vin du Château Margaux
1864
1864 est la première récolte assez abondante après les ravages de l'oïdium qui est apparu en 1852 et a été à peu près contrôlé à partir de 1860 grâce aux pulvérisations de soufre.
Ce millésime a bénéficié d'une excellente réputation ; les vins étaient à la fois puissants, moelleux, et beaucoup plus charmeurs que la grande majorité des vins de cette époque. (Février 2025)
Climat
Les vendanges ont commencé le 17 septembre et se sont terminées le 1er octobre. Elles ont connu sept jours de pluie.
Grand Vin du Château Margaux
1855
Issu d'un millésime compliqué et d'une toute petite récolte n'ayant produit que 40 000 bouteilles, ce vin nous a énormément impressionnés lorsque nous l'avons dégusté en 2014. Ses tannins avaient laissé place à une extraordinaire douceur, comme si ce vin s'était transformé en une caresse et un formidable nuage de parfums. (Février 2014)
Grand Vin du Château Margaux
1848

Cette assez grosse récolte était d'une qualité remarquable, au point que Friedrich Engels, à la question « Quelle est votre idée du bonheur ? » a pu répondre un jour : « Château Margaux 1848 ». Ce vin garde encore aujourd'hui une fraîcheur inoubliable. Une vraie merveille ! (Février 2025)
Climat
Vendanges commencées le 21 septembre et finies le 1er octobre. Temps magnifique, sec et chaud.
Grand Vin du Château Margaux
1847
Avec 1848, ce millésime constitue une paire d'années à la fois abondantes et de grande qualité. 1847 a été plus tendre et moins puissant que 1848 ; il ne s'est pas gardé aussi longtemps.
Climat
Vendanges commencées le 25 septembre et finies le 7 octobre. Temps magnifique, sec et chaud.
Grand Vin du Château Margaux
1791
« Considéré comme le meilleur que la France a produit depuis de nombreuses années, et il est à présent difficile d'en trouver de comparable. » (Extrait d'un catalogue de vins de Christie's du 23 mai 1797).
Grand Vin du Château Margaux
1771
Premier millésime bordelais à apparaître dans un catalogue de Christie's en mars 1776. « Excellent bordeaux avec une belle saveur, de l'année 1771 ».

Service et dégustation
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