Notre histoire

L’histoire de Château Margaux est celle d’un lieu transmis de génération en génération, porté par les femmes et les hommes qui l’ont façonné. Depuis le XIIᵉ siècle, chacun a contribué à préserver l’identité du domaine tout en l’accompagnant avec exigence vers de nouvelles évolutions. Cette continuité, à la fois fidèle à la terre et ouverte au progrès, fonde la singularité de Château Margaux.

XVIe

Aux origines du domaine

Connu dès le XIIe siècle sous le nom de « la Mothe de Margaux », le domaine ne possède alors pas encore de vignes. Ce nom fait référence à une légère élévation du terrain, caractéristique précieuse dans le Médoc, où les meilleures terres viticoles bénéficient d’un bon drainage.

À partir de 1152, l’Aquitaine passe sous domination anglaise jusqu’en 1453. Les vins de Bordeaux trouvent alors un large débouché, notamment en Angleterre, où Richard Cœur de Lion adopte le Bordeaux comme vin de table. Les propriétaires de la Mothe de Margaux sont des seigneurs importants, mais c’est avec l’arrivée de la famille de Lestonnac que le domaine prend sa forme actuelle.


Entre 1572 et 1582, Pierre de Lestonnac restructure entièrement la propriété et le vignoble, anticipant l’évolution du Médoc, qui délaisse progressivement les cultures céréalières au profit de la vigne. À la fin du XVIIe siècle, le domaine atteint 265 hectares, surface qu’il conservera jusqu’à aujourd’hui, avec environ un tiers consacré à la vigne. Les vins, alors appelés « claret », sont très appréciés en Angleterre et aux Pays-Bas. Château Margaux s’impose déjà comme une référence, et la hiérarchie des crus de Bordeaux commence à se dessiner. Château Margaux est né.

Entre 1572 et 1582, Pierre de Lestonnac restructure entièrement la propriété et le vignoble, anticipant l’évolution du Médoc, qui délaisse progressivement les cultures céréalières au profit de la vigne. À la fin du XVIIe siècle, le domaine atteint 265 hectares, surface qu’il conservera jusqu’à aujourd’hui, avec environ un tiers consacré à la vigne. Les vins, alors appelés « claret », sont très appréciés en Angleterre et aux Pays-Bas. Château Margaux s’impose déjà comme une référence, et la hiérarchie des crus de Bordeaux commence à se dessiner. Château Margaux est né.

XVIe

Aux origines du domaine

Connu dès le XIIe siècle sous le nom de « la Mothe de Margaux », le domaine ne possède alors pas encore de vignes. Ce nom fait référence à une légère élévation du terrain, caractéristique précieuse dans le Médoc, où les meilleures terres viticoles bénéficient d’un bon drainage.

À partir de 1152, l’Aquitaine passe sous domination anglaise jusqu’en 1453. Les vins de Bordeaux trouvent alors un large débouché, notamment en Angleterre, où Richard Cœur de Lion adopte le Bordeaux comme vin de table. Les propriétaires de la Mothe de Margaux sont des seigneurs importants, mais c’est avec l’arrivée de la famille de Lestonnac que le domaine prend sa forme actuelle.


Au début du XVIIe siècle, le régisseur du domaine, nommé Berlon joue un rôle déterminant dans l’amélioration de la qualité des vins. Il innove en vinifiant séparément les raisins rouges et blancs, alors plantés en mélange, et refuse les vendanges trop matinales afin de préserver la couleur et la concentration du vin : « parce que les raisins sont couverts de rosée et que, s’ils sont cueillis le matin, leur couleur sera diluée et pâlie par l’excès d’humidité ».

Conscient de l’importance des sols, il identifie les meilleures parcelles en fonction des différents cépages et affirme le rôle fondamental du terroir. Ces avancées marquent les prémices de la vinification moderne et s’inscrivent dans une tradition d’excellence portée par les hommes du domaine.

XVIIe

Berlon


Au début du XVIIe siècle, le régisseur du domaine, nommé Berlon joue un rôle déterminant dans l’amélioration de la qualité des vins. Il innove en vinifiant séparément les raisins rouges et blancs, alors plantés en mélange, et refuse les vendanges trop matinales afin de préserver la couleur et la concentration du vin : « parce que les raisins sont couverts de rosée et que, s’ils sont cueillis le matin, leur couleur sera diluée et pâlie par l’excès d’humidité ».

Conscient de l’importance des sols, il identifie les meilleures parcelles en fonction des différents cépages et affirme le rôle fondamental du terroir. Ces avancées marquent les prémices de la vinification moderne et s’inscrivent dans une tradition d’excellence portée par les hommes du domaine.

XVIIe

Berlon


XVIIIe

Le siècle d'or

En 1705, le London Gazette annonce la première enchère de grands crus de Bordeaux : 230 barriques de « Margose ». Le millésime 1771 est le premier « claret » à figurer dans un catalogue Christie’s. Le Premier ministre britannique Sir Robert Walpole illustre l’engouement de l’élite anglaise pour ces vins : il achète régulièrement du Château Margaux, sans toujours le régler.

La renommée des premiers crus traverse l’Atlantique. Thomas Jefferson, ambassadeur des États-Unis en France, décrit la hiérarchie déjà établie entre les grands vins de Bordeaux et place Château Margaux en première position. Il commande le millésime 1784, qu’il qualifie de « meilleure bouteille de Bordeaux ».

Le XVIIIe siècle marque l’essor des grands vins et d’un classement encore informel. Cette reconnaissance repose sur la notion de cru, qui associe un terroir, un vin et un château. Joseph de Fumel, propriétaire au milieu du siècle, comprend que seules les croupes de graves du Médoc peuvent produire de grands vins.

La Révolution française met fin à ce siècle d’or. Élie du Barry, comte d’Hargicourt et seigneur de Margaux, est exécuté pendant la Terreur. Le domaine est vendu comme Bien National. Laure de Fumel, la dernière descendante de la famille Lestonnac, parvient à racheter le domaine au citoyen « Miqueau » qui l’a pourtant complètement dilapidé, laissant même geler les orangers ! Les années de la Révolution ont raison de son courage, elle met aux enchères en 1801 le domaine.

Le XVIIIe siècle marque l’essor des grands vins et d’un classement encore informel. Cette reconnaissance repose sur la notion de cru, qui associe un terroir, un vin et un château. Joseph de Fumel, propriétaire au milieu du siècle, comprend que seules les croupes de graves du Médoc peuvent produire de grands vins.

La Révolution française met fin à ce siècle d’or. Élie du Barry, comte d’Hargicourt et seigneur de Margaux, est exécuté pendant la Terreur. Le domaine est vendu comme Bien National. Laure de Fumel, la dernière descendante de la famille Lestonnac, parvient à racheter le domaine au citoyen « Miqueau » qui l’a pourtant complètement dilapidé, laissant même geler les orangers ! Les années de la Révolution ont raison de son courage, elle met aux enchères en 1801 le domaine.

XVIIIe

Le siècle d'or

En 1705, le London Gazette annonce la première enchère de grands crus de Bordeaux : 230 barriques de « Margose ». Le millésime 1771 est le premier « claret » à figurer dans un catalogue Christie’s. Le Premier ministre britannique Sir Robert Walpole illustre l’engouement de l’élite anglaise pour ces vins : il achète régulièrement du Château Margaux, sans toujours le régler.

La renommée des premiers crus traverse l’Atlantique. Thomas Jefferson, ambassadeur des États-Unis en France, décrit la hiérarchie déjà établie entre les grands vins de Bordeaux et place Château Margaux en première position. Il commande le millésime 1784, qu’il qualifie de « meilleure bouteille de Bordeaux ».

Bertrand Douat, marquis de La Colonilla, acquiert Château Margaux en 1801. Il estime que le manoir existant ne correspond pas à la renommée du vignoble et décide de faire construire le château actuel.

Basque d’origine, enrichi en Espagne, il a mené une carrière d’armateur et de négociateur international. Installé à Paris, il s’intéresse peu à la vigne. Château Margaux représente avant tout pour lui un symbole de réussite sociale. Les travaux commencent en 1810, alors qu’il a plus de 70 ans. Il meurt en 1816 sans avoir habité le château.

1801

Le Marquis de la Colonilla


Bertrand Douat, marquis de La Colonilla, acquiert Château Margaux en 1801. Il estime que le manoir existant ne correspond pas à la renommée du vignoble et décide de faire construire le château actuel.

Basque d’origine, enrichi en Espagne, il a mené une carrière d’armateur et de négociateur international. Installé à Paris, il s’intéresse peu à la vigne. Château Margaux représente avant tout pour lui un symbole de réussite sociale. Les travaux commencent en 1810, alors qu’il a plus de 70 ans. Il meurt en 1816 sans avoir habité le château.

1801

Le Marquis de la Colonilla


Pour la construction du château, La Colonilla fait appel à l’architecte bordelais Louis Combes. Celui-ci réalise à Margaux son chef-d’œuvre. Souvent surnommé le « Versailles du Médoc », le château est l’un des rares exemples de style néo-palladien en France.

Château Margaux est aussi une entreprise agricole. Louis Combes conçoit un ensemble cohérent, organisé autour du château. D’un côté se trouvent les bâtiments artisanaux ; de l’autre, les chais, le cuvier et la tonnellerie. Le grand chai, avec ses colonnes blanches et ses perspectives majestueuses, évoque une cathédrale du vin. L’ensemble forme une unité architecturale remarquable, découverte progressivement par les visiteurs à leur arrivée par l’allée de platanes centenaires.

1815

Le "Versailles" du Médoc


Pour la construction du château, La Colonilla fait appel à l’architecte bordelais Louis Combes. Celui-ci réalise à Margaux son chef-d’œuvre. Souvent surnommé le « Versailles du Médoc », le château est l’un des rares exemples de style néo-palladien en France.

Château Margaux est aussi une entreprise agricole. Louis Combes conçoit un ensemble cohérent, organisé autour du château. D’un côté se trouvent les bâtiments artisanaux ; de l’autre, les chais, le cuvier et la tonnellerie. Le grand chai, avec ses colonnes blanches et ses perspectives majestueuses, évoque une cathédrale du vin. L’ensemble forme une unité architecturale remarquable, découverte progressivement par les visiteurs à leur arrivée par l’allée de platanes centenaires.

1815

Le "Versailles" du Médoc



1830

Alexandre Aguado

Les enfants du marquis de La Colonilla ne s’intéressent pas au domaine et le vendent à Alexandre Aguado. Il est le premier banquier à acquérir un grand château bordelais. Sa fortune est déjà considérable. Château Margaux n’est pas pour lui un moyen de l’accroître, mais une propriété élégante et agréable à vivre. Aguado abandonne rapidement ses activités financières pour se consacrer à d’autres projets. Il devient notamment le mécène de Gioachino Rossini, qui compose une zarzuela intitulée Château Margaux. Alexandre Aguado meurt en 1836. Il lègue sa remarquable collection de peintures italiennes et espagnoles au musée du Louvre. Son héritage principal à Château Margaux est la décoration de style Napoléon III, caractéristique de l’époque. Les éléments majeurs de cette décoration resteront en place jusqu’à la vente du domaine par la famille Ginestet à André Mentzelopoulos.


1830

Alexandre Aguado

Les enfants du marquis de La Colonilla ne s’intéressent pas au domaine et le vendent à Alexandre Aguado. Il est le premier banquier à acquérir un grand château bordelais. Sa fortune est déjà considérable. Château Margaux n’est pas pour lui un moyen de l’accroître, mais une propriété élégante et agréable à vivre. Aguado abandonne rapidement ses activités financières pour se consacrer à d’autres projets. Il devient notamment le mécène de Gioachino Rossini, qui compose une zarzuela intitulée Château Margaux. Alexandre Aguado meurt en 1836. Il lègue sa remarquable collection de peintures italiennes et espagnoles au musée du Louvre. Son héritage principal à Château Margaux est la décoration de style Napoléon III, caractéristique de l’époque. Les éléments majeurs de cette décoration resteront en place jusqu’à la vente du domaine par la famille Ginestet à André Mentzelopoulos.

À l’occasion de la Deuxième Exposition universelle de Paris, Napoléon III souhaite mettre en valeur les produits français, et notamment les grands vins du Médoc. Il demande l’établissement d’un classement officiel.

Une dégustation à l’aveugle est organisée à Paris. Elle aboutit au classement de 1855, qui répartit une soixantaine de crus du Médoc, ainsi qu’un cru des Graves, en cinq niveaux de qualité. Quatre propriétés sont classées « Premier Grand Cru Classé ». Château Margaux est le seul à obtenir la note maximale de vingt sur vingt. Ce classement, toujours en vigueur aujourd’hui, ne fait que confirmer une hiérarchie déjà établie par le marché depuis longtemps. Dès le XVIIIe siècle, les premiers crus se vendaient environ deux fois plus cher que les deuxièmes crus. Le classement de 1855 prolonge ainsi des tentatives antérieures, notamment celle de Thomas Jefferson. Sous le Second Empire, Bordeaux connaît un véritable âge d’or. La construction du chemin de fer reliant Bordeaux à Paris et les accords de libre-échange favorisent fortement le commerce. Napoléon III joue un rôle important dans cet essor de la viticulture bordelaise.

1855

Le classement officiel


À l’occasion de la Deuxième Exposition universelle de Paris, Napoléon III souhaite mettre en valeur les produits français, et notamment les grands vins du Médoc. Il demande l’établissement d’un classement officiel.

Une dégustation à l’aveugle est organisée à Paris. Elle aboutit au classement de 1855, qui répartit une soixantaine de crus du Médoc, ainsi qu’un cru des Graves, en cinq niveaux de qualité. Quatre propriétés sont classées « Premier Grand Cru Classé ». Château Margaux est le seul à obtenir la note maximale de vingt sur vingt. Ce classement, toujours en vigueur aujourd’hui, ne fait que confirmer une hiérarchie déjà établie par le marché depuis longtemps. Dès le XVIIIe siècle, les premiers crus se vendaient environ deux fois plus cher que les deuxièmes crus. Le classement de 1855 prolonge ainsi des tentatives antérieures, notamment celle de Thomas Jefferson. Sous le Second Empire, Bordeaux connaît un véritable âge d’or. La construction du chemin de fer reliant Bordeaux à Paris et les accords de libre-échange favorisent fortement le commerce. Napoléon III joue un rôle important dans cet essor de la viticulture bordelaise.

1855

Le classement officiel


1879

Le comte Pillet-Will

En 1879, Emily Macdonnel, dame d’honneur de l’impératrice Eugénie et épouse du fils d’Alexandre Aguado, vend Château Margaux au comte Pillet-Will. Le contexte est difficile pour le Médoc, touché à la fois par une récession économique mondiale et par de graves maladies de la vigne.

Les régisseurs successifs entretiennent pourtant le vignoble avec soin. L’oïdium apparaît d’abord, suivi du mildiou, qui ravagent les vignes. L’oïdium est maîtrisé grâce au soufre, le mildiou grâce à la pulvérisation de sulfate de cuivre, la célèbre bouillie bordelaise. Le phylloxéra, insecte venu des États-Unis, constitue une menace encore plus grave. Sa progression est inexorable. La solution viendra du greffage des cépages français sur des plants américains résistants.

La production de Château Margaux reprend progressivement avec les replantations et les nouveaux traitements. Le millésime 1893 est remarquable et si abondant que les vendanges doivent être interrompues pendant six jours, faute de cuves disponibles. Sa production dépasse celle du célèbre millésime 1870, la plus grande année avant le phylloxéra.

Cependant, les jeunes vignes issues des replantations ne permettent pas encore d’atteindre une qualité optimale. Une partie de la production est alors vendue comme « second vin », qui prendra plus tard le nom de Pavillon Rouge du Château Margaux.

En 1896, le comte Pillet-Will s’appuie sur Pierre Moreau, homme de confiance, qui joue un rôle déterminant dans la gestion du domaine. Il réunit notamment le syndicat des futurs actionnaires qui rachèteront Château Margaux en 1908. Il nomme également Marcellus Grangerou maître de chai. Celui-ci sera ensuite remplacé par son fils Marcel, puis par son petit-fils Jean. L’innovation majeure introduite par Pierre Moreau est l’obligation de la mise en bouteilles au château, adoptée en 1925. Elle constitue une garantie essentielle d’authenticité pour les acheteurs.

Cependant, les jeunes vignes issues des replantations ne permettent pas encore d’atteindre une qualité optimale. Une partie de la production est alors vendue comme « second vin », qui prendra plus tard le nom de Pavillon Rouge du Château Margaux.

En 1896, le comte Pillet-Will s’appuie sur Pierre Moreau, homme de confiance, qui joue un rôle déterminant dans la gestion du domaine. Il réunit notamment le syndicat des futurs actionnaires qui rachèteront Château Margaux en 1908. Il nomme également Marcellus Grangerou maître de chai. Celui-ci sera ensuite remplacé par son fils Marcel, puis par son petit-fils Jean. L’innovation majeure introduite par Pierre Moreau est l’obligation de la mise en bouteilles au château, adoptée en 1925. Elle constitue une garantie essentielle d’authenticité pour les acheteurs.

1879

Le comte Pillet-Will

En 1879, Emily Macdonnel, dame d’honneur de l’impératrice Eugénie et épouse du fils d’Alexandre Aguado, vend Château Margaux au comte Pillet-Will. Le contexte est difficile pour le Médoc, touché à la fois par une récession économique mondiale et par de graves maladies de la vigne.

Les régisseurs successifs entretiennent pourtant le vignoble avec soin. L’oïdium apparaît d’abord, suivi du mildiou, qui ravagent les vignes. L’oïdium est maîtrisé grâce au soufre, le mildiou grâce à la pulvérisation de sulfate de cuivre, la célèbre bouillie bordelaise. Le phylloxéra, insecte venu des États-Unis, constitue une menace encore plus grave. Sa progression est inexorable. La solution viendra du greffage des cépages français sur des plants américains résistants.

La production de Château Margaux reprend progressivement avec les replantations et les nouveaux traitements. Le millésime 1893 est remarquable et si abondant que les vendanges doivent être interrompues pendant six jours, faute de cuves disponibles. Sa production dépasse celle du célèbre millésime 1870, la plus grande année avant le phylloxéra.


1950

La famille Ginestet

Fernand Ginestet et son fils Pierre deviennent propriétaires du domaine. Fernand a bâti sa fortune dans le négoce de vins. Les fonds nécessaires à l’achat de Château Margaux lui sont envoyés par un ami, maire de Saïgon et importateur de vins. La famille Ginestet acquiert l’intégralité du domaine vers 1950. Fernand et Pierre entreprennent une réorganisation progressive du vignoble. Bernard Ginestet, fils de Pierre, dirige la maison de négoce familiale et en fait l’une des plus respectées de Bordeaux.

Cependant, la récession des années 1970, combinée à des millésimes catastrophiques et invendables en 1972, 1973 et 1974, place Pierre et Bernard Ginestet dans une situation très difficile. Soucieux d’honorer leurs engagements, ils n’ont plus qu’un seul bien négociable : Château Margaux, qu'ils se résignent à vendre. Il a fallu deux ans à Pierre et Bernard Ginestet pour le céder à André Mentzelopoulos en 1977. Le monde du vin est surpris, un Grec dans le Médoc suscite alors de nombreuses interrogations.


1950

La famille Ginestet

Fernand Ginestet et son fils Pierre deviennent propriétaires du domaine. Fernand a bâti sa fortune dans le négoce de vins. Les fonds nécessaires à l’achat de Château Margaux lui sont envoyés par un ami, maire de Saïgon et importateur de vins. La famille Ginestet acquiert l’intégralité du domaine vers 1950. Fernand et Pierre entreprennent une réorganisation progressive du vignoble. Bernard Ginestet, fils de Pierre, dirige la maison de négoce familiale et en fait l’une des plus respectées de Bordeaux.

Cependant, la récession des années 1970, combinée à des millésimes catastrophiques et invendables en 1972, 1973 et 1974, place Pierre et Bernard Ginestet dans une situation très difficile. Soucieux d’honorer leurs engagements, ils n’ont plus qu’un seul bien négociable : Château Margaux, qu'ils se résignent à vendre. Il a fallu deux ans à Pierre et Bernard Ginestet pour le céder à André Mentzelopoulos en 1977. Le monde du vin est surpris, un Grec dans le Médoc suscite alors de nombreuses interrogations.

1977

André Mentzelopoulos : "un Hellène dans le Médoc"

C’est en 1977 qu’André Mentzelopoulos achète la propriété. Les colonnes ioniques qui ornent le péristyle du château lui rappellent sa Grèce natale et lui font saisir, grâce à sa formidable acuité intellectuelle, l’ampleur du travail à accomplir pour que Margaux retrouve sa place de Premier, la seule qui lui revienne. Quel roman que la vie de cet homme exceptionnel ! Il naît en 1915 à Patras, dans le Péloponnèse, d’un père hôtelier qui n’a de cesse d’enseigner à ses enfants plusieurs langues étrangères afin de réaliser le rêve de tant de Grecs : partir à l’étranger et… faire fortune ! André comblera les attentes de son père; après des études de littérature à Grenoble, il part en Extrême-Orient où, en Birmanie, en Chine, en Inde et au Pakistan, il fait fortune dans l’import-export de céréales.

De retour en Europe, il épouse une Française et acquiert, en 1958, la société Félix Potin, maison fondée en 1844 et possédant quatre-vingts épiceries de quartier. André transforme cette société en une importante maison de distribution moderne, avec 1600 points de vente et un prestigieux patrimoine immobilier à Paris. Cet homme, à l’accent encore chantant (il parle six langues) et qui aime citer Winston Churchill, est tombé amoureux de son Château Margaux. En 1977, André Mentzelopoulos est un précurseur. Les vins de Bordeaux sortent d’une grave crise économique et qualitative; les investisseurs ne s’intéressent pas aux crus classés et les propriétaires n’ont pas les moyens de valoriser leurs terres. André Mentzelopoulos, en véritable visionnaire, investit massivement, sans espoir de rentabilité immédiate, dans un marché encore morose, quelques années avant le nouvel âge d’or bordelais de la fin du XXe siècle. Son action est spectaculaire, que ce soit dans le vignoble, dans les chais ou au château.

Il met en place le drainage, les replantations… Sous la supervision passionnée d’Émile Peynaud, œnologue renommé, il réintroduit le Pavillon Rouge du Château Margaux en augmentant considérablement la sélection, redéfinit le Pavillon Blanc, introduit l’élevage en barriques neuves et planifie la construction du premier grand chai enterré de la région, une prouesse technique. Le château, classé Monument Historique depuis 1946 et restauré sous la supervision des inspecteurs des Monuments Historiques de France, est patiemment décoré par le célèbre décorateur Henri Samuel, le réalisateur des salles françaises du XVIIIe siècle au Metropolitan Museum of Art. André Mentzelopoulos orchestre ainsi la reconstitution du patrimoine architectural et viticole afin de permettre au terroir d’exprimer à nouveau ses fabuleuses qualités. Le millésime 1978 de Château Margaux est immédiatement salué comme exceptionnel, preuve de l’efficacité et de l’ampleur de l’œuvre d’André Mentzelopoulos.

Il décède en 1980, trop tôt pour jouir pleinement de la renaissance de son Château Margaux.

Il met en place le drainage, les replantations… Sous la supervision passionnée d’Émile Peynaud, œnologue renommé, il réintroduit le Pavillon Rouge du Château Margaux en augmentant considérablement la sélection, redéfinit le Pavillon Blanc, introduit l’élevage en barriques neuves et planifie la construction du premier grand chai enterré de la région, une prouesse technique. Le château, classé Monument Historique depuis 1946 et restauré sous la supervision des inspecteurs des Monuments Historiques de France, est patiemment décoré par le célèbre décorateur Henri Samuel, le réalisateur des salles françaises du XVIIIe siècle au Metropolitan Museum of Art. André Mentzelopoulos orchestre ainsi la reconstitution du patrimoine architectural et viticole afin de permettre au terroir d’exprimer à nouveau ses fabuleuses qualités. Le millésime 1978 de Château Margaux est immédiatement salué comme exceptionnel, preuve de l’efficacité et de l’ampleur de l’œuvre d’André Mentzelopoulos.

Il décède en 1980, trop tôt pour jouir pleinement de la renaissance de son Château Margaux.

1977

André Mentzelopoulos : "un Hellène dans le Médoc"

C’est en 1977 qu’André Mentzelopoulos achète la propriété. Les colonnes ioniques qui ornent le péristyle du château lui rappellent sa Grèce natale et lui font saisir, grâce à sa formidable acuité intellectuelle, l’ampleur du travail à accomplir pour que Margaux retrouve sa place de Premier, la seule qui lui revienne. Quel roman que la vie de cet homme exceptionnel ! Il naît en 1915 à Patras, dans le Péloponnèse, d’un père hôtelier qui n’a de cesse d’enseigner à ses enfants plusieurs langues étrangères afin de réaliser le rêve de tant de Grecs : partir à l’étranger et… faire fortune ! André comblera les attentes de son père; après des études de littérature à Grenoble, il part en Extrême-Orient où, en Birmanie, en Chine, en Inde et au Pakistan, il fait fortune dans l’import-export de céréales.

De retour en Europe, il épouse une Française et acquiert, en 1958, la société Félix Potin, maison fondée en 1844 et possédant quatre-vingts épiceries de quartier. André transforme cette société en une importante maison de distribution moderne, avec 1600 points de vente et un prestigieux patrimoine immobilier à Paris. Cet homme, à l’accent encore chantant (il parle six langues) et qui aime citer Winston Churchill, est tombé amoureux de son Château Margaux. En 1977, André Mentzelopoulos est un précurseur. Les vins de Bordeaux sortent d’une grave crise économique et qualitative; les investisseurs ne s’intéressent pas aux crus classés et les propriétaires n’ont pas les moyens de valoriser leurs terres. André Mentzelopoulos, en véritable visionnaire, investit massivement, sans espoir de rentabilité immédiate, dans un marché encore morose, quelques années avant le nouvel âge d’or bordelais de la fin du XXe siècle. Son action est spectaculaire, que ce soit dans le vignoble, dans les chais ou au château.

1980

Corinne Mentzelopoulos : sur les traces de son père

À la disparition de son père en 1980, Corinne Mentzelopoulos reprend la direction du domaine. Si l’arrivée d’André Mentzelopoulos avait suscité des doutes, sa disparition inquiète encore davantage le monde du vin. Il avait pourtant convaincu par son énergie, sa vision stratégique et les résultats obtenus en un temps très court.

Rien ne prédestinait Corinne Mentzelopoulos au monde viticole. Après une licence de Lettres Classiques et un diplôme de l’Institut d'Études Politiques de Paris obtenu en 1979, elle débute sa carrière chez Havas avant de devenir contrôleur de gestion chez Primistères, société gestionnaire des magasins Félix Potin. À seulement 27 ans, elle se retrouve propulsée à la tête de l’un des plus grands crus classés de Bordeaux.

Entourée du célèbre œnologue Émile Peynaud et de l’équipe technique du domaine alors dirigée par Philippe Barré, elle s’attelle avec détermination à poursuivre l’élan impulsé par son père. Elle se passionne très vite pour Château Margaux et s’investit pleinement dans la compréhension des terroirs, de la viticulture et de la vinification.

Corinne Mentzelopoulos poursuit le programme d’investissements engagé précédemment et inscrit la propriété dans une stratégie de long terme fondée sur l’excellence qualitative. Son arrivée coïncide avec un tournant majeur : à partir de 1982, la demande mondiale pour les grands vins de Bordeaux explose. Les amateurs américains sont les premiers à s’enthousiasmer, suivis par ceux d’Europe, puis d’Asie et d’autres régions du monde. Bordeaux bénéficie parallèlement d’une succession de millésimes remarquables, renforçant son aura internationale.

Dans le même temps, le groupe familial évolue profondément. Les magasins et le patrimoine immobilier de Félix Potin sont progressivement cédés, et le groupe, devenu Exor, devient actionnaire de référence de Perrier. Consciente des enjeux financiers et stratégiques, Corinne Mentzelopoulos choisit de s’entourer pour sécuriser l’avenir du domaine. Au début des années 1990, elle s’appuie sur la famille Agnelli, alors dirigée par Gianni Agnelli, président de Fiat. Cette association dure une dizaine d’années. En 2003, lorsque le groupe Agnelli décide de céder ses parts dans Château Margaux, Corinne Mentzelopoulos les rachète immédiatement, redevenant ainsi l’unique actionnaire du domaine.

Durant plus de quarante ans, elle gère Château Margaux dans un esprit de continuité, de rigueur et d’exigence, consolidant sa place parmi les références absolues des grands vins de Bordeaux et inscrivant son action dans une vision patrimoniale et durable.

Dans le même temps, le groupe familial évolue profondément. Les magasins et le patrimoine immobilier de Félix Potin sont progressivement cédés, et le groupe, devenu Exor, devient actionnaire de référence de Perrier. Consciente des enjeux financiers et stratégiques, Corinne Mentzelopoulos choisit de s’entourer pour sécuriser l’avenir du domaine. Au début des années 1990, elle s’appuie sur la famille Agnelli, alors dirigée par Gianni Agnelli, président de Fiat. Cette association dure une dizaine d’années. En 2003, lorsque le groupe Agnelli décide de céder ses parts dans Château Margaux, Corinne Mentzelopoulos les rachète immédiatement, redevenant ainsi l’unique actionnaire du domaine.

Durant plus de quarante ans, elle gère Château Margaux dans un esprit de continuité, de rigueur et d’exigence, consolidant sa place parmi les références absolues des grands vins de Bordeaux et inscrivant son action dans une vision patrimoniale et durable.

1980

Corinne Mentzelopoulos : sur les traces de son père

À la disparition de son père en 1980, Corinne Mentzelopoulos reprend la direction du domaine. Si l’arrivée d’André Mentzelopoulos avait suscité des doutes, sa disparition inquiète encore davantage le monde du vin. Il avait pourtant convaincu par son énergie, sa vision stratégique et les résultats obtenus en un temps très court.

Rien ne prédestinait Corinne Mentzelopoulos au monde viticole. Après une licence de Lettres Classiques et un diplôme de l’Institut d'Études Politiques de Paris obtenu en 1979, elle débute sa carrière chez Havas avant de devenir contrôleur de gestion chez Primistères, société gestionnaire des magasins Félix Potin. À seulement 27 ans, elle se retrouve propulsée à la tête de l’un des plus grands crus classés de Bordeaux.

Entourée du célèbre œnologue Émile Peynaud et de l’équipe technique du domaine alors dirigée par Philippe Barré, elle s’attelle avec détermination à poursuivre l’élan impulsé par son père. Elle se passionne très vite pour Château Margaux et s’investit pleinement dans la compréhension des terroirs, de la viticulture et de la vinification.

Corinne Mentzelopoulos poursuit le programme d’investissements engagé précédemment et inscrit la propriété dans une stratégie de long terme fondée sur l’excellence qualitative. Son arrivée coïncide avec un tournant majeur : à partir de 1982, la demande mondiale pour les grands vins de Bordeaux explose. Les amateurs américains sont les premiers à s’enthousiasmer, suivis par ceux d’Europe, puis d’Asie et d’autres régions du monde. Bordeaux bénéficie parallèlement d’une succession de millésimes remarquables, renforçant son aura internationale.

2015

Deux siècles d'architecture au service d'un grand vin

La renommée de Château Margaux repose autant sur le génie du lieu que sur l’engagement de ceux qui l’ont servi. Deux siècles auparavant, le marquis de La Colonilla avait déjà marqué le domaine par la construction d’un ensemble architectural inspiré de la Grèce antique. Louis Combes avait conçu le péristyle du château en hommage au Parthénon.

André Mentzelopoulos éprouvait une fierté particulière devant ces colonnes ioniques, qui lui rappelaient sa Grèce natale. Plus de 160 ans après la construction du château, il avait su redonner à Margaux son éclat en seulement quelques années.

L’ajout de bâtiments contemporains à un Monument Historique constituait un défi majeur. L’architecte Norman Foster a su y répondre en concevant des installations modernes, respectueuses de l’héritage architectural. Ces nouveaux bâtiments permettent à Château Margaux de poursuivre sa quête d’excellence grâce aux technologies les plus avancées.

Le film Prodigy of the Architect, réalisé par Bruno Aveillan et présenté en 2015, retrace cette continuité entre passé et avenir à l’occasion du bicentenaire de l’architecture de Château Margaux.

L’ajout de bâtiments contemporains à un Monument Historique constituait un défi majeur. L’architecte Norman Foster a su y répondre en concevant des installations modernes, respectueuses de l’héritage architectural. Ces nouveaux bâtiments permettent à Château Margaux de poursuivre sa quête d’excellence grâce aux technologies les plus avancées.

Le film Prodigy of the Architect, réalisé par Bruno Aveillan et présenté en 2015, retrace cette continuité entre passé et avenir à l’occasion du bicentenaire de l’architecture de Château Margaux.

2015

Deux siècles d'architecture au service d'un grand vin

La renommée de Château Margaux repose autant sur le génie du lieu que sur l’engagement de ceux qui l’ont servi. Deux siècles auparavant, le marquis de La Colonilla avait déjà marqué le domaine par la construction d’un ensemble architectural inspiré de la Grèce antique. Louis Combes avait conçu le péristyle du château en hommage au Parthénon.

André Mentzelopoulos éprouvait une fierté particulière devant ces colonnes ioniques, qui lui rappelaient sa Grèce natale. Plus de 160 ans après la construction du château, il avait su redonner à Margaux son éclat en seulement quelques années.

Au début du XXIe siècle, les vins de Bordeaux connaissent un succès mondial sans précédent. La demande continue de croître, dans un contexte de concurrence accrue avec d’autres grandes régions viticoles. Château Margaux affirme son positionnement unique de Premier Grand Cru Classé en 1855, fondé sur un terroir façonné par des siècles d’histoire. Il n’est pas question de se reposer sur cet héritage. Depuis 1977, les investissements ont été constants. Le lancement du millésime 2009 d’un troisième vin rouge, afin d’améliorer encore la qualité de notre premier et second vin, les nombreux essais réalisés depuis presque trente ans par notre département de Recherche et Développement, notamment pour observer et adapter la vigne et le vin à la biodynamie, au changement climatique, et la mise en place d’un système d’authentification des bouteilles vont dans ce sens : être dignes de l’histoire de Château Margaux tout en progressant sans cesse pour ne jamais décevoir les amateurs du monde entier. 2023 marque une nouvelle ère avec un changement de génération au sein de la famille Mentzelopoulos. Corinne passe la main à ses enfants et nomme Alexis comme nouveau gérant de Château Margaux. Sa fille Alexandra devient, quant à elle, présidente du conseil de surveillance de la holding.

XXIe

Aujourd'hui


Au début du XXIe siècle, les vins de Bordeaux connaissent un succès mondial sans précédent. La demande continue de croître, dans un contexte de concurrence accrue avec d’autres grandes régions viticoles. Château Margaux affirme son positionnement unique de Premier Grand Cru Classé en 1855, fondé sur un terroir façonné par des siècles d’histoire. Il n’est pas question de se reposer sur cet héritage. Depuis 1977, les investissements ont été constants. Le lancement du millésime 2009 d’un troisième vin rouge, afin d’améliorer encore la qualité de notre premier et second vin, les nombreux essais réalisés depuis presque trente ans par notre département de Recherche et Développement, notamment pour observer et adapter la vigne et le vin à la biodynamie, au changement climatique, et la mise en place d’un système d’authentification des bouteilles vont dans ce sens : être dignes de l’histoire de Château Margaux tout en progressant sans cesse pour ne jamais décevoir les amateurs du monde entier. 2023 marque une nouvelle ère avec un changement de génération au sein de la famille Mentzelopoulos. Corinne passe la main à ses enfants et nomme Alexis comme nouveau gérant de Château Margaux. Sa fille Alexandra devient, quant à elle, présidente du conseil de surveillance de la holding.

XXIe

Aujourd'hui